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Les composants du Spoutnik V ne pouvant se multiplier dans l’organisme, le vaccin ne peut ni modifier l’ADN ni affecter le génome, assure auprès de Sputnik le directeur du Centre Gamaleïa, concepteur du vaccin.

Alors que de nombreux internautes contribuent à la prolifération de théories du complot et colportent des rumeurs sur une influence de certains vaccins sur l’ADN, leurs concepteurs démentent.

Le directeur du Centre Gamaleïa, concepteur du Spoutnik V, nie dans une interview à Sputnik la capacité du vaccin russe anti-Covid à agir sur l’ADN.

«Il ne [le] peut pas, la réponse est sans ambiguïté. Le génome humain ne peut être influencé que par ce qui peut s’intégrer à l’ADN ou modifier sa structure», avance Alexandre Guinzbourg.

«La structure de l’acide désoxyribonucléique est bien connue. On sait comment il est possible d’agir sur l’ADN. Si le médicament n’est pas censé se multiplier dans l’organisme, il ne peut aucunement s'intégrer à l'ADN ou l'affecter. C’est la raison pour laquelle le Spoutnik V ne peut influer ni sur l’ADN, ni sur le génome, ni sur toute autre chose associée au changement de notre matériel génétique», explique-t-il.

L’influence des autres vaccins sur l’ADN

Auparavant, la société pharmaceutique Pfizer avait réfuté sur son site la possibilité de son vaccin anti-Covid à ARN messager de s’intégrer à l’ADN.

En effet, il s’agit d’une copie temporaire d’un fragment d’ADN de la protéine Spike du SARS-Cov-2. Après l’injection, l’ARN messager est synthétisé dans l’organisme, déclenchant une réponse immunitaire et la production d’anticorps au coronavirus.

Le fonctionnement des vaccins basés sur l’ARN messager (Pfizer et Moderna) a également été présenté par les Centers for Disease Control and Prevention Disease. L’agence sanitaire a pointé l’impossibilité pour ces médicaments d’interagir avec l’ADN.

Outre le Spoutnik V, les autres vaccins à vecteur viral, comme ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson, sont également incapables de s’intégrer à l’ADN. Ils utilisent une version modifiée d'un virus différent, soit le vecteur, pour véhiculer une partie précise de l’ADN du SARS-CoV-2 aux cellules humaines.

Elles convertissent l’ADN du virus en ARN et traduisent ce message ARN en protéine. Puis la cellule émet la protéine S pour attirer les cellules immunitaires qui pourront la reconnaître. Celles-ci mémorisent cette protéine et déclenchent une réponse immunitaire contre le virus.

L’avis de Bill Gates

Fin janvier, Bill Gates, dont la fondation a investi il y a plusieurs années dans la technique de l’ARN messager utilisée par les vaccins de Pfizer et de Moderna, s’est exprimé sur Franceinfo sur ces idées conspirationnistes et les «fake news».

Il réfute toute implantation de puces dans les vaccins, assurant que sa fondation n’a d’autre but que de sauver des vies. Il rappelle que «les vaccins ont, de manière générale, sauvé des centaines de millions de vies», et qu’ils sont le moyen par lequel «l’épidémie sera vaincue».

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Tags:
génome, Centre d’épidémiologie et de microbiologie russe Gamaleïa, vaccin, ADN, Spoutnik V
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