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Opération militaire au Yémen (2015) (122)
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La délégation russe a soumis au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution proposant d'observer des pauses dites "humanitaires" dans les bombardements de la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen.

Ces pauses sont nécessaires pour évacuer les étrangers et apporter de l'aide humanitaire à la population. La position russe est appuyée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) mais les membres du Conseil de sécurité, qui ont examiné le projet russe à huis clos, n'ont pas encore pris de décision.

L'initiative russe d'observer des pauses humanitaires a été soumise après que l'armée de l'air saoudienne a refusé d'autoriser l'avion russe venu évacuer des citoyens russes et de la CEI à pénétrer dans l'espace aérien yéménite le 2 avril. Près de 150 personnes attendaient à l'aéroport de Sanaa mais l'avion a été contraint d'atterrir au Caire. La situation a été ensuite régularisée et les autorités saoudiennes ont promis d'apporter leur contribution pour évacuer les étrangers.

La proposition de Moscou est soutenue par le CICR. Son président au Yémen, Cédric Schweizer, a récemment déclaré que les "frappes aériennes et les affrontements entre les groupes armés yéménites empêchaient d'apporter une assistance médicale à la population". Selon la secrétaire générale adjointe de l'Onu aux affaires humanitaires Valerie Amos, 519 civils ont été tués et près de 1 700 blessés au Yémen ces deux dernières semaines. L'ambassadeur saoudien à l'Onu Abdallah al-Mouallimi a déclaré que son pays avait déjà pris toutes les mesures nécessaires pour évacuer les citoyens étrangers. Il s'est dit prêt à évoquer les questions relatives à l'évacuation avec la partie russe.

L'ambassadrice jordanienne à l'Onu Dina Kawar, qui préside le Conseil de sécurité en avril, a déclaré à l'issue de la réunion que le conseil était préoccupé par la situation humanitaire au Yémen. "Les membres du conseil ont besoin de temps pour réfléchir à la proposition de la Russie", a-t-elle déclaré. Selon les sources de l'Onu, on pourrait connaître la réaction à l'initiative russe en début de semaine. On s'attend également à ce qu'au même moment se précise le sort de la résolution du Conseil de sécurité transmise par le Conseil de coopération du Golfe via la Jordanie. Cette résolution condamne les Houthis au Yémen et prévoit un embargo sur les fournitures d'armes. Selon Dina Kawar, tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies poursuivront les consultations pour parvenir à une version concertée de résolution.

La Russie s'est prononcée pour que l'embargo sur les armes ne concerne pas uniquement les Houthis, mais aussi tous les groupes armés dans le pays. Riyad n'est pas du même avis. Selon Abdallah al-Mouallimi, les Houthis sont les agresseurs. C'est pourquoi, d'après lui, il ne faut sanctionner que les Houthis.

 

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Opération militaire au Yémen (2015) (122)

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Valérie Amos, Houthis, Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Communauté des Etats indépendants (CEI), ONU, Dina Kawar, Abdallah al-Mouallimi, Cédric Schweizer, Arabie Saoudite, Sanaa, Russie, Yémen
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