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Les services de renseignement ont procédé au cours des derniers mois à plusieurs arrestations d’«ultrajaunes» de plus en plus organisés. Ils craignent que ceux-ci et d’autres groupuscules radicalisés ne commettent des actes qualifiés de «terroristes» à l’avenir, rapporte Le Point.

La convergence entre les Gilets jaunes les plus extrêmes, appelés «ultrajaunes», et les black blocs inquiète le renseignement français. Depuis le mois de décembre, plusieurs arrestations ont démontré que certains groupes étaient non seulement plus organisés, mais aussi plus lourdement armés, révèle une enquête du Point publiée mercredi 26 février.

Une arrestation ayant eu lieu samedi 7 décembre a confirmé ces craintes. Plusieurs «figures d’ultrajaunes et d’extrême gauche» se sont rassemblées dans un AirBnb à proximité de Bordeaux. Dirigés par un ancien militaire et ex-braqueur, ils ont été arrêtés alors qu’ils confectionnaient des «engins offensifs, dont certains explosifs» destinés aux forces de l’ordre lors d’une manifestation prévue le jour même.

Le 23 janvier, un certain Gaëtan B. avait été interpellé en marge d’un rassemblement de Gilets jaunes à Bordeaux. Bien que non armé au moment de son arrestation, ce fiché S détenait, outre des produits stupéfiants, des grenades artisanales, des mortiers d’artifice, des masques à gaz ainsi que des fusils et des carabines de précision à son domicile. Il sera jugé cet été, notamment pour détention de stupéfiants et détention d’armes sans autorisation, a indiqué le média.

Plus récemment, le 8 février, toujours à Bordeaux, les services de renseignement ont démantelé un réseau violent dans lequel figuraient plusieurs personnes déjà arrêtées dans l’AirBnb en décembre. Des arrestations supplémentaires sont prévues dans le cours de l’année concernant d’autres groupes surveillés par le Service central du renseignement territorial (SCRT).

Des actes considérés comme des attentats terroristes?

«La radicalité est montée d'un cran», a confié une source du renseignement au Point. «Ultragauche et ultrajaunes se sont rencontrés à l'occasion des manifestations parisiennes. La violence les a soudés», a-t-elle précisé. Ces Gilets jaunes radicalisés semblent désormais se rassembler hors de Paris, les mesures sécuritaires dans la capitale étant devenues trop importantes.

Début janvier, le procureur de Grenoble, Éric Vaillant, avait demandé à ce que le Parquet national antiterroriste (PNAT) se saisisse des affaires de dégradations de biens revendiquées par des groupuscules de l’ultragauche. Le procureur souhaitait ainsi que ces destructions soient «considérées comme des attentats terroristes».

Le PNAT n’a cependant pas accédé à sa demande, justifiant qu’il ne prenait en charge que les faits où les victimes sont des hommes et des femmes, pas des biens matériels. «Banaliser la qualification terroriste serait attentatoire à la démocratie», a déclaré au Figaro lundi 24 février le procureur national antiterroriste, Jean-François Richard.

Le renseignement estime quant à lui que «le mode opératoire de l’ultragauche se rapproche du terrorisme», à la différence que les actes commis ne constituent pas un «trouble grave». «La borne n'a pas été franchie, peut-être même se maintiennent-ils volontairement juste en deçà… Mais on n'en est pas loin», a commenté une source du Point.

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Tags:
Bordeaux, black bloc, extrême-gauche, renseignement, terrorisme, gilets jaunes
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