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Les ratés des campagnes de vaccination européennes sont imputables aux laboratoires AstraZeneca, a déclaré au Parisien le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. L’UE ne compte pas pour autant arrêter ses exportations de vaccins.

À l’heure où plusieurs chefs d’État européens se plaignent des lenteurs de la vaccination en Europe, l’UE tente de justifier sa gestion de crise. Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a ainsi blâmé les défauts de livraison des laboratoires AstraZeneca, dans un entretien au Parisien. Il s’agit selon lui de la principale, voire de l’unique cause des retards de vaccinations dans l’UE.

«Si nous avions reçu les 100 % de vaccins AstraZeneca qui nous étaient contractuellement destinés, l’Union européenne serait aujourd’hui au même niveau que la Grande-Bretagne en termes de vaccination. Je l’affirme donc, le trou d’air que nous avons enregistré provient uniquement des défauts de livraisons d’AstraZeneca», affirme ainsi Thierry Breton au Parisien.

Le haut responsable précise qu’un quart seulement des vaccins promis par les laboratoires anglo-suédois ont été livrés à l’Europe pour le premier trimestre, alors que les Britanniques ont été livrés en totalité. Des manquements qui sont désormais examinés sous un angle juridique, ajoute Thierry Breton.

Son argumentaire rejoint celui de la présidente de la Commission européenne. Ursula von der Leyen avait en effet tancé le groupe anglo-suédois, lui intimant de «rattraper» ses retards de livraison, à l'issue d'un sommet européen en visioconférence.

Vaccins exportés à 40%

Thierry Breton est également revenu sur l’épineuse question des exportations de vaccins, alors que certains États membres songent à retenir les productions sur leur sol. L’Italie était d’ailleurs passée à l’acte le 4 mars, bloquant près de 250.000 doses d’AstraZeneca qui devaient être livrées à l’Australie.

S’il plaide pour un «contrôle strict des exportations», le commissaire européen ne souhaite pas pour autant fermer la porte, au nom d’une «approche globale» de la pandémie. Il précise que 40% de la production européenne de vaccins continuera d’être exportée.

«Donner les moyens à d’autres pays de lutter contre le virus, c’est également nous protéger […] Il nous faudra donc continuer à avoir une politique ouverte, qui se préoccupe de ses voisins, en réservant 60 % de notre production à destination des États membres, et 40 % pour l’exportation», déclare ainsi Thierry Breton au Parisien.

L’ancien ministre de l’Économie explique que l’UE entend notamment prendre le contre-pied des États-Unis, accusés de garder «100 % de leur production pour eux».

Le 24 mars, l’UE s’était cependant décidée à durcir ses contrôles sur les exportations de vaccins, afin que «l'Europe obtienne sa juste part», selon les mots d’Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission européenne avait insisté sur les principes de «réciprocité et proportionnalité». À titre d’exemple, l’UE a envoyé 20 millions de doses au Royaume-Uni (sur 35 millions injectées à ce jour), sans rien recevoir en retour, comme le rappelait ce 3 avril Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères, sur France 24.

Dans un contexte de pénurie, les États membres s’étaient encore déchirés sur le distribution de 10 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech, ces derniers jours. L'Autriche, la Slovénie et la République Tchèque avaient notamment refusé de faire un geste en faveur de cinq autres pays en manque de doses. Un accord a finalement pu être trouvé le 1er avril.

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Tags:
AstraZeneca, exportations, Thierry Breton, Union européenne (UE), vaccin, Covid-19
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