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Une récente étude parue dans le Lancet a fait état d’une tendance peu évoquée jusqu’ici: la fin de la croissance de la population mondiale. D’après les estimations des chercheurs, celle-ci devrait atteindre son pic en 2064, avec 9,7 milliards de personnes, avant de redescendre à 8,8 milliards d’ici 2100.

La population mondiale continuera à croître jusqu’en 2064, après quoi elle commencera à diminuer. C’est la conclusion tirée par des chercheurs de l’Université de Washington qui ont analysé la fécondité féminine dans 195 pays. Leur étude, publiée le 14 juillet, estime qu’il y aura environ 8,8 milliards de personnes sur notre planète en 2100, avec un pic à 9,7 milliards.

Ils ont employé de nouvelles méthodes de prévision de la mortalité, de la fécondité et des migrations pour obtenir leur propre modélisation. Les chercheurs estiment ainsi que d’ici la fin du siècle, 183 des 195 pays étudiés auront un taux de fécondité inférieur à 2,1 naissances par femme, soit un nombre insuffisant pour qu’une population augmente si celle-ci n’est pas compensée par l’immigration.

D’après l’étude, les causes principales de ce déclin sont l’arrivée de moyens de contraceptions modernes et l’éducation des filles et des femmes. Certains pays observent déjà cette tendance, et une vingtaine d’entre eux auront dans 80 ans moitié moins d’habitants qu’ils n’en ont aujourd’hui, notamment le Japon, l’Italie, l’Espagne, la Thaïlande et la Corée du Sud.

La plus grande baisse de la fécondité sera observée en Afrique subsaharienne, où elle est l’une des plus importantes au monde de nos jours. Le Niger, par exemple, où une femme donne naissance à sept enfants en moyenne, connaîtra un taux de fécondité de seulement 1,7 en 2100. La population dans cette région du monde aura toutefois triplé par rapport à aujourd’hui, passant de un à trois milliards.

La France devrait quant à elle déjà atteindre son pic de population en 2046 avec 70 millions d’habitants, contre près de 67 actuellement. Elle n’aurait plus que 60 millions d’habitants en 2100. Il ne devrait y avoir que 106 millions d’habitants en Russie à la fin du siècle, soit près de 40 millions de moins qu’aujourd’hui.

Des résultats qui contredisent les études précédentes

Comme l’a souligné Science Daily, cette étude contraste avec les précédentes projections de la «croissance mondiale continue» émises notamment par la division des Nations unies chargée de la population. Celles-ci prévoient au moins deux milliards de personnes en plus en 2100 par rapport aux estimations du Lancet.

Ces nouveaux résultats impliquent l’arrivée de défis majeurs qui pèseront sur la croissance économique, à savoir la diminution de la main-d’œuvre, l’impact du vieillissement de la population sur les systèmes de santé et d’aide social et des changements de proportions dans les structures d’âge, nécessitant des politiques d’immigration libérales dans les pays dont la population en âge de travailler diminue considérablement.

Selon le Dr Christopher Murray, qui a dirigé les recherches, «cette étude offre aux gouvernements de tous les pays l'occasion de commencer à repenser leurs politiques en matière de migration, de main-d'œuvre et de développement économique afin de relever les défis posés par l'évolution démographique».

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Tags:
déclin démographique, démographie, The Lancet, étude, croissance, population
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