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Les articles 30 et 95 de la nouvelle Constitution algérienne qui fixent les conditions et le cadre permettant au Président de la République, après approbation de deux tiers du Parlement, d’engager des forces armées à l’étranger sont «une protection pour l’armée», a affirmé un lieutenant-colonel.

La classe politique et les experts sécuritaires algériens sont divisés sur la réforme contenue dans la nouvelle mouture de la Constitution relative à la question de l’envoi de troupes militaires à l’étranger. Certains y voient un danger d’asservissement de l’Armée nationale populaire (ANP) aux intérêts des grandes puissances impérialistes. Alors que d’autres pensent que ce réajustement de la doctrine militaire algérienne est le bienvenu en raison de l’évolution du concept de sécurité nationale à l’aune des grands bouleversements que connait le monde actuellement.

Lors d’un débat mardi 19 mai à la télévision nationale, le lieutenant-colonel Mustapha Merah, membre de la direction de la communication, de l’information et de l’orientation (DCIO) à l’état-major de l’ANP a indiqué la position de l’institution militaire.

L’amendement en question «est une protection pour l’armée»

En effet, toutes les Constitutions algériennes, depuis celle de 1964 jusqu’à celle de 2016, ont consacré le Président de la République comme «chef suprême des Forces armées et responsable de la Défense nationale». Aucune disposition dans toutes ces Constitutions n’interdisait au chef de l’État l’envoi de troupes à l’étranger, que ce soit pour participer à des batailles aux côtés d’autres armées ou dans le cadre des opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’Onu.

Et pour cause, le Président Houari Boumediene (1965-1979), seul disposant au nom de la Constitution des prérogatives lui permettant d’ordonner le déplacement ou la participation des unités de l’armée dans des opérations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, avait engagé l’ANP dans plusieurs conflits à l’étranger comme ceux des guerres israélo-arabes de 1967 et 1973 et les opérations de maintien de la paix en Afrique.

Ainsi, suite au mouvement du 22 février, le Hirak, qui a remis la légitimité populaire au centre de la Constitution algérienne, le lieutenant-colonel Merah a affirmé que les articles 30 et 95 de la nouvelle Constitution définissant les conditions «de l’envoi de troupes de l’armée nationale populaire à l’étranger [sont] une protection pour l’armée».

En effet, l’article 95 autorise le Président de la République à «envoyer des unités de l’armée à l’étranger après vote de la majorité du Parlement par les deux tiers de ses membres».

«C’est une protection parce qu’elle s’appuie dans cette question sur la volonté populaire qui est incarnée par le Parlement, avec ses deux chambres. Cette disposition ferme la porte à toute action en dehors du cadre de la Constitution. Cet amendement signifie que c’est la volonté populaire qui est souveraine, et c’est elle qui décide», a soutenu Mustapha Merah.

La nouvelle Constitution algérienne définit clairement dans l’article 30 dans quel cadre il est possible au Président et au Parlement d’examiner la question de l’envoi de troupes de l’ANP à l’étranger. «L’Algérie peut, dans le cadre des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, et dans le plein respect de leurs principes et objectifs, participer à des opérations de maintien et de restauration de la paix», stipule l’article.

L’armée algérienne et la nouvelle donne internationale

L’embrasement de la Libye et de toute la région du Sahel suite au déclenchement «du printemps arabe» a fait augmenter le risque terroriste sur l’Algérie et tous les pays de la région. La défaite des organisations terroristes en Syrie et en Irak et leurs tentatives de se redéployer dans la région du Sahel augmente considérablement cette menace. Et pour preuve, le 16 janvier 2013, le plus grand complexe gazier algérien de Tiguentourine à In Amenas, dans le sud du pays, a été attaqué par un groupe terroriste venu de Libye, causant la mort de 67 personnes et la paralysie de ce site stratégique pour l’économie algérienne pendant plus d’un an.

L’armée algérienne procède à des tirs réels engageant le système antiaérien russe BOUK M2E à Tamanrasset, dans le sud de l’Algérie
© Sputnik . Sputnik via le Ministère algérien de la Défense nationale (MDN)
Dans une déclaration au journal francophone El Watan, l’ex-colonel de l’ANP et professeur en sciences politiques, Ahmed Adimi, a affirmé que la mondialisation a imposé ses principes, ses valeurs et ses méthodes [et] l’après-coronavirus va imposer aussi ses principes, ses valeurs et surtout ses méthodes». «Ne pas s’ingérer dans les affaires des autres est un principe louable, à condition qu’il ne touche pas à la sécurité du pays et ne l’expose pas au danger».

Il a expliqué que les dirigeants algériens sont tenus de comprendre ces nouveaux enjeux et promouvoir une nouvelle politique extérieure du pays en mariant «son génie diplomatique, son poids économique et sa puissance militaire avec la nouvelle donne qu’est la communication».

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Tags:
Conflits, conflit, Armée nationale populaire algérienne (ANP), Marine algérienne, Algérie
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