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Le futur président des États-Unis Donald Trump continuera de tweeter une fois investi, a annoncé le futur porte-parole du chef de l’État Sean Spicer, et d'ajouter: «Quand Trump publie un tweet, il obtient un résultat».

Le milliardaire républicain s'est également exprimé dans cet esprit en affirmant même que le site de microblogging l'avait aidé à remporter la course à la Maison-Blanche. Voyons ce que Trump et d'autres hommes politiques autour du monde arrivent à obtenir grâce à leurs messages de 140 caractères.

Le pouvoir de 140 caractères

A l'heure actuelle, le compte Twitter de Trump compte 19,5 millions d'abonnés. Le style du président élu est inimitable: des tweets émotionnels écrits par lui-même ( parfois avec des fautes d'orthographe ) en majuscules et accompagnés généreusement de points d'exclamation. Par exemple, en évoquant les plans de normalisation des relations avec Moscou le républicain a écrit dans trois tweets: « Avoir une bonne relation avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose. Seuls les idiots et les imbéciles pourraient penser que c'est une mauvaise chose. Actuellement, nous avons assez de problèmes à travers le monde. Quand je serai président, les Russes nous respecteront beaucoup plus qu'ils ne le font maintenant, et nos deux pays coopéreront certainement pour résoudre pas mal de grandes questions du MONDE ENTIER! »

Au regard de l'expressivité excessive et de la nature politiquement incorrecte des tweets de Trump, ces derniers font souvent l'objet de scandales. Ainsi, la critique du républicain visant l'ancienne Miss Univers Alicia Machado, qui avait soutenu Hillary Clinton, avait fait beaucoup de bruit. Machado affirmait que quand elle a pris du poids Trump avait commencé à l'appeler « miss petit cochon » et « miss femme de ménage », et avait promis de voter pour la candidate démocrate. Le républicain avait alors supposé que la top model avait gagné la confiance de Clinton par la tromperie et avait jugé nécessaire d'en faire part à trois heures du matin dans une série de tweets.

Le compte Twitter de Trump est également utilisé pour faire des déclarations politiques: par exemple, le 3 janvier, il a accusé la Chine de tirer profit des relations commerciales avec les États-Unis sans vouloir les aider à faire pression sur la Corée du Nord. Après cela Pékin, via l'agence de presse Xinhua, a demandé à Trump de modérer ses élans de 140 caractères. Le média Politico rapportait que même les fonctionnaires du département d'État ignoraient quels étaient leur repères pour l'avenir: les documents officiels ou les pages du président sur les réseaux sociaux.

L'activité de Trump sur Twitter ne se limite pas à la politique étrangère. Quand les congressistes ont décidé en début d'année de supprimer le bureau du contrôle d'éthique ( organisme indépendant appelé à surveiller les conflits d'intérêts des législateurs et empêcher les violations des normes éthiques fixées pour les hommes politiques ), le futur président a immédiatement réagi.

« Avec tout ce que les congressistes ont à faire, devaient-ils vraiment faire de l'affaiblissement du défenseur indépendant de l'éthique, aussi injuste qu'il puisse être, leur priorité numéro un ? Concentrez-vous sur la réforme fiscale, le système de santé ou bien d'autres dossiers beaucoup plus importants! », a écrit Trump en accompagnant son message du hashtag #DTS ( pour « Drain the swamp », « asséchons le marais » en français, qui était l'un des slogans de campagne du républicain ).

Mais les tweets les plus forts de Trump concernent les affaires. Le 12 décembre, il a écrit que les dépenses pour le développement et la production de nouveaux chasseurs F-35 n'étaient plus raisonnables et qu'après leur investiture les autorités américaines économiseraient des milliards de dollars sur les achats militaires et publics. Ce message de 140 caractères a fait chuter la capitalisation de la compagnie Lockheed Martin de 4 milliards de dollars — chaque symbole écrit par l'homme politique a donc coûté aux actionnaires environ 28 millions de dollars.

Un autre géant de l'industrie aéronautique, Boeing, a été critiqué pour les dépenses de construction d'un nouvel avion présidentiel: après le tweet de Trump la compagnie a perdu près de 1 % de sa valeur, a contacté le futur président et a fait un don d'un million de dollars pour son investiture.

Un autre message de Trump a fait perdre en cinq minutes 1 milliard de dollars au constructeur Toyota. « PAS QUESTION! Construisez des usines aux États-Unis ou payez d'importantes taxes à la frontière! », a-t-il exigé en apprenant que le constructeur avait l'intention d'ouvrir une usine au Mexique. General Motors a connu le même sort quand le président élu a appris que la compagnie faisait entrer aux États-Unis des voitures produites au Mexique sans payer de droits de douane.

