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Ce 18 décembre, le Congrès américain s’apprête à valider les chefs d’accusation qui ouvriront la voie à la procédure de destitution de Donald Trump. Une procédure très médiatique qui contribue à diviser une Amérique déjà désunie politiquement. Sputnik fait le point sur cette procédure et ses enjeux sous-jacents.

C’est l’une des échéances les plus attendues des Démocrates depuis les élections de mi-mandat en 2018. La Chambre des représentants va procéder au vote qui validera, ou non, les chefs d’accusation contre Donald Trump, ouvrant la voie au fameux «impeachment». Ce serait le troisième Président des États-Unis après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 à subir cette procédure. Si les chefs d’accusation sont approuvés par la Chambre des représentants, un procès organisé par le Sénat et présidé par le chef de la Cour suprême devrait s’ouvrir.

«Les deux chefs d’accusation (abus de pouvoir, obstruction du Congrès), s’ils ne correspondent pas à un délit ou un crime du Code pénal, sont clairement des abus au sens de la Constitution: le Président a tenté de détourner la politique étrangère du pays à son profit», explique Simon Grivet, professeur associé à l’université américaine de Lille.

Donald Trump nie formellement ces accusations et soutient qu’il n’a eu à aucun moment un comportement qui puisse aller à l’encontre de la Constitution. Il accuse d’ailleurs les Démocrates d’orchestrer un procès politique. Il a publié ce 17 décembre une lettre ouverte incendiaire dans laquelle il l’a met gravement en cause Nancy Pelosi, présidente du Congrès.

«En procédant à cette mise en accusation illégitime, vous violez votre prestation de serment, vous rompez votre allégeance à la Constitution et vous déclarez la guerre ouverte à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs […], mais vos actions malveillantes affichent un mépris absolu pour ce qui a fait l’Amérique et votre conduite menace de détruire ce que nos Fondateurs ont construit», affirme le 45e Président des États-Unis.

Le vote historique qui a lieu aujourd’hui devrait logiquement tourner en la faveur des Démocrates, qui ont une majorité de 15 élus à la Chambre des représentants. Néanmoins, il y a peu de chance que cette procédure aboutisse effectivement à une destitution. Le Sénat, décisionnaire final, est majoritairement Républicain et le chef de la majorité républicaine au Sénat a affiché son soutien au Président Trump et a lui aussi dénoncé un procès politique. C’est ce que nous confirmait Anne Deysine, spécialiste de la politique américaine et auteur de l’ouvrage «les États-Unis et la démocratie»:

«Il n’y a aucune chance que Donald Trump soit destitué. Pour qu’un tel scénario se produise, il faut un vote du Sénat, qui est actuellement sous contrôle Républicain, et ceux-ci ne voteront jamais en faveur de sa destitution.»

À quelques mois du début d’une campagne électorale qui s’annonce explosive, les deux camps tentent de tirer profit de cette procédure: les Démocrates dénoncent un Président corrompu et les Républicains dénoncent une chasse aux sorcières contre un Président qui n’est pas issu de l’«establishment».

Des accusations mutuelles qui participent clairement à renforcer les scissions entre les soutiens des deux partis aux États-Unis. En effet, au sein de la population américaine, la question de la destitution du Président divise toujours autant: 47% souhaitent que la procédure aboutisse à sa révocation et 46% y sont opposés, selon la moyenne des sondages. Une moyenne qui reflète d’ailleurs les fractures idéologiques profondes entre deux Amériques qui ne se parlent plus.

«L’idée que les États-Unis sont plus divisés que jamais, enracinés dans des camps idéologiques et incapables de se parler, est tellement envahissante qu’il est rare qu’une heure passe sans en entendre parler sur les chaînes d’information», écrivait Sarah Elizabeth Cupp, journaliste pour CNN dans un éditorial publié le 23 novembre 2019.

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Parti démocrate des Etats-Unis, démocrates, destitution, Donald Trump
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