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Manifestations aux USA après la mort de George Floyd, l'homme noir étouffé par un policier (108)
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Aux États-Unis, toute la communauté hispanophone ne s’est pas rangée derrière le mouvement «antiraciste». À Miami en particulier, les Latino-Américains sont nombreux à s’opposer au déboulonnage de statues de personnages liés à l’histoire espagnole. Un manque de solidarité envers les Afro-Américains? Le compte rendu de Sputnik.

Plus grande minorité aux États-Unis, les Latino-Américains semblent se sentir pour la plupart très concernés par les événements liés à la mort de George Floyd, ce citoyen noir de Minneapolis asphyxié durant une interpellation. De nombreuses personnalités de la communauté hispanophone, forte de 50 millions d’Américains, ont vivement dénoncé le «racisme systémique» et le profilage racial au pays de l’Oncle Sam. Parmi elles, le chanteur populaire Ricky Martin:

«Ce qui se passe, c’est que nous avons maintenant des caméras et nous le voyons. Maintenant, en tant que citoyens, nous allumons le téléphone, nous captons l’injustice et nous nous mettons en colère», a-t-il déclaré dans une entrevue sur Instagram, accordée à l’animateur Enrique Santos, le 8 juin.

Toutefois, d’importants signes de division parmi la communauté hispanophone sont vite apparus lorsque des militants antiracistes ont commencé à vandaliser et/ou déboulonner des statues de personnages liés à l’histoire espagnole. À Miami, ville de résidence de Ricky Martin, où plus de la moitié des gens sont hispanophones, nombreux sont ceux qui dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une attaque envers leur communauté.

Malgré la tenue de plusieurs événements en soutien à la cause «antiraciste», de nombreux résidents du sud de la Floride ont exprimé leur indignation devant ce nouveau type d’actions iconoclastes, ce que relatent divers médias locaux.

Statues déboulonnées: vague d’indignation en Floride

Deux fois plutôt qu’une, l’ambassade espagnole à Washington a déploré que des manifestants s’en prennent à l’empreinte espagnole aux États-Unis. Aux statues déboulonnées de Christophe Colomb se sont ajoutées celles de Cervantès et du missionnaire catholique Junípero Serra, à San Francisco, en Californie. Rappelons que l’auteur de Don Quichotte est considéré comme le plus grand auteur espagnol de tous les temps. L’ambassadeur d’Espagne à Washington, Santiago Cabanas Ansorena, a récemment communiqué avec des acteurs de tous les échelons du pays (municipaux, étatiques, fédéraux, etc.) pour leur faire part de ses préoccupations.

«Nous déplorons profondément la démolition de la statue de Fray Junípero Serra à San Francisco et nous voulons rappeler aujourd’hui son grand travail en faveur des communautés autochtones. Nous déplorons également les dégâts infligés au buste de Miguel de Cervantès, lui-même esclave durant cinq ans à Alger, et dont l’œuvre est une ode à la liberté et l’égalité», a fait valoir l’ambassade d’Espagne par communiqué.

L’utilisation de symboles associés au communisme par les vandales choque également un grand nombre de Cubains vivant en Floride et d’Américains d’origine cubaine. La statue de Christophe Colomb vandalisée à Miami a été recouverte de peinture rouge et une faucille et un marteau y ont été dessinés.

Madrid à la rescousse des Latinos de Floride

La majorité des Latino-Américains de Miami sont issus de la vague migratoire qui a suivi la révolution cubaine de 1959 et celle de 1980, plus connue sous le nom d’exode de Mariel. Cette métropole de Floride accueille une forte concentration de Cubains opposés au régime communiste de La Havane, ville située à 360 km de Miami.

​Le 21 juin dernier, l’organisation des Latinos pour Donald Trump, dont l’influence ne fait plus de doute, a condamné le vandalisme et le déboulonnage des statues. D’origine cubaine, Mercedes Schlapp, directrice stratégique des communications de la Maison-Blanche en 2017-2019, confie au journal espagnol El Diario que ces «attaques haineuses et ignorantes se produisent principalement dans les villes et les États dirigés par des Démocrates progressistes qui refusent d’appliquer la loi».

«En tant qu’Américains latino-américains, nous sommes horrifiés de voir des groupes radicaux et de gauche détruire les monuments publics de personnages historiques hispaniques», a déclaré au même quotidien Mercedes Schlapp, maintenant l’une des stratèges de la campagne présidentielle 2020 de Donald Trump.

Des personnalités publiques se sont plaintes de ce qu’elles voient comme un manque de solidarité de la communauté hispanophone de Floride envers les Afro-Américains. C’est notamment le cas de la journaliste Janet Batet, dont un récent texte sur la question a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux.

«La plupart des Cubains exilés ont un admirable attachement à la liberté et à la démocratie à Cuba. Le Cubain typique intervient euphoriquement sur les réseaux pour condamner l’injustice à Cuba, mais que personne ne se mette à dire du mal des États-Unis, car, eh bien, c’est le meilleur des mondes possibles. Et apparemment, il y aurait une clause d’acceptation aveugle des politiques du pays hôte dans le certificat de naturalisation [des Cubains devenus américains, ndlr]», dénonce-t-elle dans ce texte.

Une diatribe qui n’a apparemment pas ému tous les hispanophones. Le 14 juin dernier, une manifestation rassemblant quelques dizaines de personnes issues des communautés espagnole et latino-américaine a eu lieu à Miami, devant la statue vandalisée de Christophe Colomb.

«À tous ceux qui disent soutenir ou être solidaires du mouvement criminel organisé par des groupes comme Antifa ou Black Lives Matter, nous devons leur rappeler qu’il n’y a aucune justification à ces actes de violence contre d’autres citoyens américains ou à imposer une sorte de terrorisme de rue dans le feu de l’action», peut-on lire dans le communiqué émis par le groupe de protestataires.
Dossier:
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Tags:
antiracisme, racisme, police, Donald Trump, États-Unis
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