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Le Royaume-Uni a annoncé jeudi que les deux navires de patrouille de la Royal Navy envoyés au large de l'île anglo-normande de Jersey, dans la Manche, allaient se préparer à retourner dans un port britannique, après le départ des pêcheurs français qui avaient manifesté dans la zone plus tôt dans la journée.

Downing Street a annoncé dans un communiqué être «ravi que les bateaux de pêche français aient désormais quitté les abords de Jersey». Ainsi, «la situation étant résolue pour le moment, les patrouilleurs de la Royal Navy se préparent à rentrer au port au Royaume-Uni», est-il précisé.

En cela, une porte-parole du gouvernement britannique a ajouté que le Royaume-Uni se tenait prêt à fournir à Jersey toute l'aide que l'île demanderait dans ce contexte de tensions.

La décision de Londres, mercredi 5 mai, d'envoyer ses patrouilleurs avait poussé la France à faire de même, alors que des dizaines de bateaux de pêcheurs français ont dénoncé dans la journée les restrictions d'accès aux eaux britanniques qui leur sont imposées.

Racines des tensions

Le Royaume-Uni a accordé la semaine dernière à 41 navires des licences de pêche qui délimitent notamment les zones accessibles, le nombre de jours en mer autorisés et définissent le type d'engins à utiliser pour les pêcheurs français au large de Jersey et Guernesey.

La France a dénoncé des conditions unilatérales et contraires selon elle à l'accord commercial post-Brexit conclu entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Se disant «révoltée», la ministre française de la Mer, Annick Girardin, a menacé Londres mardi 4 mai de mesures de rétorsion en rappelant notamment que l'approvisionnement en électricité des îles anglo-normandes dépendait pour l'essentiel de la France.

Paris a dépêché ce jeudi deux patrouilleurs maritimes au large de Jersey dans le cadre d'une mission de sécurisation, a indiqué la porte-parole de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, Marine Monjardé.

Les bâtiments ont été envoyés sur zone pour «s'assurer que tout se passe en sécurité [...], pas du tout dans une logique d'escalade», a-t-elle précisé, évoquant notamment des risques d'avarie, de collision ou de chute d'homme à la mer avec le rassemblement de bateaux.

Alors que la pêche a été l'un des points les plus épineux des négociations qui ont abouti en décembre à un accord de dernière minute entre Londres et Bruxelles sur les relations post-Brexit, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui a fait de cette question un symbole de la souveraineté retrouvée du Royaume-Uni, a affirmé mercredi son «soutien indéfectible» à Jersey, tout en soulignant «la nécessité urgente d'une désescalade des tensions».

De nouveaux permis de pêche

L'exécutif de Jersey assure que l'île a délivré de nouveaux permis de pêche conformément aux conditions prévues dans l'accord commercial post-Brexit.

Cette interprétation est contestée à Paris. «Quand de nouvelles conditions sont appliquées alors qu'elles n'ont pas été prévues par l'accord, nous sommes justifiés à dire notre surprise, notre inquiétude et notre souhait que la situation soit très rapidement rétablie», a indiqué l'Élysée.

La Commission européenne a également appelé au calme. Une porte-parole a précisé que des discussions se poursuivaient entre l'exécutif européen et le Royaume-Uni pour parvenir à trouver une issue à ce différend.

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Tags:
Brexit, Royaume-Uni, France
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