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Dans les hôpitaux pour la décontamination ou pour aider le personnel soignant, dans les rues pour faire respecter les mesures de distanciation sociale, durant cette épidémie de Covid-19, les «robots de service» sont sous le feu des projecteurs. Cette situation exceptionnelle pourrait-elle faire décoller ce marché?

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les «robots de service» ont démontré qu’ils pouvaient assister les humains, notamment en réduisant les risques de contaminations dans le milieu hospitalier. C’est le cas par exemple de Pepper de Softbank Robotics, utilisé dans le service de réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Cet humanoïde permet aux proches de rendre visite virtuellement aux malades.

​Outre les applications médicales, ils peuvent également aider durant cette période de déconfinement. Tandis que bon nombre d’États enjoignent leur population à respecter les mesures barrières, avec plus ou moins de réussite, Singapour a opté pour cette solution technologique. Le chien-robot Spot de Boston Dynamics déambule désormais dans les parcs pour vérifier la distanciation sociale entre les promeneurs.

​Ces multiples exemples peuvent-ils démocratiser l’utilisation de ces machines? Pour Philippe Roussel, délégué général de la Fédération française des clusters de la robotique (FFC Robotique), interrogé par Sputnik, «ce sont des exemples extrêmement ponctuels, exceptionnels».

«En général, ce sont soit des prototypes qui ont été montrés, mais qui ne sont pas encore fabriqués en série, soit ce sont des tests plus ou moins avancés dans des environnements médicaux.»

Selon les statistiques de la Fédération internationale de la robotique (IFR), les ventes de robots médicaux ont augmenté de 50% pour atteindre 5.100 unités en 2018. Exemple de cet engouement: le robot UVD de l’entreprise danoise Blue Ocean Robotics, utilisé pour la désinfection par rayons ultraviolets (UV-C), vendu à plus de 2.000 exemplaires en Chine.

Hausse des ventes dans le milieu médical

Suffisant pour développer le marché de la robotique? «On est encore dans une phase de test. La principale raison est d’ailleurs que les utilisateurs potentiels sont un peu frileux pour se lancer sur ce secteur ou sur les nouvelles technologies en général. On reste donc très prudents sur la réactivité des marchés où il y a encore pas mal d’attentisme», déplore Philippe Roussel.

Le délégué général de la FFC Robotique rappelle aussi que ces exemples bénéficient d’un effet conjoncturel. «Avec la distanciation sociale qui est mise en place actuellement, cela pourrait aider, mais cela pourrait également retomber à l’eau aujourd’hui si on nous dit: ça y est, il n’y a plus de virus, vous pouvez vous embrasser à nouveau. Il faut donc être prudent sur cet aspect», tempère Philippe Roussel.

Un marché en expansion?

Comme l’explique le délégué général de la FFC Robotique, la croissance du marché de la robotique est inexorablement liée à une hausse de la demande.

«Cela se fera de manière progressive […]. Selon les secteurs, je pense que ça va prendre deux ou trois ans avant que l’on arrive à atteindre un marché avec des volumes réguliers.»

L’autre facteur qui permettra de faire évoluer positivement ce domaine est l’investissement.

Investir, «le nerf de la guerre»

«Un robot de service qui va devoir travailler dans un environnement complexe, cela demande énormément de développements électroniques, mécaniques et logiciels avec beaucoup d’intelligence artificielle. Ce sont des process lourds, qui prennent du temps et qui sont chers», détaille le délégué général de la FFC Robotique. Selon lui, «tant que les investisseurs continueront à miser dans des applications web et qui rapportent de l’argent, on aura du mal à trouver des financements pour ce secteur».

«C’est vraiment le nerf de la guerre aujourd’hui en France, alors qu’outre-Atlantique, il y a des millions de dollars qui sont déversés dans la Silicon Valley. En l’espace de cinq ans, les États-Unis sont désormais parmi les premiers, avec la Chine, à développer de nouveaux robots de service. En France, on avait un tas de projets qui sont morts faute d’investissements», regrette Philippe Roussel.

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