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Un destroyer britannique viole la frontière russe en mer Noire (10)
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Le Royaume-Uni avait prévu une réaction agressive de la Russie suite à l’entrée dans ses eaux territoriales du HMS Defender, mais un autre itinéraire n’a pas été pris, car Moscou aurait pu penser que Londres «a eu peur», indique la BBC se référant aux documents classifiés de la Défense britannique, découverts, selon la chaîne, à un arrêt de bus.

À un arrêt de bus dans le comté anglais de Kent, un individu a découvert des documents classifiés du ministère britannique de la Défense, dont la transcription d'une discussion sur la possible réaction de la Russie au passage du destroyer britannique HMS Defender, relate la chaîne BBC.

Trois réponses potentielles de la partie russe ont été présentées, allant de «sûre et professionnelle» à «ni sûre ni professionnelle».

Selon des informations classifiées révélées par ces documents, les Britanniques prévoyaient la possibilité d'une réaction agressive de Moscou au passage du navire de guerre. Un autre itinéraire a été envisagé, qui aurait permis au HMS Defender de rester loin des eaux de la Crimée. Toutefois, il a été noté que si le HMS Defender prenait cette route à la base, cela aiderait à éviter la confrontation, mais dans ce cas la Russie pourrait décider que le Royaume-Uni «a eu peur», relate la chaîne britannique.

Les documents auraient également examiné la politique de l'administration du Président états-unien Joe Biden concernant la Chine et les plans du Royaume-Uni pour l'Afghanistan après la fin de la mission de soutien de l'Otan.

La BBC a expliqué que l'homme qui a découvert le dossier de 50 pages avec les informations classifiées a lui-même informé la rédaction de la découverte et a souhaité rester anonyme.

Investigation en cours

Cette perte de documents classifiés, même si leur niveau de secret est le plus bas, doit être d’un embarras majeur pour le ministère de la Défense, relate la chaîne britannique. Elle a informé que le ministère menait actuellement une enquête approfondie sur comment les documents ont terminé dans la rue.

«La plupart des documents portent la mention "official sensitive", un niveau de classification relativement faible, selon le gouvernement», explique la BBC.

John Healey, secrétaire d'État à la Défense du cabinet fantôme, a déclaré qu'il était surpris que des documents soient sortis du ministère de la Défense, selon la BBC. Il a dit qu'il voulait que Ben Wallace termine l'enquête rapidement et fasse un rapport à la Chambre des communes cette semaine pour rassurer le public qu'aucune opération militaire n'avait été mise en danger.

La violation de la frontière

Le 23 juin, le destroyer britannique HMS Defender a traversé la frontière russe et pénétré dans les eaux territoriales de la Russie au large de la Crimée. Après que le navire de la Royal Navy n’a pas répondu aux nombreuses demandes de la Marine russe de quitter la zone, des tirs de sommation ont été réalisés dans sa direction et des bombes ont été larguées par un Su-24M le long de son parcours. Une quinzaine de minutes après l’intervention de la flotte russe, le bâtiment britannique a quitté les eaux territoriales de la Russie.

Les réactions des deux côtés

Moscou a dénoncé ce comportement de Londres et a convoqué l’ambassadeur britannique pour protester et dénoncer une «provocation».

Tandis que Moscou, qui considère comme russes les eaux au large de la Crimée dans lesquelles le bâtiment britannique a pénétré - la péninsule en question a été rattachée à la Fédération à l'issue du référendum tenu en 2014 -, juge le comportement de Londres provocant, la défense britannique estime que le HMS Defender a «effectué un passage inoffensif dans les eaux territoriales ukrainiennes conformément au droit international».

Dans un tweet, le ministère britannique de la Défense a déclaré qu’il pensait que Moscou avait mené «des exercices militaires» en mer Noire et avait ainsi «averti la communauté maritime de leur activité».

Pourtant, au lendemain de l’incident impliquant un destroyer britannique au large de la Crimée, le Service fédéral de sécurité (FSB) russe a publié une vidéo des faits. Après des négociations au cours desquelles la partie russe demande à la Royal Navy de «changer de trajectoire», des coups de semonce se font entendre.

Qui plus est, un reportage filmé à bord du bâtiment britannique et rendu public par la BBC laisse entendre que l’équipage du destroyer était informé du fait qu’il naviguait dans une zone appartenant à la Russie.

Dossier:
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Tags:
Russie, politique, défense, Royaume-Uni, marine, frontière, Crimée
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