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Alors que les technologies militaires et spatiales se développent, des scientifiques aujourd’hui se consacrent toujours à la défense de notre planète contre un éventuel impact avec un autre objet céleste. Malgré la variété de missions qui se développent, aucune solution n’est véritablement opérationnelle.

Des scientifiques du Centre national chinois des sciences spatiales ont mené des recherches sur la possibilité d'utiliser des fusées Longue Marche 5 pour changer la trajectoire des astéroïdes potentiellement dangereux, relate le quotidien chinois South China Morning Post.

L'une des hypothèses serait de lancer 23 fusées Longue Marche 5 de 992 tonnes chacune en même temps à partir de différents endroits de Chine. Chaque engin serait équipé d'un déflecteur, un dispositif conçu pour empêcher la destruction de l'astéroïde. Leur travail ne consisterait pas à détruire l'objet spatial représentant une menace, mais plutôt à l'éloigner de la Terre. Il faudrait près de trois ans aux fusées pour atteindre leur cible dans ce cas, selon une étude financée par le gouvernement, détaille le média.

En ce qui concerne l'ingénierie, cette hypothèse nécessiterait diverses modifications mineures des fusées, comme l'ajout de quelques petits moteurs. Le carburant, s'il n'est pas épuisé lors du lancement, permettrait une poussée supplémentaire pendant le vol vers l'astéroïde, tandis que le fuselage augmenterait la masse totale du déflecteur. Les scientifiques ont pris l’astroïde Bennu comme exemple pour peaufiner leurs calculs concernant ce scénario de défense planétaire.

Découvert en 1999, 101955 Bennu est un agrégat de matériaux qui ont peu changé depuis leur création dans la nébuleuse protoplanétaire, et présente ainsi un intérêt particulier pour les astronomes. Bennu a un diamètre d'environ 500 mètres et décrit une orbite de 1,2 année autour du Soleil. La sonde OSIRIS-REx s'est posée dessus en décembre 2018 pour étudier le rocher et obtenir des informations supplémentaires sur les origines de l'univers. Un échantillon sera rapporté sur Terre pour analyses en 2023.

Toutefois, la Chine n’est pas pionnière dans cette quête d’une protection pour les générations futures contre les objets célestes qui pourraient un jour heurter notre planète. Des scientifiques de plusieurs pays ont déjà réfléchi à ce problème dans le passé et certains ont même mis sur pied des missions pour poursuivre les études dans ce domaine.

NASA ESA combinent leurs efforts

Alors que la Chine n’annonce aucune date pour le moment concernant ce projet, la NASA et l’ESA (l’Agence spatiale européenne) avaient déjà évoqué une mission similaire dans le passé.

Leur idée consiste à toucher la lune d’un astéroïde qui pourrait présenter un danger pour notre planète et d’ainsi modifier par ricochet sa trajectoire.

Cette mission de la NASA baptisée DART (Double Asteroid Redirection Test) concerne l’astéroïde Didymos. Par la suite, c’est l’ESA qui devra observer les changements provoqués et où l’objet céleste se dirigera après que sa lune a été touchée. La mission qui examinera la méthode d'impact cinétique pour dévier un astéroïde circulant sur une trajectoire de collision avec la Terre a été baptisée HERA. Le début de la mission DART est prévu pour juillet 2021. Cet objet céleste se trouve à environ 11 millions de kilomètres de la Terre.

Selon les derniers calculs, il y a 1% de risque que cet astéroïde frappe la Terre dans les cent prochaines années.

La mission américaine HAMMER

En 2018, les scientifiques américains ont avancé un projet pour lutter contre les objets célestes qui pourraient potentiellement menacer notre planète, la mission HAMMER (pour Hypervelocity Asteroid Mitigation Mission for Emergency Response). La NASA et l’Administration nationale de sécurité nucléaire (NNSA) ont uni leurs efforts pour élaborer un engin spatial qui pourrait percuter un astéroïde et le faire dévier sa trajectoire.

Dès la détection d’un danger de ce type, un des engins de type HAMMER, de 8 tonnes chacun, devrait être envoyé heurter l’objet céleste menaçant.

Toutefois, les scientifiques de ce projet prévoient aussi un autre scénario au cas où il faudrait agir au plus vite. Ils suggèrent alors que l’engin HAMMER soit équipé d’un dispositif nucléaire pour dévier un grand objet.

«Afin de raccourcir le temps de réponse, nous mettons au point des outils permettant d'évaluer le profil des lancements d'engins spatiaux nécessaires et les charges utiles pour la mission. Nous présentons en outre une conception de véhicule capable soit de servir d'élément de frappe cinétique, soit, le cas échéant, de servir de système de transport d'un explosif nucléaire vers les objets géocroiseurs», détaillent les chercheurs dans un article publié dans le journal Acta Astronautica. Pour modéliser des expériences, les scientifiques ont aussi pris pour exemple l’astéroïde Bennu.

Elon Musk: «Nous avons besoin de fusées plus grandes et plus avancées»

Suite à une expérience ratée de la NASA qui simulait la nécessité d’arrêter un astéroïde dangereux pour la Terre, Elon Musk a commenté sur Twitter que c’était l’une des raisons pour lesquelles «nous avons besoin de fusées plus grandes et plus avancées».

Selon Business Insider, un groupe d'experts d'agences spatiales américaines et européennes a participé à un exercice d'une semaine au printemps 2021. Le scénario consistait en ce qu’un astéroïde, encore à 56 millions de kilomètres, pourrait frapper la Terre dans les six mois. Le portail relate que le groupe a déterminé qu'aucune des technologies existantes à l’heure actuelle ne pourrait empêcher cela.

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NASA, astéroïde, planète, espace, Univers, science
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