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Si de l’avis des participants à la fête sauvage de Redon, évacués samedi soir, les forces de l’ordre ont fait preuve de «barbarie» face à un «concert pacifique», la porte-parole de la Gendarmerie nationale estime au contraire que les agents ont été ciblés les premiers par les fêtards.

Alors que des blessés sont constatés suite à l’évacuation musclée de la rave party à Redon, en Bretagne, ses participants et la gendarmerie s’accusent mutuellement.

Ainsi, la porte-parole de la Gendarmerie nationale, la lieutenant-colonel Maddy Scheurer, a déclaré samedi sur Europe 1 que des agents avaient été «pré-positionnés sur la zone». D’après elle, une partie des fêtards n’ont pas «accepté» la présence des gendarmes qui ont «été rapidement victimes de jets de projectiles en tout genre, des parpaings, boules de pétanque et divers projectiles qui avaient a minima l'intention de blesser dans nos rangs, voire davantage».

Elle a également évoqué «une déferlante de violences à l’encontre des forces de l’ordre».

«Une barbarie», selon les fêtards

Interrogés le même jour par Sputnik, deux fêtards ont déploré l’usage «disproportionné» de la force par les gendarmes qui, selon eux, ont «perdu le contrôle» à un moment donné. Ils ont souligné que la préfecture avait «mal géré les ordres» et que c’était à cause du préfet que la situation avait dérapé. Si pour l’un d’eux, c’était «un concert pacifique face à des personnes armées», pour l’autre il s’agissait «de barbarie».

​Dans un communiqué publié hier sur Facebook le collectif Teknival des musiques interdites écrit, de son côté, que «les autorités ont choisi la violence en lieu et place de dialogue».

«Des pluies de lacrymos et de grenades se sont abattues sur une foule qui ne désirait que faire la fête. De nombreux blessés sont à déplorer. Un jeune homme a eu la main arrachée, ce n'est malheureusement pas la première fois. Tout cela pour avoir voulu danser...», a-t-il été souligné.

Le bilan des heurts

Organisée en mémoire de Steve Maia Caniço, mort en 2019 en pleine intervention policière lors de la Fête de la musique à Nantes, mais interdit par les autorités, ce teknival réunissant près de 1.500 personnes a donné lieu dans la nuit de vendredi à samedi à des affrontements violents entre fêtards et gendarmes, lesquels ont dû recourir aux LBD et gaz lacrymogènes pour disperser la foule, comme l’a constaté un correspondant de Sputnik sur place.

​D’après le bilan des autorités, cité par l’AFP, 11 blessés ont été dénombrés parmi les forces de l'ordre, dont deux ont dû être hospitalisés. Côté manifestants, le préfet en a fait état de deux, dont un jeune de 22 ans qui a perdu une main dans des circonstances encore non précisées.

Concernant ce dernier une enquête a été diligentée par le parquet de Rennes. Le procureur de la République Philippe Astruc a indiqué qu'il s'agissait d'un homme habitant dans la ville et «inconnu de la justice». Par ailleurs, cinq individus se trouvaient samedi en garde à vue.

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Tags:
musique, Gendarmerie nationale française, gendarmerie, gendarmes, victimes
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