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Abdelmadjid Tebboune a annoncé ce 18 août à Alger que son pays misait sur la hausse des exportations hors hydrocarbures qu’il compte porter à cinq milliards de dollars d’ici fin 2021, contre deux milliards actuellement, soit une augmentation de 150%, relate la télévision nationale.

Lors de l’ouverture de la conférence nationale sur le plan de relance socio-économique ce mardi 18 août à Alger, le Président algérien a annoncé que le gouvernement comptait augmenter de 150% les exportations hors hydrocarbures d’ici fin 2021.

Abdelmadjid Tebboune espère «qu’à la fin 2021, nous aurons atteint au moins cinq milliards de dollars d’exportations de différents produits hors hydrocarbures», contre deux milliards actuellement, rapporte la télévision nationale algérienne (ENTV).

«Il faut des réformes structurelles»

Dans un entretien accordé au site d’information économique Algérie Éco, l’ancien ministre algérien du Trésor Ali Benouari (1991-1992), expert international en finances et président du parti non agréé Nida El Watan (l’Appel de la Patrie), a affirmé que sans réformes structurelles, l’économie algérienne n’avait aucune chance de sortir de sa dépendance à 98% aux exportations d’hydrocarbures.

Pour sortir l’économie de l’Algérie de l’impasse dont elle souffre, «il faut des réformes structurelles, car ce sont elles qui sont à l’origine de nos déséquilibres financiers», assure-t-il, soulignant que «ces réformes concernent tout l’environnement qui conditionne l’acte d’investir, de produire, d’échanger et d’exporter». «Autant dire l’environnement juridique, financier et éducatif (formation, éducation, recherche)», précise-t-il.

Et d’expliquer que dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19, la croissance de l’économie algérienne, qui a enregistré un piètre résultat en 2019 (0,7%), devrait baisser de «3% cette année avec de sombres perspectives pour l’année 2021». «Dans ces conditions, il est à prévoir une forte augmentation du chômage (11,7% en 2019) pour cette année et pour les années qui viennent», avertit-il. «De moindres rentrées fiscales viendront aggraver le solde budgétaire public et la dette publique qui s’établissaient respectivement déjà à des niveaux excessivement élevés, à 9,3% et 46,3% du PIB pour l’année 2019», poursuit-il.

Les réserves de change «à environ 42 milliards fin 2020»

Par ailleurs, l’ex-ministre du Trésor a déclaré qu’il fallait également s’intéresser au solde de la balance des paiements courants qui «était de 16,2% du PIB en 2019». «Il risque d’atteindre la barre de 20% à la fin de cette année et les réserves de change, qui s’élevaient à 62 milliards de dollars [en 2019], sont attendues à environ 42 milliards fin 2020», soutient-il.

Dans ce contexte, l’expert met en lumière que compte tenu du fait que «le taux d’inflation était de 2% en 2019 et est attendu à 5% pour 2020», il apparait que «la taille de ce bilan ne s’est pas gonflée entre fin 2013 et 2019 alors que la masse monétaire a augmenté de près de 40%, mais sa composition a connu un véritable bouleversement».

Pour étayer sa thèse, M.Benouari précise qu’à l’actif de ce bilan, «la dette du Trésor était nulle tandis que les réserves de change en représentaient plus de 97%». «En 2019, les réserves de change ont baissé à 50% du total du bilan tandis que la dette du Trésor a grimpé à 44%», informe-t-il.

Enfin, Ali Benouari ponctue que «la détérioration importante de la couverture extérieure du dinar saute aux yeux, de même que la monétisation du déficit budgétaire est à un niveau inédit».

«Ceci traduit, mieux que n’importe quel discours, l’extrême dépendance de notre pays à l’égard des hydrocarbures», conclut-il.

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