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À l’approche du premier sommet Poutine-Biden, un membre du Conseil national pour le développement auprès du Président de la Pologne a abordé, pour le journal Mysl Polska, les perspectives de la russophobie dans son pays au cas où les relations américano-russes s’amélioreraient.

Le membre du Conseil présidentiel pour le développement de la Pologne et professeur de l’université de Varsovie Witold Modzelewski, dans un article pour l’hebdomadaire polonais Mysl Polska, a évoqué le sujet des opinions russophobes, alimentées dans le pays depuis longtemps par Washington.

Le professeur Modzelewski considère que la démocratie libérale, imposée par les États-Unis dans le monde entier et saluée avec tant d’enthousiasme par certains milieux politiques polonais, peut jouer des tours aux russophobes de son pays. Selon lui, le modèle de développement américain se base sur le marché qui réagit aux investissements faits dans tel ou tel secteur non seulement de l’économie mais aussi de la société.

«La politique de l’Occident, en particulier des États-Unis, se fonde sur des valeurs et principes universels (celui qui paye plus a raison). Ils [les valeurs et principes, ndlr] sont sages, justes et, dans le sens absolu de ce mot, occidentaux. Mais si quelqu’un n’épargne pas de fonds pour les investir dans ce marché, il peut s’avérer que les États-Unis et la Russie aient des relations amicales, pour ne pas dire fraternelles, surtout dans une situation où ces pays sont tous les deux menacés par la première puissance économique du monde contemporain, c’est-à-dire par la Chine», estime M.Modzelewski.

L’auteur se demande ce qui va arriver à la russophobie polonaise, qui est ravitaillée maintenant par le désir des politiciens libéraux de Pologne de faire plaisir à leur «protecteur tout-puissant» outre-Atlantique, au cas où Washington et Moscou s’entendent bien. Sa réponse est que la politique russophobe en Pologne «disparaîtra d’un coup», parce qu’elle cesserait d’être utile à tous ceux qui la mènent aujourd’hui.

«Des miracles pareils ne sont possibles que dans un système aussi parfait comme la démocratie libérale», constate Witold Modzelewski.

Premier sommet Poutine-Biden

Les considérations du spécialiste polonais arrivent quelques jours avant le premier sommet entre les chefs d’État russe et américain, prévu le 16 juin 2021 en Suisse.

Malgré l’hypothèse de Witold Modzelewski, la rencontre prochaine de Vladimir Poutine et Joe Biden à Genève ne promet pas de percées dans les relations entre la Russie et les États-Unis, d’après des déclarations officielles des deux côtés.

Le nombre et l’ordre des sujets prioritaires pouvant être différents pour chaque partie, l’objectif principal du sommet, de discuter des multiples problèmes accumulés ces dernières années dans les relations bilatérales, reste évident pour la Russie et les États-Unis.

Avant la première conversation entre Vladimir Poutine et son homologue américain, le chef d’État russe a souligné que le respect mutuel devait être une partie intégrante de la normalisation de la coopération russo-américaine.

Cinq milliards d’euros à la Pologne

Plus tôt, sur fond de réduction légère des tensions liées au gazoduc Nord Stream 2, dont l’achèvement avait été reconnu par l’administration du 46e Président américain comme une réalité héritée du précédent locataire de la Maison-Blanche, l’ex-ministre polonais de la Défense Jan Parys a exprimé l’opinion que Joe Biden ne comprenait pas les risques que ce projet portait pour la sécurité stratégique de son pays.

Pour M.Parys, Donald Trump comprenait les intérêts européens mieux que le chef d’État américain actuel.

L’ancien haut fonctionnaire polonais a fini par évaluer les dommages causés à la Pologne par Nord Stream 2 à environ cinq milliards d’euros que Berlin devrait verser à Varsovie.

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Tags:
Nord Stream 2, relations diplomatiques, russophobie, États-Unis, Russie, Pologne
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