International
URL courte
Par
161124
S'abonner

Le géant énergétique allemand Wintershall Dea a annoncé dans son rapport annuel pour 2020 qu’il avait finalisé ses investissements dans le projet de construction de Nord Stream 2 toujours menacé par des sanctions américaines. Le groupe ne prévoit plus de financer le gazoduc.

Faisant part de ses préoccupations concernant la Loi pour contrer les adversaires de l'Amérique au moyen de sanctions (CAATSA), le groupe gazier et pétrolier allemand Wintershall Dea a annoncé la fin de ses investissements dans le projet de gazoduc Nord Stream 2.

«La participation du Groupe au projet Nord Stream 2 se limite à l'octroi de prêts avec quatre grandes sociétés énergétiques européennes (ENGIE, OMV, Shell et Uniper). Les versements de prêts du Groupe à Nord Stream 2 AG se sont élevés à 730 millions d'euros et ont été effectués avant l'adoption de la directive révisée sur l'interprétation de l'article 232 de la loi CAATSA par le département d'État américain. D'autres paiements ne sont donc pas prévus», indique un rapport annuel du groupe.

Le document indique que le resserrement des sanctions américaines pourrait avoir un impact sur le calendrier de construction de Nord Stream 2. Notamment le groupe suppose que «le gouvernement américain adoptera une position agressive envers les entrepreneurs du projet». À titre d’exemple, la société évoque les sanctions américaines contre le navire russe Fortuna engagé dans la construction du gazoduc.

Nouvelles sanctions américaines

Vendredi 19 février, le département d'État a présenté au Congrès un rapport sur les mesures contre le pipeline. Les autorités américaines ont alors imposé des sanctions contre le navire poseur de conduites Fortuna, ainsi que son propriétaire KVT-RUS en vertu de la loi PEESA (Protection de l'énergie en Europe). Cependant le navire et la société figuraient déjà sur la liste des sanctions prévues par la loi CAATSA, ce qui a permis à un certain nombre de membres du Congrès de critiquer le département d'État pour mesures insuffisantes contre la construction du gazoduc.

Le même jour, Bloomberg rapportait que les États-Unis ne voudraient pas inclure les entreprises allemandes dans la liste des sociétés visées par les sanctions liées à la construction du gazoduc car, selon l’agence de presse, l'administration Biden chercherait à arrêter le projet sans contrarier «un proche allié européen».

Un projet presque achevé

Le projet Nord Stream 2 prévoit la construction de deux conduites longues de 1.230 kilomètres qui relieront la côte russe à l’Allemagne par le fond de la mer Baltique. Elles auront une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Le 14 février, le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, a assuré que le gazoduc Nord Stream 2 était terminé à plus de 95%.

Lire aussi:

Un mariage blanc vire au mariage forcé: souhaitant être naturalisé, un Algérien est jugé pour le viol de sa «fiancée»
La France remporte son premier match de l'Euro 2020 face à l’Allemagne
Extension des zones à faibles émissions: vers une grogne populaire «pire» que les Gilets jaunes
Tags:
investissements, investisseur, Nord Stream 2 AG, Nord Stream 2, Allemagne
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook