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Alors que l’échange d’ambassadeurs entre Tel Aviv et Ankara semble se profiler, un diplomate turc ayant par le passé représenté la Turquie dans l’État hébreu explique les éventuelles raisons du revirement dans la politique étrangère des deux États.

Israel Hayom, ce journal connu pour sa proximité avec Benyamin Netanyahou, a déclaré en se référant à une source au sein de l’administration turque qu’Ankara était «prêt à envoyer un ambassadeur à Tel Aviv dès que le gouvernement israélien se sera engagé à répondre réciproquement à cette démarche». Cette information est un signal de plus montrant un éventuel rapprochement entre l’État hébreu et la Turquie.

La stratégie de la politique étrangère des deux États a connu quelques changements, constate au micro de Sputnik Oguz Celikkol, ancien ambassadeur turc en Israël.

«Nous assistons à un renforcement de la politique anti-turque de la part de la Grèce voisine. Athènes crée un front anti-turc dans la Méditerranée orientale. [...] La Turquie a donc vu que la politique menaçant ses intérêts nationaux provient de Grèce ce qui a poussé Ankara à réviser sa politique étrangère.»

Quant à Israël, après la fin du mandat de Donald Trump, se profile un éventuel retour de Washington dans l’accord nucléaire avec l’Iran et, donc, la reprise du dialogue avec Téhéran. «Dans ce contexte, les deux parties ont exprimé la volonté d’actualiser leur ligne de politique étrangère».

Une fois la volonté présente, la normalisation ne tardera pas

Selon Oguz Celikkol, l’échange d’ambassadeurs sera une étape importante dans la voie vers la normalisation des relations entre les deux États et, une fois la volonté présente, elle ne se fera pas attendre.

«Il n’existe pas de problèmes majeurs en matière de relations économiques entre les deux pays, leur développement se poursuit. Toutefois, la Turquie et Israël ont de nombreuses questions sensibles qu’il faudra prendre en compte à l’avenir.»

Rappelant les récentes législatives en Israël, les quatrièmes en deux ans, l’interlocuteur de l’agence a fait noter que les questions de politique intérieure auront elles aussi un impact sur les relations entre Tel Aviv et Ankara.

«Pour le moment, il n’est pas claire de savoir si le Premier ministre en exercice Netanyahou conservera son poste ou s’il y aura des remaniements. Certains suggèrent que les cinquièmes législatives en deux ans pourraient avoir lieu. Il faut suivre attentivement la situation de la politique interne dans ce pays», a-t-il conclu.

Dégradation des relations entre Ankara et Tel Аviv

Au cours de la dernière décennie, les relations entre ces deux pays se sont dégradées et les facteurs y ayant contribué sont multiples, allant de la diffusion en 2009 par la télévision tuque de la série La Valée des loups, où les Israéliens sont présentés comme des criminels de guerre, à l’abordage, en 2010, du Mavi Marmara, ce navire de la Flottille de la liberté souhaitant briser le blocus de la bande de Gaza, qui a fait 10 morts et des blessés parmi les militants.

Ce n’est qu’en 2016 que les deux États ont annoncé la normalisation de leurs relations, qui passait par le versement d’une compensation aux familles des Turcs tués lors de l’assaut du navire.

Une nouvelle fissure n’a pas tardé: dès 2018, après que des dizaines de Palestiniens ont été tués lors d’une manifestation à la frontière entre la bande de Gaza et l’État hébreu contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le ton est monté entre les dirigeants des deux États. La Turquie a donc renvoyé l’ambassadeur israélien et a rappelé le sien et Israël n'a pas tardé à renvoyer le consul turc.

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Israël, Turquie
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