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    «Ils font tout pour briser l’échine de Moscou, mais ça ne marchera pas»

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    La politique allemande à l’égard de la Russie subit des changements violents. L’Union chrétienne-démocrate (CDU) et l’Union chrétienne-sociale (CSU) au pouvoir en Allemagne ont préparé un document chargé de déterminer les contours de cette nouvelle politique de durcissement.

    L'Union chrétienne-démocrate (CDU) et l'Union chrétienne-sociale (CSU) sont en train d'élaborer une nouvelle politique allemande à l'égard de la Russie. Le document stipulant ses particularités met l'accent sur le durcissement de cette politique.

    Les principes politiques d'Angela Merkel mettent en cause la sécurité

    Une telle tournure signifie que la chancelière fédérale allemande Angela Merkel s'éloigne des principes qu'elle avait précédemment l'habitude de partager, estime l'ex-secrétaire du ministère allemand de la Défense et ex-vice-président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) Willy Wimmer dans une interview accordée à Sputnik.

    « Ainsi, je peux vous assurer qu'à l'époque où la République fédérale allemande remplissait les obligations des accords conclus, suivait les principes de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) et était attachée au Statut de l'Organisation des Nations unies (Onu), nous n'aurions pas pu rédiger un tel document », indique l'expert.

    C'est une dégradation de la politique allemande, déclare M. Wimmer qui ajoute que le document est tellement choquant qu'il est difficile de croire qu'il est l'œuvre du plus grand parti allemand.

    « Et quand on lit ce document, compte tenu de ces circonstances, on comprend que ce parti, mon parti, s'est dégradé jusqu'à devenir un parti qui menace la sécurité de l'Europe et qui n'est plus en mesure d'identifier les intérêts nationaux de la République fédérale allemande et de les présenter », souligne l'ex-secrétaire du ministère allemand de la Défense.

    L'idée de bon voisinage oubliée

    Par ailleurs, le document présente une vision erronée de la politique internationale contemporaine, indique M. Wimmer qui précise que dans cette situation, il est difficile à croire que Mme Merkel participait en réalité au règlement de la crise dans le sud-est de l'Ukraine.

    « Maintenant, quand on lit ce document, il faut tenir compte du fait que la chancelière fédérale, dont la participation à la création du document de ce genre, même à l'état de projet, est indispensable, veut priver le processus de Minsk de sa base et ainsi jouer un rôle décisif dans la déstabilisation de l'Europe », explique l'expert.

    Selon M. Wimmer, la politique occidentale envers la Russie depuis la réunification de l'Allemagne se caractérisait par des démarches de confrontation. Le déploiement des forces de l'Otan près des frontières russes en est un exemple frappant. Cette politique a favorisé la création des scénarios de conflit de l'époque de la guerre froide, alors que tout le monde espérait sa fin…

    « Si j'étais à Moscou, en Russie, et si j'observais un tel état de choses aux frontières occidentales, moi, j'arriverais très probablement à la conclusion suivante : c'est la même politique qu'Adolf Hitler et Napoléon menaient à l'époque. Et dans une telle situation, nous ne pouvons pas suivre la politique de bon voisinage que nous avions adoptée en 1990 en signant la Charte de Paris », indique M. Wimmer.

    La pression occidentale sur la Russie, dans quel but ?

    La ligne de confrontation politique comme principe commun occidental ? La résolution du Parlement européen récemment adoptée le prouve. Selon l'ex-vice-président de l'OSCE, quand la Russie a exprimé sa volonté de mener une politique internationale correspondant à ses intérêts tout en suivant les normes du droit international, l'Occident a montré les dents.

    « Les Américains accompagnés des Britanniques et avec la participation active de Berlin essaient de détruire cette position et d'établir une tutelle sur la Russie. On ne peut pas traiter autrement les formules présentes dans ce document. Ils font tout pour briser l'échine de Moscou, mais la seule chose est sûre : dans le cas de Moscou, ça ne marchera pas », explique M. Wimmer.

    L'ex-vice-président de l'OSCE avertit : ce que fait Mme Merkel à Berlin, c'est un retour à l'arrogance allemande. Une tournure politique qui est très dangereuse, compte tenu de l'expérience historique du XXe siècle…

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    Tags:
    accord, sécurité, Union chrétienne-sociale (CSU) d'Allemagne, Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Allemagne, ONU, OTAN, Willy Wimmer, Angela Merkel, Occident, Europe, Allemagne, États-Unis, Russie
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