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    Une photo prise le 21 juillet 2019 montre des gardes de la révolution iraniens en patrouille autour du pétrolier Stena Impero, battant pavillon britannique, ancré au large de la ville portuaire iranienne de Bandar Abbas.

    «La militarisation ultérieure» autour du détroit d'Ormuz «ne serait qu’une provocation pour l’Iran»

    © AFP 2019 HASAN SHIRVANI
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    Suite à l’arraisonnement d'un pétrolier britannique par l'Iran dans le détroit d'Ormuz, Londres appelle à la mise en place d’une mission européenne de protection maritime, prévenant ainsi Téhéran d’un possible renforcement de la présence militaire occidentale le long des côtes. Un politologue britannique a commenté la situation pour Sputnik.

    En réponse à la saisie le 19 juillet du pétrolier britannique Stena Impero par l'Iran dans le détroit d'Ormuz, Londres propose d’y lancer une mission européenne de protection maritime, a déclaré le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt lundi 22 juillet devant la chambre des Communes. Il n’a pas exclu le renforcement de la présence militaire occidentale dans le Golfe.  Dans un entretien à Spritnik,  Edward Wastnidge, chargé de cours en politique et études internationales à l'Open University (OU), a affirmé que, incapable de protéger seul ses intérêts dans la région, le Royaume-Uni tente d’internationaliser la question afin de s’assurer le soutien d’autres pays à la création de ladite «mission de protection». 

    Danger de la militarisation du Golfe

    «Quoi qu’il en soit, la militarisation ultérieure du Golfe est contreproductive, car elle augmenterait le risque de confrontation accidentelle. […] À mon avis, une présence militaire accrue dans la région ne contribuera nullement à la résolution de la crise. […] Ce ne serait qu’une provocation pour l’Iran. Toutes les parties doivent faire appel à la diplomatie pour désamorcer les tensions actuelles», a expliqué l’interlocuteur de Sputnik. Et d’ajouter:

    «Cette déclaration de Jeremy Hunt est une réaction prévisible du gouvernement britannique qui essaie de déterminer son attitude face à la tension dans le Golfe. Londres hésite entre le désir de maintenir ses relations avec l’Iran et son attachement à l’accord nucléaire avec ses alliés européens, d’une part, et la nécessité de rassurer les États-Unis, d’autre part», a détaillé Edward Wastnidge.

    Confusion dans la politique britannique

    Pour  lui, l’«actuelle confusion dans la politique britannique» ne devait pas être oubliée.

    «En tant qu’homme d’État, Hunt veut sans doute soutenir les ambitions de la direction ou toute autre position qu’il pourrait occuper sous le gouvernement de Boris Johnson», estime le politologue.

    Le 19 juillet, l’Iran a arraisonné le pétrolier britannique Stena Impero. Selon les autorités maritimes iraniennes, le bateau saisi «avait menacé la sécurité maritime» dans le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième de la consommation mondiale de pétrole.

    Auparavant, le 4 juillet, le pétrolier iranien Grace 1 avait été saisi par les Royal Marines au large de Gibraltar. Londres a justifié son geste en affirmant que le bateau transportait du pétrole destiné à la Syrie, en violation de sanctions internationales, ce que Téhéran dément.

    Tags:
    Golfe persique, Détroit d'Ormuz, États-Unis, Royaume-Uni, Iran
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