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    Un avion d'Aigle Azur

    L’Algérie fortement impactée par la disparition d’Aigle Azur

    © AFP 2019 PHILIPPE HUGUEN
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    Employant un total de 1.150 personnes, la compagnie Aigle Azur desservait essentiellement l’Algérie et sa disparition aura sur le secteur du transport aérien du pays un impact économique «très conséquent», a affirmé une source algérienne spécialiste du secteur, citée par le quotidien algérien Liberté.

    Aigle Azur ayant mis la clé sous la porte sur verdict du tribunal d’Évry, qui a condamné la compagnie aérienne à la disparition, ce sont 1.150 personnes, 800 en France et 350 en Algérie, qui se retrouvent au chômage. Mais les problèmes pourraient être bien plus nombreux, estime un expert du domaine.

    «L’impact économique sera très conséquent pour le transport aérien», a déclaré une source algérienne spécialiste du secteur, citée par le quotidien algérien Liberté.

    «Une forte perturbation du trafic France-Algérie est inéluctable avec une explosion des prix des billets (plus chers) à cause de la diminution de l’offre, et cela va durer plusieurs mois, voire une année, avant que la situation ne revienne à la normale», a expliqué la source.

    En effet, «sur 4,5 millions de passagers entre la France et l’Algérie, la compagnie Aigle Azur assurait le déplacement à 1,88 million de passagers à elle seule (chiffre 2018), soit 28% de l’offre», a-t-elle ajouté.

    Revenus et créneaux horaires

    Une baisse de l’activité aéroportuaire provoquée par cette situation aura également un impact sur les recettes.

    De nombreux «aéroports d’Algérie, notamment à l’intérieur du pays, vivaient en grande partie grâce à des rentrées d’argent issues de leur activité avec Aigle Azur, dont notamment la redevance passagers et ce, à Béjaïa, Constantine, Sétif, Tlemcen et Oran à hauteur de 50% et 30% pour Alger», d’après la même source.

    En outre, la liquidation de la compagnie sera suivie de la redistribution de ses créneaux horaires dont la moitié, selon les règles européennes, sera attribuée aux «nouveaux entrants» et l’autre moitié aux compagnies déjà en place, a indiqué la source de Liberté, qui affirme que l’Algérie «traîne les pieds dans le domaine».

    Air France et Air Algérie

    C’est Air France qui bénéficiera de la fin d'Aigle Azur, assure Bruno Forey, de la CFDT - le premier syndicat de la compagnie -, car «la moitié des créneaux» d'atterrissage et de décollage à l'aéroport d'Orly «doit être redistribuée au prorata de l'activité», lui revenant en grande partie. Ces créneaux sont très convoités car leur total est plafonné.

    L’Algérie représentait entre 50% et 60% de l’activité d’Aigle Azur et avec sa disparition, Air Algérie va se retrouver en situation de quasi-monopole surtout au départ des petites villes algériennes, a indiqué pour sa part le site VVA (Visas & Voyages Algérie), notant que trois autres compagnies aériennes opéraient sur la destination Algérie à partir des aéroports français: Air France, Vueling et ASL, mais qu’elles ne desservaient que les grandes villes et avec peu de fréquence.

    Aigle Azur effectuait également des vols vers la Russie, le Liban, le Portugal, le Mali et le Brésil.

    Les 11 avions d’Aigle Azur sont restés cloués au sol depuis le 7 septembre et la compagnie a été placée en liquidation judiciaire le 16 du mois. Cet arrêt des vols a engendré une hausse des prix des billets, ont constaté les médias.

    Tags:
    billet, prix, Brésil, Mali, Portugal, Liban, Russie, passager, compagnie aérienne, employés, chômage, Algérie, Air Algérie, Air France, Aigle Azur
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