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    JO de Pyeongchang: défense d'«être Russes»

    © Sputnik . Ramil Sitdikov
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    Vendredi 19 janvier, la commission du CIO dirigée par Valérie Fourneyron a rendu publique une liste de 111 sportifs russes interdits de Jeux olympiques à Pyeongchang. Une semaine plus tard, le CIO a publié la sienne, durcissant les règles de conduite pour le reste des 169 «athlètes olympiques de Russie».

    Le Comité international olympique (CIO) peut se féliciter d'avoir apporté une nouvelle pierre à l'édifice du sport «propre» en Russie. Après avoir trié les sportifs russes, éliminant souvent les meilleurs, il a rédigé une liste de règles de conduite pour le reste de l'équipe d'«athlètes olympiques de Russie», ou «OAR», menaçant de révoquer l'invitation ou de retirer l'accréditation si le sportif ne se conforme pas à ses lignes directrices.

    Cette liste dont certains points n'ont aucun sens pratique n'a fait qu'augmenter la déception provoquée en Russie par le mouvement olympique.
    Qu'est-ce qui est proposé aux «athlètes olympiques de Russie»?

    D'abord, respecter la décision et l'esprit de la Commission exécutive du CIO.

    Ensuite, ne se présenter que comme «OAR», «Athlète olympique de Russie» ou «OCP» (en cyrillique), publiquement et via les médias sociaux.

    Il paraît que cette exigence en lien avec ce qui se passe en dehors des stades et des pistes constitue une violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l'homme et devrait être soumise à l'examen de l'Onu.

    Le CIO insiste sur ce qu'on retienne que l'«OAR» sera en compétition sous le drapeau olympique et que l'hymne olympique sera joué pendant toutes les cérémonies.

    Le commentaire du CIO appelle hypocritement les sportifs à se conformer aux valeurs olympiques «de respect et d'amitié».

    En outre, les règles du CIO exigent de ne porter et de n'utiliser que des uniformes (cérémonies, compétitions, entraînements et autres événements), des accessoires (y compris les pin's) et des équipements conformes à ses recommandations.

    Bref, tout symbole de la Russie sur lequel on pourrait poser le regard dans un espace public est interdit.

    L'«OAR» doit s'abstenir, en plus, de toute forme publique de publicité, d'activité et de communication associée au drapeau national, à l'hymne national, à l'emblème, aux symboles du Comité national olympique sur les sites olympiques ou via les médias (y compris les réseaux sociaux).

    Le CIO autorise généreusement le drapeau national dans les chambres du village olympique mais de sorte qu'il ne soit pas vu du dehors.

    Les règles interdisent de solliciter ou d'accepter le drapeau national, l'emblème et les symboles nationaux, ainsi que de chanter l'hymne national à l'intérieur d'un site olympique.

    Enfin, le CIO prescrit de s'abstenir de participer à des cérémonies de victoire «alternatives» organisées par le Comité olympique de Russie.

    Cette interdiction a déjà eu pour effet l'abandon du projet de la Maison russe organisée traditionnellement pendant les Jeux olympiques et signifie que jusqu'à la fin des Jeux, nos athlètes ne doivent pas recevoir de félicitations de la part d'hommes politiques et fonctionnaires russes, ainsi que de la part de leurs amis russes.

    Le respect des règles, ci-dessus, sera suivi rigoureusement par un groupe de travail dirigé par le directeur général adjoint du CIO, Pere Miró, et le directeur des sports du CIO, Kit McConnell, qui soumettra un rapport complet au groupe de mise en application pour la délégation OAR.

    Le CIO a oublié d'inclure dans sa liste un point important: il aurait fallu y ajouter l'interdiction de gagner sous peine de «révocation de l'invitation à l'"OAR" et/ou le retrait de l'accréditation».

    Formellement, le CIO a raison: le paragraphe 3 de l'article 44 de la Charte olympique dispose que «toute inscription [aux Jeux olympiques] est soumise à l'approbation du CIO, qui peut, à sa discrétion, à tout moment refuser une inscription sans indication de motifs». Cependant, la façon dont il a été appliqué à l'encontre des sportifs russes n'ayant aucun passif de dopage ou dont la disqualification a pris fin ressemble trop à un arbitraire pur et simple et ne rime pas avec l'esprit olympique.

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    drapeau, JO 2018 de Pyeongchang, Comité international olympique (CIO), Russie
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