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Alors qu’une «solution négociée» manque toujours au dossier du différend commercial Airbus-Boeing «malgré nos demandes répétées», la France a déclaré ce mardi 13 octobre que l’Union européenne devra imposer des sanctions contre les États-Unis dans le cadre de cette affaire.

En raison de l’absence de «solution négociée» concernant le dossier des aides publiques à Airbus et Boeing, la France a appelé ce mardi 13 octobre l'Union européenne à imposer des sanctions commerciales aux États-Unis, a fait savoir le gouvernement français.

«Ce contentieux Airbus-Boeing est vieux de 15 ans et nous avons toujours indiqué aux États-Unis notre volonté d'une solution à l'amiable. Malgré nos demandes répétées, les États-Unis ne se sont jamais véritablement engagés dans cette voie», ont constaté dans un communiqué commun Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, et Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé mardi l'Union européenne à imposer des droits de douane sur quatre milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) d'importations en provenance des États-Unis en raison des aides publiques américaines à Boeing.

«En l'absence de solution négociée et tant que les sanctions américaines injustifiées sont maintenues, l'Union européenne devra exercer ses droits de sanctions.»

Airbus réagit

Pour sa part, Airbus a déclaré ce mardi soutenir entièrement la Commission européenne dans les actions qu'elle pourrait prendre après le feu vert donné par l'Organisation mondiale du commerce à des droits de douane européens sur des importations en provenance des États-Unis en raison des subventions à Boeing.

«Airbus n'est pas à l'origine de ce différend à l'OMC. Comme nous l'avons déjà montré, nous sommes préparés et prêts à soutenir un processus de négociation menant à un règlement équitable. L'OMC s'est à présent exprimée, l'UE peut mettre en œuvre ses contre-mesures. Il est temps de trouver une solution afin que les droits de douane puissent être supprimés des deux côtés de l'Atlantique», a déclaré Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, cité dans un communiqué.

L'avionneur européen soutient aussi la recherche d'un accord avec Washington au sujet des subventions dans l'aéronautique.

Washington s’exprime

Suite aux décisions annoncées aujourd’hui concernant le différend commercial entre Airbus et Boeing, Washington a exprimé sa volonté de renforcer les négociations avec l’Union européenne afin d’établir une juste concurrence, informe l’AFP.

Auparavant, il avait été décidé que certains produits importés de Grèce et du Royaume-Uni bénéficieraient d’une levée des sanctions américaines dans le cadre du litige sur les subventions d’Airbus et Boeing. Toutefois, le Bureau du représentant américain au commerce avait décidé de ne pas y toucher pour les produits français et allemands, allongeant même la liste des produits concernés.

Un litige qui remonte à 2004

Le litige concernant les subventions d'Airbus par les pays de l'UE remonte à 2004. Alors, Boeing avait saisi l’OMC d’une plainte, affirmant que le constructeur européen Airbus avait rompu un accord bilatéral datant de 1992, en touchant des aides financières. Elles auraient permis au groupe Airbus de tenir un rythme qu’il n’aurait, selon Boeing, jamais pu tenir.

Dans la foulée de la plainte de son concurrent, Airbus avait en retour accusé Boeing de profiter de crédits d’impôt du gouvernement américain.

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Tags:
économie, politique, États-Unis, Union européenne (UE), Airbus
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