Donald Trump sait aussi reconnaître quand une compagnie est « bonne »: il a publiquement approuvé les projets de Fiat Chrysler d'investir 1 milliard de dollars dans des usines au Michigan et dans l'Ohio, ainsi que de créer 2 000 emplois. Il a également remercié Ford pour sa volonté de développer la production aux USA et non au Mexique.

Pour que les actionnaires sachent quand le futur président met en péril leur argent, une application spéciale a même été développée pour iOS, qui notifie l'utilisateur dès que Trump mentionne une certaine compagnie.

Les attaques du républicain sur Twitter font controverse: si certains affirment qu'il devrait faire preuve de retenue, d'autres le remercient déjà de rendre l'Amérique grande avant même d'avoir pris ses fonctions et de redonner aux habitants des emplois, « tout en tapant sans pitié dans le portefeuille des capitalistes qui cherchent à s'enrichir sur le dos de simples ouvriers ».

Obama toujours numéro un sur Twitter

Après son investiture, le nombre d'abonnés au profil de Donald Trump sur Twitter devrait augmenter mais pour l'instant, l'homme politique le plus populaire sur ce réseau social reste Barack Obama avec quatre fois plus de souscripteurs — un peu plus de 80 millions. En termes d'abonnés, il n'est dépassé que par Katy Perry, Justin Bieber et Taylor Swift.

Les observateurs soulignent que c'est ce contact « personnel » avec les électeurs sur les réseaux sociaux qui lui a permis de remporter deux fois la présidentielle. D'après le New York Times, son administration a trois missions qu'elle remplit sur toutes les plateformes: couvrir, convaincre et divertir.

Le média The Atlantic note qu'Obama est le premier président à être devenu le « maître des réseaux sociaux » par analogie avec le « maître de la télévision » John Kennedy.

Les réseaux sociaux ont notamment aidé à diffuser les messages de la campagne présidentielle d'Obama auprès des jeunes électeurs: selon le Time, un million de ses abonnés Facebook ont dévoilé leur liste d'amis et 85 % des supporters d'Obama de moins de 29 ans dans les « États hésitants » ont été trouvés précisément de cette manière.

Contrairement à Trump, le compte Twitter d'Obama est géré par ses assistants et les messages envoyés par le président en personne sont reconnaissables à la signature BO. Pendant deux ans, Le milliardaire républicain s'est également exprimé dans cet esprit en affirmant même que le site de microblogging l'avait aidé à remporter la course à la Maison-Blanche. Voyons ce que Trump et d'autres hommes politiques autour du monde arrivent à obtenir grâce à leurs messages de 140 caractères.

Le pouvoir de 140 caractères

A l'heure actuelle, le compte Twitter de Trump compte 19,5 millions d'abonnés. Le style du président élu est inimitable: des tweets émotionnels écrits par lui-même (parfois avec des fautes d'orthographe) en majuscules et accompagnés généreusement de points d'exclamation. Par exemple, en évoquant les plans de normalisation des relations avec Moscou le républicain a écrit dans trois tweets: « Avoir une bonne relation avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose. Seuls les idiots et les imbéciles pourraient penser que c'est une mauvaise chose. Actuellement, nous avons assez de problèmes à travers le monde. Quand je serai président, les Russes nous respecteront beaucoup plus qu'ils ne le font maintenant, et nos deux pays coopéreront certainement pour résoudre pas mal de grandes questions du MONDE ENTIER! »

Au regard de l'expressivité excessive et de la nature politiquement incorrecte des tweets de Trump, ces derniers font souvent l'objet de scandales. Ainsi, la critique du républicain visant l'ancienne Miss Univers Alicia Machado, qui avait soutenu Hillary Clinton, avait fait beaucoup de bruit. Machado affirmait que quand elle a pris du poids Trump avait commencé à l'appeler « miss petit cochon » et « miss femme de ménage », et avait promis de voter pour la candidate démocrate. Le républicain avait alors supposé que la top model avait gagné la confiance de Clinton par la tromperie et avait jugé nécessaire d'en faire part à trois heures du matin dans une série de tweets.

Le compte Twitter de Trump est également utilisé pour faire des déclarations politiques: par exemple, le 3 janvier, il a accusé la Chine de tirer profit des relations commerciales avec les États-Unis sans vouloir les aider à faire pression sur la Corée du Nord. Après cela Pékin, via l'agence de presse Xinhua, a demandé à Trump de modérer ses élans de 140 caractères. Le média Politico rapportait que même les fonctionnaires du département d'État ignoraient quels étaient leur repères pour l'avenir: les documents officiels ou les pages du président sur les réseaux sociaux.

