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    Donald Trump. Archive photo

    L’échec de la politique étrangère US correspond paradoxalement aux promesses de Trump

    © AP Photo/ Carolyn Kaster
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    Traduction de la presse russe (août 2017) (72)
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    En un peu plus de six mois de présidence, Donald Trump a significativement détérioré les relations des USA avec le monde, notamment certains alliés fiables et de longue date.

    Compte tenu de sa promesse de campagne selon laquelle les États-Unis cesseraient de se lancer dans des aventures en politique étrangère, la situation paraît absurde. Mais après tout, le président américain n'est-il pas justement en train de remplir ses promesses?

    Ces derniers jours, les agences de presse enchaînent les nouvelles retentissantes.

    Premièrement, une nouvelle ligne de conflit s'est dessinée entre les USA et la Chine.

    Le président américain Donald Trump a tenu sa promesse faite en fin de semaine dernière et a ordonné d'enquêter sur le vol de propriété intellectuelle américaine par la Chine. Le dirigeant américain a également souligné que Washington était prêt à durcir les règles pour garantir un commerce honnête. «C'est un grand pas, mais ce n'est que le début», a déclaré le président.

    Pékin a immédiatement réagi avec une rhétorique relativement dure.

    Le ministère chinois du Commerce a officiellement déclaré que la Chine n'avait «pas l'intention de rester les bras croisés» et «prendrait les mesures nécessaires afin de garantir ses droits et intérêts légaux».

    Deuxièmement, le président iranien Hassan Rohani a annoncé que Téhéran pourrait quitter l'accord sur son programme nucléaire en quelques heures si Washington continuait de renforcer les sanctions. Après les mesures décrétées récemment, Téhéran a riposté en augmentant le budget alloué à son programme de missiles.

    Troisièmement, le vice-président américain Mike Pence a dit que «l'État déchu» du Venezuela menaçait la sécurité et la prospérité de tout l'hémisphère, ainsi que celle du peuple des USA. Sa déclaration a suivi les récents propos de Trump, qui disait n'écarter aucune mesure envers ce pays, y compris une opération militaire.

    Les déclarations des responsables américains ont été suivies par une réaction de Caracas: le président vénézuélien a annoncé des exercices militaires d'envergure dans le pays. «Si tu veux la paix, prépare la guerre», a déclaré Nicolas Maduro en soulignant que personne n'avait le droit de s'ingérer dans les affaires du Venezuela.

    Quatrièmement — même si ce thème devrait être en première place — la crise sur la péninsule coréenne continue de s'aggraver. La tension entre la Corée du Nord et les USA (et leurs alliés) est à son comble.

    Donald Trump s'est dit prêt à réagir à toute menace de la Corée du Nord visant Washington ou ses alliés, et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a ordonné au commandement militaire de se préparer à une frappe contre la base américaine située sur l'île de Guam dans l'océan Pacifique.

    Sur cette toile de fond, on pourrait se passer de mentionner les «broutilles» de la situation internationale des USA comme la confrontation avec la Russie et la détérioration significative des relations avec l'Europe (notamment à cause de la sortie des USA de l'accord de Paris sur le climat).

    Toutefois, mis ensemble, toutes les pièces du puzzle forment un tableau impressionnant.

    En un peu plus de six mois de présidence, Donald Trump a réussi à brouiller les USA avec presque tout le monde, y compris des alliés fiables et de longue date.

    Il est même amusant que le président, arrivé au pouvoir sous les slogans d'abandon des aventures militaires à l'étranger et de non-ingérence dans les affaires d'autres pays, se soit attiré la réputation d'un affairiste qui a poussé le monde au seuil d'une nouvelle guerre mondiale (peut-être nucléaire), et ce, sur plusieurs axes à la fois (Corée du Nord, Iran).

    Cette situation peut être analysée sous tous les angles, à commencer par le canonique «l'homme propose, Dieu dispose».

    D'un autre côté, Trump s'est présenté aux élections en promettant de réduire l'activité extérieure de l'Amérique pour se concentrer sur ses problèmes intérieurs.

    Curieusement, la politique menée actuellement correspond de facto à cette tâche, bien que ce soit de manière quelque peu paradoxale. C'est probablement la raison pour laquelle Trump ne se gêne pas de faire payer très instamment les partenaires et les satellites des États-Unis, à commencer par l'Arabie saoudite.

    La politique étrangère agressive, irresponsable et repoussant même les alliés de longue date de Washington sous la présidence de Trump détruit de manière accélérée la réputation des USA en tant que superpuissance. On ne peut qu'imaginer ce qu'il restera de la renommée américaine en politique étrangère à l'issue du mandat de Donald Trump.

    Dans ces conditions, le principal problème est que l'inertie de la confrontation, capable de se doter de sa propre volonté et de suivre sa propre logique d'évolution, pourrait échapper au contrôle de ses créateurs. Et dans la mesure où des puissances nucléaires sont impliquées dans ce jeu géopolitique, cette crainte est complètement justifiée.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    Hassan Rohani, Donald Trump, États-Unis, Chine
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