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Le ministre algérien des Affaires étrangères a réagi aux déclarations de son homologue marocain tenues lors de l’inauguration du consulat du Burundi à Laâyoune, au Sahara occidental, affirmant que «l’action de la diplomatie algérienne est de construire des ponts et non pas d’élargir le fossé» entre les deux pays.

Lors d’un point presse conjoint avec le secrétaire général de la Ligue des États arabes Ahmed Aboul Gheit samedi 29 février à Alger, le chef de la diplomatie algérienne Sabri Boukadoum a réagi aux propos tenus par son homologue marocain Nasser Bourita contre l’Algérie vendredi 28 février dans la ville de Laâyoune, dans le territoire du Sahara occidental sous autorité marocaine, à l’occasion de l’inauguration du consulat du Burundi.

«En Algérie, toutes les autorités, que ce soit aux Affaires étrangères ou ailleurs, font attention à ne pas jeter de l’huile sur le feu, notamment dans nos relations avec le Maroc frère», a déclaré le ministre, qualifiant les propos de son homologue marocain «d’exhibitionnistes» et «provocatrices parfois», selon le quotidien gouvernemental El Moudjahid.

Par ailleurs, le ministre a affirmé que «nous n’avons jamais dit un mot déplacé à l’égard du Maroc ou du peuple marocain», soulignant que «l’action de la diplomatie algérienne est de construire des ponts et non pas d’élargir le fossé qui existe entre nous et certains frères au Maroc».

Sur la même lancée, Sabri Boukadoum a abordé la question du conflit au Sahara occidental, objet de cette nouvelle polémique entre les deux pays, affirmant que «malgré ces propos, le droit primera devant l’arbitraire et l’arbitraire ne voilera pas le droit». «L’appartenance de la République arabe sahraouie à l’Union africaine ne peut être remise en cause» et «l’Algérie ne changera pas de position» sur ce dossier, a-t-il précisé.

Les déclarations de Bourita

Dans un communiqué relayé par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), le ministère algérien des Affaires étrangères annonce le rappel pour «consultations» de l’ambassadeur d’Algérie en Côte d’Ivoire suite à l’ouverture par ce dernier d’un consulat dans la ville de Laâyoune, dans le Sahara occidental administré par le Maroc. La décision algérienne se veut également une réponse aux déclarations du ministre ivoirien de l'Intégration africaine et des Ivoiriens de l'étranger, Ally Coulibaly, prononcées lors de la cérémonie d’inauguration du consulat en compagnie de son homologue marocain Nasser Bourita.

Lors du point presse animé vendredi 28 février avec son homologue du Burundi, Nasser Bourita a déclaré que «celui qui se prépare à rédiger des communiqués et rappeler son ambassadeur pour consultation doit continuer sur cette voie», affirmant que le processus de l’ouverture de représentations diplomatiques au Sahara est lancé et se poursuivra dans les semaines à venir, selon le site d’information Yabiladi.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie marocaine s’est dit surpris que le pays qui a rappelé son ambassadeur en Côte d’Ivoire pour «consultations» n’a jamais pris ce type de mesure pour protester contre les États ayant ouvert des ambassades à Al-Qods (Jérusalem-Est), indique le média.

Une preuve de plus que, pour cet État, la question du Sahara occidental est «peut-être sa première cause nationale», a souligné le ministre marocain.

Des représentations consulaires au Sahara occidental

Djibouti est le huitième pays africain à ouvrir une représentation diplomatique dans le Sahara occidental. En effet, la Côte d’Ivoire, l’Union des Comores, le Gabon, Sao Tomé-et-Principe, la République centrafricaine et Burundi ont inauguré des consulats à Laâyoune, alors que la Guinée et Djibouti ont déjà ouvert des représentations dans la ville de Dakhla.

À cet effet, le ministre algérien des Affaires étrangères a souligné que «pour ce qui est des pays qui ont ouvert des consulats à Laâyoune [ou à Dakhla, ndlr], j’aurai souhaité qu’ils ouvrent des ambassades à Rabat», précise El Moudjahid.

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Tags:
conflit au Sahara occidental, Sahara occidental, Sahara, Maroc, Algérie
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