France
URL courte
Par
13423
S'abonner

Dans le cadre du déconfinement progressif, des lycéens ont repris les cours en présentiel. Pour assurer leur sécurité face au Covid-19, le ministre de l’Éducation avait promis 60 millions d’autotests pour ce 10 mai. Mais selon Europe 1, cette commande arrivera avec un retard qui fait déjà patiner la stratégie gouvernementale à peine lancée.

Les 60 millions d’autotests destinés aux lycées à partir de ce lundi 10 mai devraient arriver avec sept jours de retard, rapporte Europe 1. Cette commande était pourtant l’une des mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer pour assurer notamment la sécurité des lycéens qui ont commencé à retrouver leurs salles de classe lundi 3 mai dans le cadre du déconfinement progressif.

En cause: un problème de logistique au regard du très grand volume commandé. Ce lundi, très peu de lycées avaient reçu leurs livraisons, explique le ministère cité par radio.

«Dans la mesure où les autotests ne sont pas arrivés lundi matin et qu’on est sur une semaine avec deux jours et demi de cours [en raison du pont de l’Ascension, ndlr], on sera a priori sur un début de l’opération à partir du lundi 17 mai», explique Bruno Bobkiewisz, proviseur de lycée à Vincennes et membre du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale).

«De nombreuses questions techniques»

En outre, l’aspect technique de l’opération pose question.

«C’est une opération qui, sur le papier, est évidemment pertinente, mais le problème, c’est qu’elle pose de nombreuses questions techniques. Qui les fait? Dans quel espace dédié? Comment sont évacués les déchets? Comment sont gérés les cas positifs?», s’interroge-t-il.

Selon Bruno Bobkiewisz cité par Europe 1, l’infirmière scolaire de son lycée peut prendre en charge 15 élèves en simultané. Cela nécessiterait donc 90 créneaux sur un lycée de 1.400 élèves.

La radio indique que les boîtes qui doivent arriver contiennent 25 autotests, à usage collectif. Les proviseurs espèrent ensuite recevoir rapidement les boîtes de cinq, à distribuer à chaque élève, pour qu’ils puissent les faire à domicile.

L’une des mises de Banquer

Ces tests étaient pourtant l’un des arguments de Jean-Michel Banquer pour assurer le maintien du protocole sanitaire très strict face à la fragilité de la situation épidémique.

«Nous allons en livrer 60 millions en mai et juin. La semaine prochaine pour les adultes, à partir du 10 mai pour les lycéens qui pourront se tester une fois par semaine», avait exposé le 2 mai le ministre de l’Éducation nationale dans une interview au JDD, ajoutant concernant les établissements scolaires:

«Nous en avons déjà diffusé plus de deux millions pour les 560.000 agents des écoles primaires. À raison de deux tests par semaine, nous avons 15 jours d’avance».

La fermeture toujours envisagée

Pour l’instant, la fermeture d'une classe sera ordonnée dès qu'un seul cas sera détecté. Jean-Michel Blanquer envisage «fermer de nouveau les classes à partir de trois cas», si la situation épidémique venait à s’améliorer.

Les lycéens font leur rentrée en demi-jauge, avec une alternance de classes en présentiel et distanciel, alors que la reprise pour les collèges s'effectue en présentiel, sauf pour les élèves de 4e et de 3e des 15 départements les plus touchés par la pandémie de Covid-19, également contraints à la demi-jauge.

Selon le dernier bilan du ministère de l’Éducation, 19 écoles et 4.992 classes (sur 528.400) ont été fermées le 7 mai au cours des dernières 24 heures. 2.065 élèves et 176 membres de l’Éducation ont été testés positifs.

Lire aussi:

Covid-19: «la stratégie de la peur», dernier outil d’«une élite dépassée»? – vidéo
Paris: une femme heurtée par une trottinette électrique est dépouillée avant de mourir
La Pologne enverra des drones turcs protéger les frontières est de l’Otan
Tags:
Covid-19, Jean-Michel Blanquer, France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook