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Par serviabilité ou par «résistance infiltrée»: ces médecins qui délivrent de faux certificats vaccinaux

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Un phénomène à part: pris par un élan de serviabilité ou par un sentiment de résistance aux pressions des autorités, certains professionnels de santé accordent gratuitement de faux certificats vaccinaux. L’acte est pourtant passible d’une grosse amende et d’une peine de prison.

Comme pour de fausses attestations de test PCR au début de l’épidémie de Covid, l’offre de faux certificats vaccinaux prend de l’ampleur.

Dans le Val-de-Marne, un pharmacien accepte de fournir des certificats de complaisance à des patients qui veulent voyager sans recevoir de piqûre, rapporte Le Parisien sans citer le nom de l’intéressé ni l’emplacement de sa pharmacie. À la demande de certains de ses patients, l’intéressé jette le vaccin et fait illusion d’une piqûre.

En guise d’explication, il avance qu’il triche avec les vaccins «pour rendre service» à des amis: «Beaucoup de mes proches veulent pouvoir voyager cet été. Je ne vais pas les laisser galérer».

Son autre argument, c’est la pression «exagérée» du gouvernement pour accepter les piqûres. Le pharmacien en question agit à titre gratuit et ne cherche pas à en tirer profit.

Le quotidien livre un témoignage d’un autre infirmier dans un cabinet de la banlieue ouest de Paris qui refusait d’abord de participer à la vaccination pour «ne pas être un collabo», puis a accepté la tâche en s’attribuant le rôle de «résistant infiltré».

Obligation vaccinale

Pour l’instant, plus de 33 millions de Français ont reçu au moins une injection, soit 49,5% de la population totale. Or, pour atteindre l’immunité collective, 80% de la population générale, adolescents inclus, doit être vaccinée, selon l'Académie nationale de médecine.

Depuis longtemps, l’institution préconise l’obligation vaccinale au moins pour certaines professions, à savoir fonctionnaires, enseignants, médecins, forces de l’ordre, services d’incendie et de secours, mais aussi pour les professions en contact avec le public.

En juin, le ministre de la Santé a fait savoir qu’il rendrait obligatoire la vaccination du personnel des Ehpad si la couverture vaccinale ne s’améliorait pas, car ces derniers boudent la campagne vaccinale. Actuellement, la vaccination contre le Covid en France n’est pas obligatoire.

Résistance vaccinale

Selon l’Académie, l’obstacle principal pour atteindre l’immunité collective concerne les hésitants, dont le nombre est estimé à 15%, ainsi que les anti-vaccins qui sont 15% également.

L’idée de la vaccination a toujours été remise en question principalement par des médecins eux-mêmes, explique Laurent-Henri Vignaud, historien spécialiste des antivax.

«La pratique vaccinale a toujours été combattue, principalement par des médecins qui ne croyaient pas à son efficacité», a-t-il fait remarquer en avril dans une interview à France 3.

L’expert livre plusieurs arguments avancés par les antivax, par exemple, un argument politique: la vaccination obligatoire relève de la tyrannie, contrevient aux droits fondamentaux, entrave les libertés, ainsi que sert à enrichir les laboratoires complices.

C’est dans cette logique que se trouve un patient venu chercher son faux certificat vaccinal:

«Je ne leur fais pas confiance [au gouvernement, ndlr] donc je ne me vaccine pas [...]. Il y a un sentiment de révolte qui ne s’exprime pas», confie-t-il auprès du Parisien.

En accordant de faux certificats, ces médecins risquent pourtant l’interdiction d’exercer, ainsi que d’être condamnés pour fabrication et usage de faux, ce qui est passible de trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Faux certificat contre rémunération

D’autres tricheurs sont guidés par des intérêts financiers. Selon une récente enquête de BFM TV, il est possible d'obtenir une fausse injection réalisée à l'aide d'un sérum physiologique pour la modique somme de 400 euros. Les offres se multiplient sur les réseaux sociaux. L'acheteur reçoit ensuite sa preuve de vaccination, avec un code QR.

Cette pratique se développe également en Allemagne et aux États-Unis. D'après la société de cybersécurité Check Point, citée par Les Échos fin mai, plus de 1.200 vendeurs de faux certificats ont été recensés sur le darknet.