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Le porte-parole du ministère tunisien de la Défense a annoncé le décès d’un soldat lors d’une opération dans la région de Dhiba, près de la frontière avec Libye, rapporte TAP. Le militaire a été tué par un contrebandier alors que son unité intervenait pour faire échouer une tentative de transit.

Un soldat tunisien est mort dimanche 2 août dans la région de Dhiba (gouvernorat de Tataouine, dans le sud-est du pays), près de la frontière avec la Libye, a annoncé le porte-parole du ministère de la Défense Mohamed Zekri, cité par Tunis Arabe Presse (TAP). Il a été tué d’une balle alors que son unité tentait de faire échouer une opération «de contrebande dans la zone tampon» entre la Tunisie et la Libye.

«Dans le cadre de la lutte contre les opérations de contrebande au niveau des frontières sud-est, les unités militaires ont affronté hier après-midi, une tentative de contrebande dans la région frontalière de Dhiba; une opération au cours de laquelle un militaire est décédé par un tir, lors des poursuites engagées contre ce groupe», expose-t-il.

Le ministère de la Défense a ouvert une enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Les trafics, une conséquence de l’intervention de l’Otan

Depuis la chute du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2011 suite à l’intervention de l’Otan sous instigation française, les zones frontalières de la Libye avec l’Algérie, la Tunisie et les pays du Sahel sont devenues perméables à toutes sortes de trafic, dont la drogue et les armes.

Depuis les années 1990, l’Algérie qui faisait face aux exactions terroristes durant la décennie noire a toujours mis en garde contre la connexion dangereuse entre les mouvements terroristes qui se sont installés dans la région du Sahel et les réseaux de trafic d’armes et de drogues ainsi que la contrebande.

En effet, un rapport publié en décembre 2018 par International Crisis Group (ICG) affirme que «tous les flux de haschich [résine de cannabis, ndlr] viennent du Maroc pour rejoindre la Libye et le Tchad, puis l’Égypte, via le Niger ou le Sud de l’Algérie; la cocaïne quitte les ports d’Afrique de l’Ouest pour rejoindre ceux du Maghreb».

«Les profits de la drogue ont, depuis le milieu des années 2000, aiguisé l’appétit», ajoute-t-il, soulignant que «la compétition – et la circulation d’armes au Sahel – a dès lors nourri une dynamique de militarisation des acteurs criminels et le développement de groupes armés pour protéger ou intercepter les convois».

Le même document explique que la crise malienne de 2012 «a aggravé des dynamiques initiées au cours de la décennie précédente». «La débandade de l’État au Nord a amené les trafiquants à se rapprocher des différents groupes armés, y compris parfois djihadistes».

En février, la Tunisie a annoncé la découverte d’un camp terroriste sur les hauteurs de la région de Kasserine, dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec l’Algérie, où des équipements de fabrication d’explosifs et mines artisanales ont été saisis.

Coopération algéro-tunisienne

Après l'attentat du 8 juillet 2018 en Tunisie près d'Aïn Soltane, dans la région de Jendouba, au cours duquel six gendarmes ont trouvé la mort, Alger et Tunis ont décidé d'intensifier leur coopération en matière de lutte antiterroriste. Les deux États ont mis en place 60 points de contrôle militaires supplémentaires le long des frontières nord, selon la presse algérienne.

Côté algérien, il s'agit du tronçon qui s’étend d’El Tarf à Tébessa, en passant par Souk Ahras. Côté tunisien, la bande frontalière couvrant les régions de Jendouba, Le Kef et Kasserine est concernée.

«Une partie de ces points de contrôle seront mobiles et assurés par des patrouilles militaires, tandis que d'autres seront fixes, et dont la mission consistera à surveiller les mouvements des groupes armés», indiquait-elle alors.

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sponsor du terrorisme, lutte antiterroriste, plan antiterrorisme, terrorisme, ministère tunisien de l'Intérieur, Tunisie, Algérie
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