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L’influence d’Internet et des réseaux sociaux sur le comportement des adolescents a été étudiée par des scientifiques de l’Université psychologique et pédagogique d’État de Moscou (MGPPU / MSUPE en anglais).

Selon les auteurs de l’étude, les données obtenues permettront de mettre en place un système de surveillance et de prévention des comportements à risques sur Internet. Les résultats ont été publiés dans l’International Journal of Cognitive Research in Science, Engineering and Education.

Selon les chercheurs de la MGPPU, le nombre de personnes utilisant Internet et les réseaux sociaux augmente régulièrement. En 2019, 57% de la population mondiale utilisaient Internet et 45% les réseaux sociaux. L’année dernière, les utilisateurs ont passé en moyenne 2 heures et 16 minutes par jour sur les réseaux sociaux. Lors de la pandémie, ce chiffre a explosé.

Les adolescents et les jeunes sont les utilisateurs les plus actifs d’Internet, ont noté les scientifiques de la MGPPU. Leur nouvelle étude est consacrée aux risques psychologiques qui peuvent être rencontrés sur les réseaux sociaux et à la mise au point de moyens de prévention et de correction des conséquences que ces risques peuvent entraîner.

«L’objectif principal de notre projet est de développer des programmes pour aider les enfants, les adolescents et les jeunes adultes sur la Toile. À l’étranger, il existe déjà des technologies qui sont utilisées pour aider les enfants sur Internet manifestant des tendances suicidaires, ceux qui ont été victimes de cyberharcèlement, de sexting, de grooming, ou se retrouvent dans une autre situation difficile. Ces programmes doivent être scientifiquement fondés et avoir une efficacité prouvée. Ils sont d’actualité et très demandés dans notre pays», explique Varvara Delibalt, maître de conférences de la faculté de psychologie juridique de la MGPPU.

Selon les chercheurs de la MGPPU, les normes de communication se sont considérablement transformées et simplifiées en raison de la pénétration des réseaux sociaux dans la vie quotidienne. Ceux qui communiquent ont une telle liberté qu’ils peuvent créer et changer leur identité à volonté, interrompre et arrêter complètement leur communication à tout moment. De nouvelles recherches montrent que les adolescents qui manifestent une agressivité ou un comportement suicidaire sur Internet éprouvent d’importantes difficultés dans leur vie réelle qui peuvent être cachées et difficiles à détecter par les spécialistes. Leur comportement sur Internet n’est qu’une conséquence de ce qui leur arrive dans la réalité, soulignent les scientifiques.

«Les conditions dans lesquelles se passe l’enfance évoluent rapidement. Internet et les réseaux sociaux, la numérisation et l’utilisation généralisée des gadgets nous offrent de nouvelles opportunités de développement, mais amènent en contrepartie de nouvelles menaces et des risques sociaux. Les enfants et les adolescents qui éprouvent des difficultés dans la vie réelle peuvent ne pas être en mesure de faire face aux divers problèmes sur la Toile par leurs moyens habituels. Cela ne veut pas dire que des mesures prohibitives sont nécessaires: Internet, les réseaux sociaux et les moyens techniques sont des outils qu’il faut savoir utiliser. Cela pose un défi aux chercheurs et aux spécialistes sur le terrain, celui d’identifier rapidement les risques et de fournir une assistance psychologique et psychosociale en temps opportun aux mineurs, à leurs familles et aux enseignants», explique Varvara Delibalt.

Les chercheurs de la MGPPU estiment qu’une utilisation inappropriée d’Internet peut, dans certains cas, conduire à un déficit d’efforts conscients et de maîtrise de sa volonté. Cela crée des difficultés pour initier et planifier ses propres activités, diminue le contrôle et conduit à l’infantilisation, sont convaincus les scientifiques de la MGPPU. Selon eux, des technologies d’assistance et des programmes de formation sont nécessaires pour aider les internautes à être plus critiques vis-à-vis des informations qu’ils consomment, à gérer leur temps, à reconnaître les informations toxiques et à anticiper les conséquences de leurs actions dans la réalité virtuelle.

Selon les spécialistes de la MGPPU, ces problèmes de communication virtuelle et bien d’autres encore sont d’actualité dans la Russie contemporaine. Pour les résoudre, il faut à la fois former des spécialistes et développer de nouvelles approches de soutien psychologique, y compris celles qui vont «amener» l’enfant dans la vraie vie, aider l’enfant et sa famille.

Les données obtenues aideront à évaluer le risque de comportement déviant chez les adolescents et à le prévenir, seront utiles pour conseiller les adolescents ayant des difficultés et pour aider des enfants et adolescents victimes de harcèlement en ligne, sont convaincus les chercheurs de la MGPPU.

L’étude a été effectuée dans le cadre du projet de recherche «Développement d’un modèle de profilage du comportement en ligne des mineurs sur les réseaux sociaux» sous la direction de Nikolaï Dvoriantchikov, directeur des études de la faculté de psychologie juridique de la MGPPU. Le projet a été réalisé par une équipe de spécialistes de la faculté de psychologie juridique, du Centre de recherche interdisciplinaire sur l’enfance contemporaine et de la faculté de technologies de l’information de la MGPPU.

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Tags:
Internet, Russie, psychologie, adolescents
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