L'activité de Trump sur Twitter ne se limite pas à la politique étrangère. Quand les congressistes ont décidé en début d'année de supprimer le bureau du contrôle d'éthique (organisme indépendant appelé à surveiller les conflits d'intérêts des législateurs et empêcher les violations des normes éthiques fixées pour les hommes politiques), le futur président a immédiatement réagi.

« Avec tout ce que les congressistes ont à faire, devaient-ils vraiment faire de l'affaiblissement du défenseur indépendant de l'éthique, aussi injuste qu'il puisse être, leur priorité numéro un? Concentrez-vous sur la réforme fiscale, le système de santé ou bien d'autres dossiers beaucoup plus importants! », a écrit Trump en accompagnant son message du hashtag #DTS (pour « Drain the swamp », « asséchons le marais » en français, qui était l'un des slogans de campagne du républicain).

Mais les tweets les plus forts de Trump concernent les affaires. Le 12 décembre, il a écrit que les dépenses pour le développement et la production de nouveaux chasseurs F-35 n'étaient plus raisonnables et qu'après leur investiture les autorités américaines économiseraient des milliards de dollars sur les achats militaires et publics. Ce message de 140 caractères a fait chuter la capitalisation de la compagnie Lockheed Martin de 4 milliards de dollars — chaque symbole écrit par l'homme politique a donc coûté aux actionnaires environ 28 millions de dollars.

Un autre géant de l'industrie aéronautique, Boeing, a été critiqué pour les dépenses de construction d'un nouvel avion présidentiel: après le tweet de Trump la compagnie a perdu près de 1% de sa valeur, a contacté le futur président et a fait un don d'un million de dollars pour son investiture.

Un autre message de Trump a fait perdre en cinq minutes 1 milliard de dollars au constructeur Toyota. « PAS QUESTION! Construisez des usines aux États-Unis ou payez d'importantes taxes à la frontière! », a-t-il exigé en apprenant que le constructeur avait l'intention d'ouvrir une usine au Mexique. General Motors a connu le même sort quand le président élu a appris que la compagnie faisait entrer aux États-Unis des voitures produites au Mexique sans payer de droits de douane.

Donald Trump sait aussi reconnaître quand une compagnie est « bonne »: il a publiquement approuvé les projets de Fiat Chrysler d'investir 1 milliard de dollars dans des usines au Michigan et dans l'Ohio, ainsi que de créer 2 000 emplois. Il a également remercié Ford pour sa volonté de développer la production aux USA et non au Mexique.

Pour que les actionnaires sachent quand le futur président met en péril leur argent, une application spéciale a même été développée pour iOS, qui notifie l'utilisateur dès que Trump mentionne une certaine compagnie.

Les attaques du républicain sur Twitter font controverse: si certains affirment qu'il devrait faire preuve de retenue, d'autres le remercient déjà de rendre l'Amérique grande avant même d'avoir pris ses fonctions et de redonner aux habitants des emplois, « tout en tapant sans pitié dans le portefeuille des capitalistes qui cherchent à s'enrichir sur le dos de simples ouvriers ».

Obama toujours numéro un sur Twitter

Après son investiture, le nombre d'abonnés au profil de Donald Trump sur Twitter devrait augmenter mais pour l'instant, l'homme politique le plus populaire sur ce réseau social reste Barack Obama avec quatre fois plus de souscripteurs — un peu plus de 80 millions. En termes d'abonnés, il n'est dépassé que par Katy Perry, Justin Bieber et Taylor Swift.

Les observateurs soulignent que c'est ce contact « personnel » avec les électeurs sur les réseaux sociaux qui lui a permis de remporter deux fois la présidentielle. D'après le New York Times, son administration a trois missions qu'elle remplit sur toutes les plateformes: couvrir, convaincre et divertir.

Le média The Atlantic note qu'Obama est le premier président à être devenu le « maître des réseaux sociaux »  par analogie avec le « maître de la télévision » John Kennedy.

Les réseaux sociaux ont notamment aidé à diffuser les messages de la campagne présidentielle d'Obama auprès des jeunes électeurs: selon le Time, un million de ses abonnés Facebook ont dévoilé leur liste d'amis et 85% des supporters d'Obama de moins de 29 ans dans les « États hésitants » ont été trouvés précisément de cette manière.

