Défense
URL courte
Par
5395
S'abonner

L’armée de terre de l’Allemagne manque d’investissements et risque de compromettre ses obligations au sein de l’Otan, selon le Welt am Sonntag. À l’approche des élections fédérales dans le pays en septembre prochain, l’avenir de la Bundeswehr ne devrait s’éclaircir qu’à l’automne 2021.

Le ministère allemand de la Défense a reçu l’approbation du Bundestag de ses propositions de financement des forces armées du pays, révèle le Welt am Sonntag dimanche 13 juin. Du montant de plus de 26 milliards d’euros pour la période de 2018 à 2020 seulement 13% des fonds ont été affectés à l’armée de terre tandis que les forces terrestres comptent 63.000 soldats sur un total de 184.000 militaires de la Bundeswehr, indique l’hebdomadaire.

Des investissements insuffisants risquent de porter atteinte aux ambitions militaires nationales ainsi qu’aux obligations allemandes au sein de l’Otan, selon le Welt am Sonntag.

Le dernier projet de programme de développement de la Bundeswehr, proposé par le ministère allemand de la Défense à la mi-mai et auquel le journal a eu accès, prévoit la mise en place d’une seule division mécanisée au lieu de deux divisions lourdes et une légère, comme initialement convenu avec l’Otan. Mais le financement programmé ne permet de doter cette unité que de 194 véhicules de combat Puma alors que 266 blindés sont nécessaires pour compléter sa flotte de véhicules militaires.

Le document envisage également la possibilité de réexaminer un engagement allemand, fait à l’Otan, de créer trois divisions avec neuf brigades d’ici 2032. Une clause qui menace de torpiller la crédibilité de l’Allemagne face à l’Alliance, conclut le Welt am Sonntag.

Une réforme de la Bundeswehr après les élections fédérales?

La ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a présenté le 18 mai dernier un projet de réforme de la Bundeswehr, a fait savoir le jour suivant le Welt am Sonntag.

Misant sur l’amélioration de la rapidité de l’armée, la réforme propose de réorganiser ses structures pour les rendre plus rationalisées, a relaté l’hebdomadaire.

Le document a été vivement critiqué par la présidente de la commission des forces armées du Bundestag Eva Högl, qui a remis en cause l’opportunité d’une telle initiative lancée à la fin de la législature de Mme Kramp-Karrenbauer.

Selon le journal, en tant que facteurs défavorables pour la restructuration des forces armées allemandes, Eva Högl a évoqué la pandémie de coronavirus et le retrait des troupes nationales de l’Afghanistan.

Le message de la responsable du Bundestag, dont le soutien est indispensable pour la réalisation de la réforme militaire en Allemagne, a été clair: le débat sur ce projet stratégique à l’assemblée parlementaire outre-Rhin ne devrait démarrer qu’après les élections fédérales dans le pays en septembre 2021, a constaté le Welt am Sonntag.

Projets militaires européens en cours

L’Allemagne joue un rôle de premier plan dans plusieurs projets communs de défense sur le continent européen.

Deux initiatives militaires majeures sont réalisées avec la France: il s’agit du système de combat aérien de futur (SCAF) et du système principal de combat terrestre (MGCS).

Un élément central du SCAF est la conception d’ici 2040 d’un chasseur de combat de 6e génération qui remplacerait l’Eurofighter allemand et le Rafale français.

Le MGCS prévoit le développement d’un char de combat qui pourrait se substituer au Leopard 2 dans l'armée allemande et au Leclerc dans l'armée française vers 2035.

Les deux projets portant un caractère stratégique et impliquant des acteurs industriels importants, leurs conditions et détails restent au cœur de l’agenda de la coopération franco-allemande et dans le viseur de la presse.

Lire aussi:

Manifestations contre le pass sanitaire à Paris: tensions sporadiques et gaz lacrymogène - vidéos
Olivier Véran explique quand le gouvernement mettra fin au pass sanitaire
Frégates FREMM: touché-coulé de Fincantieri sur Naval Group au Maroc?
Tags:
armée de terre, France, OTAN, défense collective, Allemagne
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook