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Des gènes anciens, obtenus sur des générations par l’Homme, ont été découverts par des scientifiques canadiens. Selon eux, ils sont capables d’aider l’organisme à lutter contre le cancer, fait savoir la revue Nature, où les conclusions d’une étude ont été publiées.

Des scientifiques canadiens ont découvert que certains fragments d'ADN préservés chez l’Homme et obtenus de ses ancêtres pouvaient activer une réponse immunitaire puissante, tuant les cellules cancéreuses comme une infection, indique une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature.

Daniel De Carvalho et ses collègues du Centre de cancérologie Princess-Margaret à Toronto ont identifié des éléments d'ADN anciens cachés dans notre génome qui peuvent déclencher une réponse immunitaire lors de la réactivation.

«Au cours des millions d'années d’évolution, les humains ont acquis un certain nombre d’éléments d'ADN répétitifs "silencieux", mais il n’était pas clair de savoir à quoi ils servaient. […] Nous avons décidé de déterminer la fonction de ces reliques d’ADN, et nous avons découvert que, dans certaines conditions, ils pouvaient être réactivés et stimulés par notre système immunitaire», indique le communiqué qui cite le chercheur.

Le travail est fondé sur la précédente découverte de Daniel De Carvalho d'un mimétisme viral, une technologie moléculaire qui oblige les cellules cancéreuses à agir comme si elles étaient infectées, activant ainsi le système immunitaire pour lutter contre le cancer comme une infection.

Mécanisme mis en lumière par des scientifiques

Dans une nouvelle étude, les scientifiques ont défini d'anciens éléments spécifiques répétitifs de l'ADN, ou petits éléments nucléaires intercalés (SINE), qui, selon les auteurs de l’étude, se trouvent silencieusement dans notre génome et ont montré qu'ils pouvaient être réactivés. Cela provoque des ARN à double chaîne, perçus par l'organisme comme un marqueur d'infection virale. Ce mécanisme a été utilisé par les scientifiques pour lancer une réponse immunitaire congénitale dans les cellules.

Toutefois, les cellules cancéreuses tentent d'échapper à la détection du système immunitaire. Les scientifiques ont découvert que les cellules cancéreuses se défendent, en produisant plus de ferment ADAR1, qui détruit des ARN à double chaîne et en empêchant ainsi l'activation du système immunitaire.

Les chercheurs ont démontré que, si cette enzyme est inhibée, les cellules cancéreuses devenaient plus sensibles aux médicaments qui agissent sur le principe du mimétisme viral.

«Cela ouvre un nouveau domaine de traitement du cancer qui nous permet d'utiliser des éléments d'ADN anciens pour lutter contre la maladie», indique Daniel De Carvalho.

Les auteurs espèrent que leur efficacité prouvée dans l'inhibition de l'enzyme ADAR1 permettra le développement de nouveaux médicaments épigénétiques qui induisent une réponse immunitaire contre les cellules cancéreuses, ce qui rendra l'immunothérapie anticancéreuse plus efficace.

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Tags:
ADN, génétique, science
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