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Des astronomes britanniques affirment que les traces de civilisations extraterrestres seraient visibles pour les télescopes terrestres et orbitaux les plus puissants, ce qui permettrait au projet SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence ou Recherche d'une intelligence extraterrestre) de chercher leurs traces à court terme.

Les traces de civilisations extraterrestres qui auraient été détruites par une guerre thermonucléaire, la pollution de l'atmosphère ou un soulèvement de nanorobots devraient être visibles dans l'atmosphère de leurs planètes pour les observateurs depuis la Terre, annoncent les chercheurs dans un article publié à la bibliothèque numérique de l'université Cornell.

Il y a plus d'un demi-siècle, l'astronome américain Frank Drake élaborait une formule pour calculer le nombre de civilisations avec lesquelles un contact serait possible dans la galaxie, pour tenter d'évaluer les chances de découvrir une vie et une intelligence extraterrestres.

Le physicien Enrico Fermi a établi à partir de la probabilité relativement élevée d'un contact interplanétaire selon la formule de Drake, la thèse connue aujourd'hui sous le nom de "paradoxe de Fermi": s'il y avait des civilisations extraterrestres, leurs représentants devraient déjà être chez nous. Où sont-ils donc?

Les chercheurs ont tenté d'utiliser divers moyens pour résoudre ce paradoxe, dont le plus populaire fut l'hypothèse d'une "Terre unique", selon laquelle la naissance de la vie et l'apparition d'êtres intelligents ont nécessité des conditions uniques — les péripéties d'évolution de notre planète. Un concours de millions de circonstances est peu probable, c'est pourquoi nous n'avons pas encore vu d'extraterrestres, estime son auteur Peter Ward.

Duncan Forgan de l'université de St Andrews (Écosse) et ses collègues proposent une explication alternative au paradoxe de Fermi — et si nos "confrères intelligents" avaient réussi à s'anéantir avant qu'on n'ait pu établir le contact avec eux? Dans ce cas, nous ne devons pas rechercher des signaux radios émanant de telles civilisations "mortes", mais des traces de leur existence à la surface des planètes où elles ont existé.

Les auteurs de l'article ont tenté d'évaluer la probabilité de pouvoir trouver et observer de tels mondes en calculant les conséquences de divers cataclysmes anthropiques sur l'exemple de la Terre et en évaluant leur "visibilité" pour des extraterrestres hypothétiques et la période pendant laquelle ils resteraient perceptibles pour eux.

Forgan et ses collègues ont étudié quatre scénarios — l'anéantissement total d'une civilisation après une guerre nucléaire, la "fuite" ou l'utilisation militaire d'un virus ou d'un microbe tuant les extraterrestres ou tous les êtres vivants, la catastrophe économique sur une planète ou une étoile et le soulèvement de nanorobots ayant dévoré leurs créateurs et la planète dans l'ensemble.

Les simulations ont révélé que certaines traces de cataclysmes — la "poussière nucléaire" dans l'atmosphère, l'ionisation des gaz dans l'atmosphère et leur luminosité bleu-vert, la concentration élevée de CO2 dans l'air après l'élimination de la vie par un virus militaire, les traces de fréon et d'autres polluants — seraient bien visibles pour les télescopes comme Kepler, James Webb et TESS.

Le scénario du "soulèvement des machines" est particulièrement intéressant — si les nanorobots avaient dévoré tous les hommes et les animaux, la surface de la planète des extraterrestres, recouverte du "sable" qui resterait, refléterait la lumière en augmentant considérablement la brillance de la planète quand elle passerait par le disque du Soleil. Un tel phénomène serait observé dans tous les diapasons de rayonnement et il serait facile à repérer avec des télescopes à infrarouge.

Les autres phénomènes, comme l'éclair d'une apocalypse nucléaire, la trace de soufre laissée par la décomposition de la biomasse après une attaque virale ou bactériologique ou encore la pollution des couches profondes de l'étoile par des déchets radioactifs seraient trop ternes ou éphémères pour pouvoir les observer depuis la Terre et comprendre leur origine.

Tout cela permet d'espérer que de telles traces d'existence ou de disparition de civilisations puissent être découvertes à terme dans le cadre du projet SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence ou Recherche d'une intelligence extraterrestre), lancé à l'initiative du russe Iouri Milner ou encore du célèbre astrophysicien Steven Hawking. 

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Tags:
civilisation, astronomie, télescope, extraterrestres, espace
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