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L’île d’Hokkaido, au nord du Japon, fait face à une deuxième vague d’infections et de décès au Covid-19, 26 jours après avoir déconfiné sa population. Un fait qui démontre au reste du monde les risques d’une sortie du confinement trop précipitée.

Après seulement trois semaines de confinement, l’île d’Hokkaido, dans le nord du Japon, a décidé de permettre à sa population de sortir à nouveau, relançant ainsi son économie. Mais 26 jours plus tard, face à une deuxième vague d’infections, le gouverneur a dû se résoudre à revenir sur sa décision. Le magazine Time s’est intéressé à ce cas qui pourrait servir d’exemple au reste du monde.

«Maintenant je le regrette, nous n’aurions pas dû lever le premier état d’urgence», a confié le Dr. Kiyoshi Nagase, président de l’association médicale d’Hokkaido, lequel a influencé le gouvernement local dans ses décisions.

Sur cette île de cinq millions d’habitants, l’état d’urgence a été déclaré le 28 février, tout juste un mois après le premier décès du Covid-19, tandis que le nombre d’infections s’accélérait. Le 7 avril, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a suivi ce modèle: écoles, entreprises et restaurants ont fermé leurs portes dans l’ensemble du pays.

Vers la mi-mars, la situation à Hokkaido semblait se stabiliser: le nombre d’infections diminuait, avec même zéro nouveau cas certains jours. Cependant, du côté des entreprises, les faillites se sont multipliées. L’agriculture et le tourisme, les deux industries qui font tourner l’île, ont été dévastées, a rapporté le Time.

Face à l’urgence de relancer l’économie, le gouverneur d’Hokkaido, Naomichi Suzuki, a cédé à la pression des entreprises et leur a permis de rouvrir. Le 19 mars, il a annoncé la levée de l’état d’urgence, tout en demandant aux habitants de garder une distanciation sociale et de rester chez eux en cas de symptômes.

Le 9 avril, l’île recensait 18 nouveaux cas en 24 heures, un record. Le 14 avril, au vu des 279 cas au total (une augmentation de 80% par rapport à la date de fin du confinement), le gouverneur a remis en place les mesures de confinement. Une semaine plus tard, le nombre de cas avait presque doublé.

Une leçon à tirer pour le reste du monde

Les experts affirment que les mesures de restrictions de déplacement ont été levées trop tôt à Hokkaido. La pression des entreprises locales et un faux sentiment de sécurité causé par la diminution du nombre de cas ont conduit à cette mauvaise décision.

«Hokkaido démontre, par exemple, que ce qui se déroule aux États-Unis, avec l’ouverture de certains États par les gouverneurs, est très dangereux», a indiqué au Time Kuzato Suzuki, vice-doyen de la faculté de politique internationale à l’Université d’Hokkaido. «Nous le savons désormais: même lorsque que vous contrôlez la première vague, vous ne pouvez vous reposer sur vos lauriers».

 

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Tags:
état d'urgence, risques, Japon, pandémie, Covid-19, décision, confinement
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