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Destruction de satellites, création de corps d’armées… Face à la montée en puissance dans le domaine spatial de nombre de pays, Florence Parly a rappelé sur BFM TV que la France n’était pas «naïve», tout en signalant des «comportements qui pouvaient être menaçants».

Depuis la destruction d’un ancien satellite avec un missile tiré depuis la Chine en 2007, l’espace s’est militarisé à marche forcée. Des États-Unis à l’Inde, les puissances spatiales s'imposent. La France n’est pas en reste.

Invitée ce 22 avril sur le plateau de l’émission Good Morning Business, la ministre des Armées est revenue sur la question de la militarisation de l'espace. Sans oublier l'importance prise par les satellites dans les sociétés modernes, Florence Parly a constaté le rôle majeur de ces dispositifs pour l’armée.

«Nous ne sommes pas naïfs et nous avons vu, observé des comportements qui pouvaient être menaçants, qui pouvaient même mettre en péril nos moyens dans l'espace», explique Florence Parly.

«Ce sont des comportements qui se sont répétés, multipliés».

«Nous avons vu que certains pays souhaitaient expérimenter, par exemple, la capacité depuis la Terre à détruire des satellites. Ils l'ont fait vis-à-vis de leur propre satellite mais ceci n'est pas sans incidence», car cela «a provoqué la prolifération des débris dans l'espace».

L’espace, «le nouveau front de guerre du monde»

Sur fond de craintes d’une guerre dans l’espace, les satellites deviennent des cibles potentielles sur ce nouveau champ de bataille. En 2007, la Chine s’est vantée d’un tir de missile expérimental pour détruire l’un de ses propres satellites Fengyun-1C situé à 800 kilomètres de la Terre. L’opération a généré plus de 3.000 débris supplémentaires, dont un grand nombre d’une taille supérieur à 10 centimètres tournant autour de notre planète.

En février 2008, les États-Unis ont pulvérisé à 247 kilomètres d'altitude le satellite USA 193 en voie de désorbitation, avec un croiseur lance-missiles, l'USS Lake Erie, au-dessus de l'océan Pacifique.

Depuis ces deux opérations de destruction, l'espace est donc devenu un véritable théâtre d'opérations.

«L'espace est le nouveau front de guerre du monde», a déclaré en décembre 2019 Donald Trump lors de la cérémonie de présentation des forces spatiales du pays en tant que nouvelle branche indépendante des forces armées. Selon lui, les États-Unis sont résolus à obtenir le leadership dans l'espace et n'envisagent pas de «traîner» derrière la Chine et la Russie.

En 2019, l’Inde a abattu un satellite en orbite basse avec un missile lors d’un exercice. L’opération, intitulée «Mission Shakti» («force», en hindi), a duré trois minutes. «Nos scientifiques ont abattu un satellite en orbite basse à une distance de 300 kilomètres. Notre but est d’établir la paix et non de créer une atmosphère de guerre. Ceci n’est dirigé contre aucun pays», a annoncé le Premier ministre Narendra Modi.

Début mars 2021, la France a organisé son tout premier exercice militaire spatial baptisé AsterX destiné à évaluer les capacités de l'armée française en matière de protection de ses satellites et de surveillance de l’espace. Cet exercice a été la première réalisation opérationnelle d’envergure depuis l’annonce de la nouvelle stratégie militaire spatiale annoncée par Emmanuel Macron le 13 juillet 2019. Il avait alors défendu le concept de défense active de l’espace et depuis l’espace pour protéger notamment les satellites stratégiques.

Après la France et l’Inde, le Royaume-Uni se prépare à apporter sa contribution à la militarisation croissante de l’espace, comme en témoigne sa nouvelle stratégie de défense et de politique étrangère. À l’horizon 2030, le gouvernement britannique espère se doter de la possibilité de «protéger les intérêts» de Londres dans l’espace. Le programme portera notamment sur la création d’un commandement spatial, l’achèvement de la construction d’un port spatial en Écosse et le lancement de satellites de production nationale de ses pas de tir dès 2022.

Avertissements de Moscou

Pour sa part, Moscou, qui a au cours de ces dernières semaines signé des accords de non-déploiement d’armes dans l’espace avec plusieurs pays, met en garde contre une nouvelle course aux armements.

Fin février, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que les États-Unis et leurs alliés avaient procédé à la mise en œuvre de projets de déploiement d’armes offensives dans l’espace.

En réagissant aux allégations formulées par la ministre française des Armées, qui a accusé Moscou d’«acte d’espionnage dans l’espace» quand le satellite russe Louch-Olymp s'était approché d'un peu trop près du satellite franco-italien Athena-Fidus en 2017, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a dénoncé une tentative de justifier «l’augmentation du potentiel militaire de la France dans l’espace et son financement». Et d’insister sur le fait que la Russie prônait l’exploration spatiale et l’utilisation de l’espace à des fins purement pacifiques.

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Tags:
satellite, militarisation, espace, Florence Parly, France
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