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Takabuti, la momie égyptienne exposée depuis 1835 à l’Ulster museum, à Belfast, a été victime d'une mort violente à la suite d’une attaque à la hache, indiquent des scientifiques qui ont utilisé des technologies de pointe pour l’étudier une nouvelle fois et conclure qu’il ne s’agissait pas d’une plaie faite au couteau.

Un livre publié par des scientifiques de l’université Queen's de Belfast et de celle de Manchester explique que la célèbre momie Takabuti est celle d’une femme qui aurait été assassinée il y a plus de 2.600 ans. Ainsi, selon les dernières recherches de l'équipe, l'arme du crime la plus probable était une hache plutôt qu'un couteau, comme suggéré précédemment.

Cela permet de supposer que le tueur aurait pu être un soldat assyrien. Toutefois, la hache étant également utilisée dans l'armée égyptienne, il se peut que la femme ait été victime de l’un des siens.

«Parce que nous avons pu identifier la forme de la blessure et l'angle d'entrée de l'arme, nous pensons qu'il s’agissait probablement d’une hache. Il est cependant difficile de l’affirmer définitivement, car la morphologie de la plaie a été significativement déformée», a indiqué l’une des scientifiques sur le site de l’université de Manchester.

Toute une gamme de techniques ont été utilisées pour étudier la momie, notamment l'analyse ADN, les rayons X, la tomodensitométrie, les analyses de cheveux et de matériaux ayant servi à la momification, la protéomique et la datation au carbone.

«L'analyse scientifique de pointe que nous avons employée prouve que de nouvelles informations sont accessibles des milliers d'années après la mort d'une personne.»

Ainsi, il a été possible d’établir que Takabuti était décédée aux alentours de la trentaine et qu’aucun signe de maladie en cours n’était présent.

«Il est quelque peu réconfortant de savoir que la mort de Takabuti, bien que violente, a été rapide et qu'elle n'a probablement pas souffert longtemps. Mais les Égyptiens antiques ont souvent vécu jusqu'à la cinquantaine […] Nous avons tellement travaillé avec elle qu’il est difficile de ne pas se sentir proche d'elle en tant que personne», a témoigné l’experte.

Les chercheurs ont appris aussi que l’arme avait une lame à tranchant semi-circulaire de 7 à 7,5 cm de longueur, d’après les blessures infligées.

Le titre de Takabuti, écrit sur son cercueil, révèle qu'elle était une femme mariée qui avait sans doute un ménage important à Thèbes, aujourd'hui Louxor.

«Elle était probablement très aimée de sa famille, car son corps a été manipulé avec beaucoup de précautions après sa mort: ses cheveux étaient soigneusement coupés, coiffés et bouclés», constatent les scientifiques.

Depuis presque 200 ans

Une étude parue précédemment et consacrée à cette femme affirmait en janvier 2020 qu’elle avait été assassinée lors d’une violente attaque au couteau. Les scanners montrent qu'elle a été poignardée dans le haut du dos, près de l’épaule gauche, affirmaient les chercheurs. Ils avaient également constaté avec étonnement qu’elle arborait une coiffure, ce qui «a dû être une part très importante de son identité alors qu'elle rejetait le style typique du crâne rasé».

La momie de Takabuti avait été acquise à Thèbes et emmenée à Belfast en 1834.

Les scientifiques ont constaté «en parcourant les archives historiques» que la momie avait «fait sensation dans les médias en 1835: un poème lui avait été consacré, une peinture d’elle avait été faite avant son ˝démaillotement˝ et des récits de son détricotage étaient publiés dans les journaux à travers l'Irlande».

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Tags:
décès, étude, momie
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