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    Huawei's Executive Board Director Meng Wanzhou attends the VTB Capital Investment Forum Russia Calling! in Moscow

    Huawei: Donald Trump porte un coup dans le dos de la Chine

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    Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille de Ren Zhengfei, fondateur et président de l'entreprise, a été arrêtée au Canada à la demande de Washington. Cette annonce a entraîné une chute des marchés boursiers dans le monde entier.

    Suite à l'arrestation de la présidente de Huawei au Canada les investisseurs ont compris qu'il était possible de tirer un trait sur la trêve dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Mais pourquoi cette interpellation d'une dirigeante de Huawei constitue-t-elle un précédent très dangereux? 

    Selon le New York Times, l'interpellation de la directrice financière de Huawei (dont le père est également le président de l'entreprise) a coïncidé avec la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Buenos Aires. Les Chinois affirment n'avoir reçu aucune explication des autorités américaines et canadiennes.

    D'après les diplomates occidentaux, il s'agirait d'une violation des sanctions anti-iraniennes: une filiale du géant chinois des télécommunications aurait livré des équipements interdits à Téhéran. Ce fait a été notamment évoqué par le sénateur américain Ben Sasse, qui a remercié ses «partenaires canadiens» pour l'arrestation de Meng Wanzhou. 

    Le ministère chinois des Affaires étrangères a immédiatement exigé qu'elle soit libérée, menaçant d'une nouvelle escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Selon le quotidien britannique Financial Times, cette démarche agressive de Washington «sera une épreuve trop dure pour les deux pays», qui ne seront pas en mesure de maintenir leur armistice fragile. 

    L'effet domino

    Les indicateurs de Wall Street se sont retrouvés dans le rouge le 6 décembre après l'annonce de l'interpellation de la directrice de Huawei. Les contrats à terme sur tous les principaux titres américains ont perdu 1,5%. La chute de l'indice S&P 500 a été si considérable que la bourse de Chicago a suspendu son travail. Les titres des géants technologiques américains Apple, Netflix et Nvidia ont eux aussi fortement reculé.

    Ces tendances négatives ont affecté les bourses européennes et asiatiques. L'index des principales entreprises européennes, l'Europe Stoxx 600 a perdu 2,3%, pour arriver à son minimum depuis deux ans. Les marchés de titres de Hong Kong ont chuté de près de 3%. Le Nikkei, index-clé japonais, a perdu 2,3%, alors que le coréen KOPSI a baissé de 1,4%.

    Les acteurs du marché sont persuadés que les actions de Washington torpilleront les négociations commerciales, mais provoqueront aussi un ralentissement encore plus important de l'économie américaine en 2019.

    La deuxième victime

    Qui plus est, selon les sources du Financial Times dans le secteur, cette initiative constitue une sorte de galop d'essai avant une nouvelle série de tentatives d'empêcher le développement rapide de la Chine en tant que puissance technologique. Ces démarches utiliseront notamment l'Iran comme instrument.

    Les USA ont déjà testé une approche similaire sur la société ZTE, «soeure cadette» de Huawei. En 2016, cette entreprise chinoise avait fait l'objet de sanctions après avoir violé l'interdiction d'exporter des technologies américaines en Iran. La société a consenti à payer une amende de 1,4 milliard de dollars, à licencier quatre dirigeants coupables et à sanctionner 35 employés. Bien que les sanctions aient été levées après le paiement de l'amende, ZTE n'a pas pu éviter une punition plus sérieuse. En effet, Washington a décidé en avril dernier d'interdire aux entreprises américaines de vendre des composants à ZTE pour une période de sept ans.

    Un tir de semonce

    On a donc compris en avril qu'après avoir écrasé ZTE, les Américains visaient un acteur plus important: Huawei. Le Wall Street Journal indiquait notamment que le ministère de la Justice menait une enquête concernant une «violation des sanctions américaines contre l'Iran par l'entreprise chinoise Huawei».

    Personne n'a même tenté de dissimuler le fait que les États-Unis craignaient en fait la concurrence des géants technologiques chinois.
    Comme l'administration américaine l'a déjà annoncé, Huawei «menace le leadership américain dans la course aux technologies mobiles du futur». Aujourd'hui, Huawei est le troisième producteur mondial de smartphones derrière le sud-coréen Samsung et l'américain Apple. Ainsi, les observateurs considèrent l'interpellation de Meng Wanzhou non seulement comme un moyen de freiner l'expansion du géant chinois, mais aussi comme un «tir de semonce» destiné à tous ceux qui «oseraient ignorer» les sanctions américaines.

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    guerre commerciale, ZTE Corp, Huawei, Meng Wanzhou, Donald Trump, Xi Jinping, Iran, États-Unis, Chine
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