Contrairement à Trump, le compte Twitter d'Obama est géré par ses assistants et les messages envoyés par le président en personne sont reconnaissables à la signature BO. Pendant deux ans, le tweet « Encore quatre ans » envoyé après sa victoire en 2012 est resté le message le plus populaire sur tout le réseau social.

C'est sur Twitter également qu'Obama a organisé sa première session de question-réponse en suggérant aux utilisateurs de lui poser des questions avec le hashtag #askObama. Le compte @POTUS (President of the United States of America) créé en 2015 est géré par Obama en personne et lui permet de réagir rapidement aux événements dans le pays.

Par exemple, quand en septembre 2015 le collégien américain Ahmed Mohamed a été arrêté par la police pour détention d'une montre artisanale « ressemblant à une bombe », Obama a invité l'adolescent le jour même à la Maison blanche via Twitter.

Comme le souligne le magazine en ligne Engadget, vers la fin de sa présidence le style de communication de l'équipe Obama a évolué avec davantage de dessins et d'animations GIF — mais l'agenda sérieux a été conservé.

Twitter en Inde

Twitter n'est pas populaire uniquement auprès des hommes politiques américains. Le dirigeant de « la plus grande démocratie du monde », le premier ministre indien Narendra Modi, s'était déjà familiarisé avec le service de courts messages avant sa prise de ses fonctions et s'y est mis très activement quand il a pris la tête du gouvernement: il compte 26,2 millions de souscripteurs ce qui fait de lui le deuxième homme politique le plus populaire sur ce réseau social.

Parfois, on l'impression que Modi tweete sans arrêt, à raison d'au moins quatre ou cinq messages quotidiens — il a notamment posté 21 tweets sur la seule journée du 9 janvier. Son entourage assure qu'il écrit lui-même tous ses messages et aime partager des images et des vidéos. Par le biais de Twitter, le premier ministre indien menace ses ennemis, approuve ses soutiens et informe plus d'un milliard de citoyens de comment vit et respire le chef du gouvernement.

La passion de Modi pour les réseaux sociaux fait parfois l'objet de moqueries. Par exemple, le 10 janvier, il a annoncé à ses compatriotes qu'il annulait son cours de yoga pour rendre visite à sa mère. Ses adversaires politiques ont immédiatement critiqué la volonté du premier ministre d'afficher sa vie privée: le leader du parti d'opposition Aam Aadmi, Arvind Kejriwal, a fait la morale à Modi sur Twitter en hindi ( ce qui ressemblait à une critique — malgré son amour affiché pour cette langue Modi préfère écrire en anglais ) pour dire à quel point il était indécent de mêler sa mère âgée à la politique.

Le premier ministre est également critiqué pour ne pas filtrer ses contacts: ainsi, la journaliste Swati Chaturvedi qui a récemment publié le livre-enquête Je suis un troll, a découvert que Modi s'était abonné à plusieurs trolls connus sur internet. « Aucun dirigeant, que ce soit Barack Obama, Theresa May ou Angela Merkel, ne s'abonne aux trolls. Que peut-on alors penser de Modi ? Pourquoi mon premier ministre lit ceux qui diffusent des plaisanteries sur des viols et menacent des femmes et des hommes comme si c'était insignifiant? D'une part, Modi proclame le slogan « Sauve une fille, donne lui une éducation ", de l'autre nous voyons comment il agit vraiment. »

Néanmoins, la plupart des Indiens semblent vraiment apprécier l'activité de Modi sur Twitter. Le premier ministre, qui ne quitte jamais le réseau social, personnifie un nouveau genre d'homme politique techniquement instruit, progressiste et maîtrisant les nouvelles technologies. Cette image contraste particulièrement avec de nombreux autres représentants du parti au pouvoir Bharatiya Janata Party ( BJP ) qui adopte une position conservatrice et est associé à la consolidation spirituelle locale, à l'appui sur la population rurale peu instruite et au flirt avec des hindous radicaux. L'image de dirigeant progressiste sauve le parti de Modi dans les moments les plus difficiles.

Le premier ministre indien est le symbole vivant de la campagne « Inde numérique » qu'il a lui-même lancée, qui a pour objectif de propager la maîtrise de l'internet par la population, la création d'une infrastructure de services électroniques et le développement du marché des technologies numériques. Ce programme a été lancé en juillet 2015 et en un an et demi, le premier ministre enthousiaste a réussi à faire bouger la machine bureaucratique indienne pourtant peu conciliante. Désormais, chaque ministère et département dispose de son propre service de communication avec les utilisateurs, Twitter Seva, qui permet de réagir le plus vite possible aux plaintes et aux requêtes.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
réseaux sociaux, Donald Trump
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