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    Pyongyang

    Londres prépare un plan en cas d'aggravation du conflit en péninsule de Corée

    © REUTERS/ KCNA
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    Traduction de la presse russe (octobre 2017) (52)
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    Les analystes de la Chambre des communes du parlement britannique étudient actuellement le scénario de déclenchement d'un conflit armé sur la péninsule coréenne.

    Dans un rapport, ils rappellent que le Royaume-Uni — en dépit de la déclaration signée à l'issue de la guerre de Corée — ne s'est pas engagé à prendre parti militairement pour Séoul, et soulignent que l'Otan n'est pas obligée de réagir à une éventuelle attaque de Pyongyang contre l'île américaine de Guam. Selon RT.

    Le document préparé par la Chambre des communes du parlement britannique étudie en détail le rôle de Londres dans le règlement de la crise coréenne et les engagements du Royaume-Uni envers ses partenaires, notamment les USA et la Corée du Sud.

    Pendant la guerre de Corée entre le Nord et le Sud (1950-1953), Londres était du côté des forces multinationales de l'Onu qui soutenaient Séoul. 16 autres États s'étaient engagés dans le camp du Sud dont les USA, le Canada, l'Australie, la France, les Pays-Bas et la Turquie. Le Nord s'était assuré le soutien de l'URSS et de la Chine.

    A l'issue de la guerre, les belligérants ont signé une déclaration conjointe sur la trêve coréenne (l'accord de paix n'a toujours pas été signé entre les deux Corées).

    En particulier, le document soulignait qu'en cas de «nouvelle attaque» contre la Corée du Sud, les 16 États formant les forces multinationales de l'Onu «devaient s'unir et être prêtes à la résistance» pour défendre Séoul.

    Mais le rapport des analystes de la chambre basse du parlement britannique introduit une nuance: le Royaume-Uni ne reconnaît pas son «obligation automatique» de s'engager dans une nouvelle guerre pour défendre la Corée du Sud.

    «La déclaration n'engage pas le Royaume-Uni à s'impliquer dans des activités militaires», indique le document.

    Néanmoins, les auteurs admettent que Londres — au sein des forces de l'Onu — pourrait être contraint d'engager des mesures de rétorsion en cas d'agression venant de la Corée du Nord.

    «En tant que pays signataire de ce document et qu'État guide subordonné au commandement de l'Onu (en Corée du Sud), il est probable que le Royaume-Uni participe avec d'autres pays à des actions de rétorsion en cas de reprise des activités militaires sur la péninsule», stipule le rapport.

    Le document ne contient aucune précision quant à la nature de ces mesures de rétorsion.

    Sous le commandement des USA

    Londres étudie sérieusement le scénario militaire qui pourrait se dérouler sur la péninsule coréenne. Sachant que, selon les analystes de la Chambre des communes, si un conflit armé éclatait dans la région ce seraient les USA qui joueraient un rôle décisif. En outre, indiquent les experts britanniques, les forces armées sud-coréennes «passeraient sous le commandement des USA».

    «Conformément aux accords en vigueur, en cas de déclenchement d'activités militaires sur la péninsule coréenne, les forces armées sud-coréennes passeraient sous le commandement des USA. Ce mécanisme a été mis en place étant donné que pendant la guerre de Corée de 1950-1953, les forces multinationales de l'Onu agissaient sous le commandement des USA», précise le document.

    Le rapport rappelle que l'effectif total des troupes unifiées de Washington et de Séoul dépasse 600.000 hommes.

    En 1953, Washington et Séoul ont signé un accord de défense mutuelle conformément auquel les USA garantissent de protéger la Corée du Sud en cas d'attaque armée.

    La situation s'est aggravée sur la péninsule ces derniers mois à cause des essais balistiques et nucléaires de la Corée du Nord. De son côté, Séoul organise régulièrement des exercices militaires conjoints avec ses partenaires américains. Ainsi, fin août, des chasseurs et des bombardiers américains et sud-coréens ont organisé des manœuvres après un nouveau lancement de missiles en Corée du Nord.

    Des bombardiers stratégiques américains B-1B de la base de Guam ont participé à ces exercices, ainsi que des chasseurs F-35B basés au Japon et des chasseurs sud-coréens F-15K.L'avion de transport militaire KC-135 Stratotanker a également été mobilisé.

    L'Otan n'est pas concerné

    Les analystes britanniques ont également étudié la participation de l'Otan au conflit potentiel sur la péninsule coréenne. Ils ont répondu par la négative à la question de savoir si les pays membres de l'Alliance (dans le cadre de l'article 5 de l'accord de l'Otan prévoyant une réponse collective en cas d'attaque contre l'un des membres) devraient se dresser contre la Corée du Nord si cette dernière menaçait l'île de Guam où se situe une base militaire américaine: les termes de l'accord de l'Otan ne peuvent pas servir de prétexte à une ingérence de l'Alliance.

    La Corée du Nord a souligné à plusieurs reprises qu'elle était prête à attaquer l'île de Guam et qu'elle le ferait si les USA «ne se comportaient pas raisonnablement» selon le chargé d'affaires par intérim de la Corée du Nord Jin Jong Hyop.

    «Vous savez, nous avons terminé les préparatifs d'une frappe contre Guam. Tout dépendra de savoir si les USA adopteront un comportement raisonnable. Sinon, ils connaîtront une nouvelle fois la honte sur la péninsule coréenne, devant le monde entier», a-t-il déclaré.

    Personne ne veut être impliqué

    Le politologue Anton Khachtchenko affirme qu'aucun État, Royaume-Uni y compris, ne souhaite participer à une nouvelle guerre sanguinaire.

    «Tout le monde sait parfaitement qu'une guerre de ce genre serait meurtrière. Il y aura de nombreuses victimes des deux côtés. Personne ne veut être impliqué dans ce genre de conflit», indique l'expert.

    Et d'ajouter qu'actuellement les menaces sont proférées précisément par les USA à l'égard de la Corée du Nord.

    «Le principal conflit se déroule pour l'instant dans la sphère publique entre les USA et la Corée du Nord. Par conséquent, tout le monde comprend que dans une certaine mesure, c'est à Washington qu'incombe un rôle déterminant dans l'évolution de la situation», explique Anton Khachtchenko.

    Le président américain Donald Trump a déclaré début octobre que contrairement à ses prédécesseurs il ne tolérerait pas de défaite dans les relations avec le dirigeant nord-coréen.

    «Adopter une bonne attitude envers Rocket Man ne fonctionne pas depuis 25 ans, alors pourquoi cela marcherait aujourd'hui? Clinton a échoué, Bush a échoué et Obama a échoué. J'y arriverai», a écrit Donald Trump sur Twitter.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (octobre 2017) (52)

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    Tags:
    conflit, Péninsule de Corée, Royaume-Uni, Pyongyang
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