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Déroutement d'un avion de Ryanair en Biélorussie (24)
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Sur fond de la vague de critiques formulées contre la Biélorussie par les pays occidentaux qui suspectent Minsk d'avoir détourné le vol de Ryanair pour arrêter un opposant qui se trouvait à bord, le Royaume-Uni semble mûrir l’idée de décréter des sanctions contre… le gazoduc Nord Stream 2.

En commun avec ses alliés, le Royaume-Uni se penchera sur d’éventuelles sanctions contre le gazoduc Nord Stream 2, a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab. L’idée d’introduire des sanctions, non seulement contre Nord Stream 2 mais aussi contre le gazoduc Yamal-Europe, a été formulée ce lundi lors des auditions à la Chambre des communes par le président de la commission des Affaires étrangères, Tom Tugendhat, qui est à l’origine de l’initiative de convoquer une réunion pour examiner l'incident concernant l'avion de Ryanair.

«Il faut arrêter Nord Stream 2 et le gazoduc Yamal qui passe par la Biélorussie et qui donne de l'argent à ce régime tyrannique», a-t-il affirmé, s’adressant à Dominic Raab.

Ce dernier a indiqué que Tom Tugendhat avait «mentionné Nord Stream et d'autres possibilités».

«Nous examinerons le dossier et consulterons nos partenaires pour voir quelles mesures supplémentaires pourraient être prises […] Nous discuterons en urgence de toutes les possibilités [d'introduire de nouvelles sanctions contre la Biélorussie, ndlr]. Mais il est important que nos efforts soient coordonnés», a fait remarquer Dominic Raab.

La Biélorussie s’explique

L'avion de Ryanair qui reliait Athènes à Vilnius a réalisé un atterrissage forcé le 23 mai à Minsk en raison d'une alerte à la bombe. Aussi bien Athènes que Vilnius ont demandé le droit d’atterrir et le commandant de bord a décidé de se rendre à Minsk, a précisé une source proche du service de presse du Président biélorusse.

L’appareil transportait Roman Protassevitch, ancien rédacteur en chef de la chaîne Telegram Nexta, considérée comme extrémiste en Biélorussie. Lors du contrôle à l'aéroport de Minsk, l’homme a été arrêté. Des poursuites pénales sont engagées contre lui pour plusieurs chefs d’accusation, notamment «organisation de troubles». Il risque une peine pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison.

Une pratique qui ne date pas d’hier

La pratique des atterrissages forcés n’est pas nouvelle. Le cas le plus retentissant remonte à 2013, lorsque l'avion du Président bolivien Evo Morales avait été contraint de se poser à Vienne «à la demande» des États-Unis. La raison en était la supposition de Washington que l’appareil transportait également l’ancien agent de la CIA Edward Snowden, accusé dans son pays de divulgation de secrets d'État.

Le contrôle de l’aéronef n’ayant donné aucun résultat, le chef d'État a été autorisé à poursuivre son vol.

Nord Stream 2

Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, avait annoncé dans un communiqué le 19 mai que Washington avait renoncé aux sanctions qu’il avait instaurées contre l’opérateur du gazoduc, Nord Stream AG, et ses dirigeants. Il a précisé que cette démarche était «dans l’intérêt national des États-Unis», bien que celle-ci ait soulevé une vague de critiques de la part de nombreux Républicains.

Pour certains experts, cette décision est due au souhait de Joe Biden de ne pas compliquer les rapports avec l’Allemagne, qui est l’un des principaux alliés de Washington en Europe.

Moscou a pour sa part déclaré qu’il s’agissait d’«un signal positif».

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Biélorussie, Royaume-Uni, Nord Stream 2, Ryanair
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