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La ministre déléguée à la Citoyenneté a coupé court aux critiques émises à son égard par la présidente du RN. Celles-ci concernant le harcèlement de rue, Mme Schiappa a tout simplement rappelé que la politicienne qui dit que les autorités doivent «régler des problèmes» n’a même pas contribué à la création de la loi relative au sujet.

«On ne leur demande pas de faire des baromètres, on leur demande de régler des problèmes», réagissait mardi 20 avril sur RTL la présidente du Rassemblement national au sujet de l’initiative de Marlène Schiappa visant à mesurer le harcèlement de rue.

Notamment, c’est l’expression «quartiers sans relous» prononcée par la ministre déléguée à la Citoyenneté qui s’est retrouvée dans la ligne de mire de Mme Le Pen. «Je suis assez heurtée, j'avoue, par ce vocabulaire que je ne trouve pas à la hauteur de nos dirigeants», s’indignait-elle.

Marlène Schiappa n’a pourtant pas tardé à rétorquer à la politicienne. Sur son compte Twitter, elle a réagi aux critiques en rappelant qu’il n’y avait eu aucun investissement de la présidente du RN lors de la conception de la loi appropriée.

«Quand nous avons créé la loi contre le harcèlement de rue, elle n’a rien proposé, n’a rien voté et n’est même pas venue à l’Assemblée», a énuméré le membre du gouvernement.

​Également connue sous le nom de Loi Schiappa, la loi censée améliorer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes a été promulguée le 3 août 2018. Son texte allonge notamment le délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur mineurs, élargit la définition du harcèlement en ligne et crée une nouvelle infraction: «l’outrage sexiste».

Après avoir été présenté en Conseil des ministres par le garde des Sceaux Nicole Belloubet et la secrétaire d'État Marlène Schiappa en mars 2018, le projet de loi a été adopté le 16 mai en premier lecture par l’Assemblée nationale mais avec modifications. Le Sénat s’est exprimé en première lecture le 5 juillet de la même année, avant d’adopter le 31 juillet le texte mis au point par la commission mixte paritaire.

En ce qui concerne Marine Le Pen, comme il est possible de le vérifier sur le site NosDéputés.fr, elle n’a pas voté sur l'ensemble du projet de loi lors de son examen en première lecture. Ni le 1er août, lors de l’examen du texte de la commission mixte paritaire.

Un problème que Le Pen associe à l’immigration

L’attitude de Marine Le Pen sur la question est pourtant connue. Déjà en 2018, avant que la loi ne soit entérinée, elle s’exprimait sur le sujet, condamnant le phénomène qui découle, d’après elle, de l’immigration.

«Le harcèlement de rue est en immense majorité le fait de ressortissants de l'immigration», avait-elle alors déclaré, ajoutant qu’il s’agissait de l’importation d’une culture de «non respect et «de soumission» des femmes.

Des QSR

Dans un entretien paru le 14 avril dans les pages de 20 Minutes, coïncidant avec la Semaine internationale du harcèlement de rue, la ministre a annoncé le renforcement des mesures mises en place depuis 2018, année de l’adoption de la loi pénalisant l’outrage sexiste.

«Sur la base des verbalisations, des plaintes enregistrées, des observations des forces de l’ordre et des remontées des associations concernées, ce groupe réalisera une cartographie de la France pour identifier des ˝zones rouges˝ du harcèlement de rue. En fonction de ces résultats, nous déploierons un certain nombre d’actions», détaillait la ministre.

Et d’expliquer qu’il s’agirait d’interventions de policiers en civil, de verbalisations. «Ce que l’on veut, c’est créer des QSR, des "quartiers sans relous"».

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