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    Mondial de foot, les Aigles de Carthage veulent «éviter la Russie, qui joue à domicile»

    Mondial de foot, les Aigles de Carthage veulent «éviter la Russie, qui joue à domicile»

    © AFP 2017 FETHI BELAID
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    Louis Doutrebente
    Mondial 2018 (114)
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    La sélection tunisienne s’est qualifiée pour le prochain mondial de football qui aura lieu en 2018 en Russie. Quelles représentations se font les Tunisiens de cette future Coupe du monde? Quels sont les enjeux sportifs propres et les rivalités nationales des Aigles de Carthage?

    L'adjoint du sélectionneur de la sélection tunisienne, Hatem Missaoui, dévoile sa vision sur l'évènement le plus attendu dans le monde du ballon rond.

    «Il faut éviter surtout la Russie, qui joue à domicile. C'est toujours difficile de jouer l'équipe qui joue à domicile avec le public, la pression, etc.»

    Hatem Missaoui, exprime son désir d'éviter l'équipe organisatrice de la Coupe du monde de football de 2018. Alors que le tirage au sort aura lieu dans quelques jours, la sélection tunisienne, à l'instar de toutes les équipes qualifiées, préférerait ne pas rencontrer la Russie durant cette compétition. Cet évènement planétaire devrait galvaniser l'équipe qui reçoit et mettre davantage de pressions sur ses adversaires. Cependant, il voit aussi dans ce rôle d'organisateur une difficulté, à l'instar de celles qu'avaient connues les Brésiliens sur leur sol en 2014:

    «C'est une équipe qui va jouer chez elle, donc elle aura plus de pression que les autres équipes, surtout le premier match, mais après ça va s'apaiser.»

    Alors qu'il devait renoncer à l'équipe nationale pour entraîner un club tunisien, Hatem Missaoui se réjouit d'avoir continué avec le staff des Aigles de Carthage et de participer à ce grand évènement. Le sélectionneur adjoint met en avant le football russe et partage sa joie d'assister à tel évènement en Russie.

    «Les gens et le pays aiment le foot, ils sont fans de foot, j'espère que ce sera avec de beaux stades —j'ai vu les maquettes des stades- et avec de beaux publics et cela sera une belle Coupe du monde.»

    À la question de savoir si l'ambiance ne pourrait être gâché par des affrontements de supporters comme ce fut le cas durant l'Euro 2016 en France, impliquant des Anglais et des Russes, notamment à Marseille, Hatem Missaoui exprime les raisons de ce «spectacle», sans s'alarmer:

    «C'est vrai cela, vous avez raison. Surtout avec l'Angleterre et la Russie, quand ils jouent ensemble. C'est une habitude, c'est la culture des Anglais, ils aiment cela. C'est dans leur culture de donner un sens à leurs bagarres de rue et de faire le show hors du terrain, ils aiment cela. C'est un spectacle pour eux. Tu ne peux pas dire "cette année, ils ne vont pas faire cela", c'est une culture. Ils aiment aller au stade, boire et faire le spectacle. Chacun a sa façon de fêter les choses.»

    Hatem Missaoui doute un peu des chances de son équipe si elle venait à rencontrer la sélection russe, tant au niveau des résultats sportifs que du spectacle offert aux supporters: «Oui, on espère, on verra.». Il se montre beaucoup plus optimiste face à des adversaires plus proches de lui géographiquement:

    «Pour nous, les Nord-Africains, c'est presque un derby avec le Maroc et l'Égypte. C'est un match un peu difficile, je ne sais pas qui gagnera. Mais nous, on a toujours un pas d'avance sur eux, parce qu'à chaque fois qu'on a joué contre eux, on a gagné le match ou bien cela va être un match nul.»

    Nonobstant le niveau sportif qu'évoque le coach, ce sentiment s'exprime aussi par des rivalités nationales. Sentiment qui n'existe cependant pas si les Aigles affrontent durant cette compétition le Nigéria, sélection qui semble impressionner les équipes africaines et notamment le membre du staff tunisien, qui voit en elle un outsider potentiel:

    «Cela sera plus dur contre le Nigéria, qui est cette année une grande équipe, surtout la phase offensive du Nigéria. Ce sont des joueurs d'avant qui font la différence. Pour moi, c'est une équipe qui va avoir un pas dans la Coupe du monde.»

    Mais Hatem Missaoui met surtout en avant une autre équipe, celle de la France:

    «Il faut éviter la France, […] parce que c'est une équipe qui va avoir une bonne place à cette Coupe du monde. La France sera candidate [à la victoire] cette année. Avec ce milieu de terrain qui est un des meilleurs du monde […], on espère éviter la France.»

    Mais ces rivalités ne seraient être au même niveau d'une possible opposition avec la sélection saoudienne. En effet, Nabi Maaloul a dédié la qualification de son pays au Qatar et au Koweït. Cette déclaration à l'accent politique avait entraîné de très vives réactions sur les réseaux sociaux, et notamment de la part des supporters de l'Arabie Saoudite. S'il explique ce discours, Hatem Missaoui préfère rappeler que c'est personnel et que cela ne devrait entraîner aucune conséquence pour les Aigles de Carthage et leurs supporters:

    «Chacun à sa façon de penser. Lui [dit cela] parce qu'il travaille au Qatar, sa famille est là-bas. Pour moi, personnellement, j'évite ces déclarations. C'est entre eux, cela n'intéresse pas la Tunisie. De tout de façon il a dit cela, il a parlé du Koweït, mais il a plus de sentiments avec les Qataris. Moi j'ai joué en Arabie saoudite, si la question était pour moi, je serai un peu pour l'Arabie saoudite.»

    Revenant au sport, Hatem Missaoui expose ce sentiment incroyable de joie qui se propage lors d'une compétition et fixe les objectifs de ses troupes en juin prochain:

    «Cela fait longtemps que la Tunisie n'a pas été qualifiée. On a donné une belle joie au peuple tunisien. […] Cette fois-ci, on a un bon groupe, un groupe homogène, un groupe solide. On espère être au deuxième tour.»

    Enfin, le coach tunisien évoque davantage le terrain en expliquant les qualités intrinsèques de son équipe. Ces propos promettent visiblement un vrai spectacle lors de cette Coupe du monde de football en Russie en 2018:

    «On a des qualités, surtout cette année, surtout sur le plan offensif, on a des gens comme Sliti, Khazri, etc., qui peuvent faire la différence. […] Cette année, on s'est basé sur une équipe offensive, qui va attaquer, qui va jouer notre football, on ne va pas rester derrière à attendre l'adversaire, ou jouer le contre.»

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    Tags:
    football, Mondial 2018, Tunisie, Russie
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