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Lors de l’ouverture de leur procès en appel dans deux affaires de corruption, deux ex-Premiers ministres algériens ont demandé au juge de convoquer l’ancien Président déchu Abdelaziz Bouteflika comme témoin, affirmant qu’ils n’avaient fait qu’exécuter ses ordres et son programme.

Sur fond de l’appel répété de l’ex-ministre algérien de l’Information Abdelaziz Rahabi à juger l’ex-Président déchu Abdelaziz Bouteflika au moins «symboliquement», les deux anciens Premiers ministres Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, jugés en appel depuis dimanche 1er mars à la Cour d’Alger pour leur implication dans des affaires de corruption, ont demandé au juge de convoquer comme témoin à la barre l’ex-chef de l’État. Les deux ex-hauts responsables sont poursuivis dans le cadre des affaires liées à l’industrie d’assemblage automobile et du financement illégal de la campagne présidentielle 2019 de Bouteflika qui briguait alors un cinquième mandat.

Selon le site d’information Tout sur l’Algérie (TSA), Abdelmalek Sellal a affirmé devant le juge que sous Bouteflika, «il n’y avait ni pouvoir judiciaire ni pouvoir législatif et que le seul pouvoir existant était celui du Président». Dans le même sens, M.Sellal a expliqué concernant sa responsabilité en tant que Premier ministre «dans la passation de marché contraires à la réglementation» qu’il n’avait aucune autorité sur l’ex-ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, principal responsable dans l’affaire de l’assemblage automobile, condamné lui aussi par contumace en première instance à 20 ans de prison ferme en raison de sa fuite à l’étranger.

M.Sellal a également rappelé l’épisode où «un haut responsable qui voulait mettre fin aux dépassements avait été limogé et son fils emprisonné», rapporte TSA qui indique que l’allusion est faite au «Président Tebboune, limogé de son poste de Premier ministre en août 2017 après avoir fait part de son intention de séparer l’argent de la politique».

Pour sa part, Ahmed Ouyahia a adopté la même ligne de défense, «indiquant qu’il n’avait fait qu’appliquer le programme du Président, adopté par le Parlement», souligne le média.

Le constat à charge du Premier ministre

Lors de la présentation mardi 11 février du plan de son gouvernement à l’Assemblée populaire nationale (APN) algérienne, le Premier ministre Abdelaziz Djerad n’a pas fait dans la dentelle pour décrire la gestion du pays sous le Président déchu Abdelaziz Bouteflika. Il l’a qualifiée de «catastrophique».

«L’Algérie a connu au cours de ces dernières années une gestion catastrophique de l’État ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens», a déclaré M.Djerad, rapporte l’agence officielle Algérie Presse Service (APS). «Ces pratiques ont entraîné la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’État et menaçant l’unité du peuple», a-t-il déploré.

Dans le même sens, le chef de l’exécutif algérien a expliqué que ce sont les résultats de cette gestion qui ont poussé les Algériens à se soulever le 22 février 2019 et à chasser du pouvoir l’ancienne équipe, à «condamner et rejeter cette tentative d’affaiblir notre pays» et à faire en sorte que «cette situation ne se reproduise plus».

Le procès en appel des ministres de Bouteflika

Le procès en appel de l’Affaire de l’industrie de montage automobile et du financement occulte de la campagne présidentielle 2019 pour un cinquième mandat de Bouteflika s’est ouvert dimanche 1er mars à la Cour d’appel de Ruisseau à Alger après avoir été reporté à deux reprises. Il implique les deux anciens Premiers ministres Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, les ministres Abdelghani Zaalane, Mahdjoub Bedda, Youcef Yousfi et les hommes d’affaires les plus influents de l’ère Bouteflika, Ali Haddad, Ahmed Mazouz, Hassan Larbaoui, Mohamed Bairi. Les mis en cause sont poursuivis pour «dilapidation et utilisation de fonds de banques», «blanchiment d’argent», «transfert de biens obtenus par des faits de corruption à l’effet d’en dissimuler la source illicite» et «incitation d’agents publics à exploiter leur influence effective et supposée dans le but de bénéficier d’indus privilèges».

Le 10 décembre 2019, le tribunal de Sidi M’Hamed a condamné Ahmed Ouyahia à une peine de 15 ans de prison ferme assortie d’une amende de deux millions de dinars (15.200 euros),quand Abdelmalek Sellal a écopé d’une peine de 12 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars (7.600 euros). Les ministres Yousfi Youcef et Bedda Mahdjoub ont quant à eux été condamnés à 10 de prison ferme.

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Abdelaziz Djerad, Abdelmadjid Tebboune, lutte contre la corruption, Fondation anti-corruption, corruption, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, Abdelaziz Bouteflika, Saïd Bouteflika, Algérie
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