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Le député tunisien Mongi Rahoui a accusé sur radio Express FM le parti islamiste Ennahdha d’être à la solde du Président turc en appuyant ses plans guerriers en Libye. Le politologue Riyadh Sidaoui est revenu pour Sputnik sur les raisons des attaques essuyées par le Président tunisien de la part des Frères musulmans*.

Alors que les attaques du mouvement des Frères musulmans* conte le Président tunisien Kaïs Saied sur sa politique extérieure en Libye sont incessantes, le député Mongi Rahoui a accusé mardi 4 août sur les ondes d’Express FM le parti islamiste Ennahdha d’œuvrer en faveur de l’agenda de Recep Tayyip Erdogan. Selon le parlementaire, Ennahdha tente de faire de la Tunisie un espace de transit des terroristes venant de Syrie et d’Irak vers le sol libyen.

Dans un entretien accordé à Sputnik, le Dr Riadh Sidaoui, spécialiste en sciences politiques et directeur du Centre arabe de recherches et d'analyses politiques et sociales (CARAPS) de Genève, explique les dessous des attaques en règle menées contre le chef de l’État tunisien.

Précédemment, M.Rahoui avait exposé que «le parti Ennahdha a créé un état d’instabilité pour permettre à Erdogan de transformer la Tunisie en base arrière vers la Libye». «Il s’agit d’un plan étranger pour faire de la Tunisie une base arrière de la Turquie dans sa guerre en Libye», avait-il martelé.

Kaïs Saied «a refusé de devenir une marionnette»

Par ailleurs, le Dr Riadh Sidaoui souligne que «le mouvement des Frères musulmans* dont Ennahdha est issu attaque le Président Kaïs Saied car il a refusé de devenir une marionnette entre leurs mains en s’alignant sur les positions de la Turquie, le plus important allié d’Israël dans la région, du Qatar et de l’Otan en Libye».

Et d’expliquer que «le fait que le chef de l’État tunisien a choisi de s’allier à son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune — qui défend une solution politique pacifique intra-libyenne en dehors de toute ingérence étrangère et dans le cadre des principes de la Conférence de Berlin — a suscité une colère acerbe dans les rangs de ce mouvement dont certains membres n’hésitent pas à l’insulter directement».

Le Dr Sidaoui précise que «contrairement au président du Parlement Rached Ghannouchi qui a appelé le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen Fayez el-Sarraj, également issu des Frères musulmans*, pour l’assurer de son soutien, le Président Saied a positionné la Tunisie à égale distance de toutes les parties libyennes, à l’instar du Président Tebboune, refusant ainsi fermement que son pays devienne une base arrière à l’axe Otan-Ankara-Doha».

Polémique autour d’une base US en Tunisie

Le 29 mai, une vive polémique est née en Tunisie suite à un communiqué du Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) dans lequel il indique que son chef, le général Stephen J.Townsend, a abordé lors d’un entretien téléphonique avec le ministre tunisien de la Défense nationale Imad Hazgui la possibilité de déployer une Brigade d’assistance aux forces de sécurité tunisiennes. Plusieurs personnalités politiques et médiatiques y ont vu un possible déploiement militaire américain dans le pays qui brise selon elles le statut de neutralité de la Tunisie face à la crise libyenne.

Quelques jours plus tard, à l’occasion du 64e anniversaire de la création des Forces armées tunisiennes, M.Hazgui a exprimé le refus catégorique de son pays d’accueillir une base militaire étrangère qui pourrait servir de point de départ pour des opérations en Libye, rapportait Webdo.tn.

Il a rappelé que «la Tunisie soutient la légitimité en Libye et appuiera une solution politique pacifique dans ce pays», réitérant «le refus de toute ingérence militaire dans la région».

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
gouvernement libyen d'union nationale (GNA), Armée nationale libyenne (ANL), crise libyenne, Libye, Recep Tayyip Erdogan, Turquie, Frères musulmans, Rached Ghannouchi, Tunisie
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