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    Frappes de missiles sur Damas

    Frapper avant d’attendre les conclusions de l’OIAC. Les USA et leurs alliés ont-ils peur?

    © AP Photo / Hassan Ammar
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    Attaque chimique présumée à Douma (79)
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    Les pays ayant mené des frappes sur la Syrie ont-ils peurs que les inspecteurs de l’OIAC ne parviennent pas à prouver que l’attaque chimique a eu lieu à Douma? Est-ce la raison pour laquelle ils se sont précipités pour bombarder la Syrie avant que la mission tire des conclusions, s’interroge l’ambassadeur russe auprès de l’OIAC.

    Moscou présume que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, pays qui ont mené des frappes sur la Syrie sans attendre l’arrivée de la mission de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), ont peur des conclusions des experts et de l’absence des preuves sur l’attaque chimique, considère le représentant permanent russe auprès de l'OIAC, Alexandre Choulgine.

    «Il parait qu’aucune enquête n’est nécessaire pour les pays occidentaux, États-Unis en tête. Ils ont déjà tout décidé une fois pour toutes. Mais peut-être ils ont peur que les experts, après avoir travaillé sur le terrain, réfutent la version mensongère qui a servi de fondement à la frappe de missiles américains, britanniques et français sur la Syrie?», s’est-il interrogé ce lundi lors d’un point de presse.

    «À vrai dire, je commence à pencher pour cette version. On voit que nos partenaires américains s’énervent et ont déjà commencé à chercher fébrilement quelle justification avancer au cas où leurs assertions au sujets de la frappe chimique perpétrée par l’armée syrienne ne trouveraient pas de fondement», a poursuivi M.Choulgine.

    Cette déclaration de l’ambassadeur russe est intervenue à l’issue de la 58e session du Conseil exécutif de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Cette réunion n’a pas débouché sur le soutien de la mission de l’OIAC en Syrie, proposé par Moscou et Téhéran. Comme l’a souligné M.Choulgine, cette session extraordinaire a tourné en une séance de «paroles en l'air». Il a promis de faire venir à la prochaine rencontre les individus qui ont pris part à la provocation qui a eu lieu à Douma en Syrie.

    «Nous les avons prévenu que la prochaine fois qu’ils voudront aborder le thème syrien, on fera venir à la Haye ceux qui ont pris part à la mise en scène des Casques blancs. Ceux qui ont été complices volontaires ou involontaires des grosses provocations que ce soit à Douma ou à Khan Cheikhoun», a-t-il pointé rappelant qu’aussi bien la partie russe que syrienne avaient prévenu qu’une provocation avec usage de substances chimiques était projetée dans la Ghouta orientale bien avant son «avènement».

    Les radicaux du groupe Jaych al-Islam avaient précédemment accusé les forces gouvernementales syriennes d'avoir eu recours, le samedi 7 avril, à des armes chimiques contre un hôpital de Douma, dans la Ghouta orientale. Ces allégations ont été reprises par les puissances occidentales.

    La diplomatie russe a qualifié d'«intox» les informations sur une bombe au chlore qui aurait été larguée par les militaires syriens et a déclaré que celles-ci visaient à blanchir les terroristes et à justifier des frappes extérieures éventuelles.

    Plus encore, l'état-major des forces armées russes a averti, dès le 13 mars, d'une provocation préparée par les extrémistes dans la Ghouta orientale avec une mise en scène d'utilisation d'armes chimiques. Les militaires russes avaient supposé que les États-Unis pourraient utiliser cette provocation comme prétexte pour mener une frappe contre la Syrie.

    Le 13 avril, le ministère russe de la Défense a présenté, lors d'un briefing, les preuves attestant que l'attaque présumée dans la ville syrienne de Douma avait été une mise en scène. Toutefois, au cours de la nuit du 13 au 14 avril, soit la veille de l’arrivé des experts de l’OIAC en Syrie, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont mené des frappes de missiles sur des sites militaires et scientifiques syriens. Selon la Défense russe, 103 missiles ont été lancés par les membres de la coalition tripartite, dont 71 ont été interceptés par la DCA syrienne.

    Dossier:
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    Tags:
    frappes, attaque chimique, preuves, enquête, mission, OIAC, Alexandre Choulguine, Iran, Russie, Royaume-Uni, France, États-Unis
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