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L’Italien Gilberto Malvestuto, membre de la Résistance dans son pays, a accordé à Sputnik une interview à la veille de l’anniversaire de la fin de la guerre de 1939-1945. Il appelle à chérir les valeurs de la liberté et explique pourquoi lui et ses compagnons d’armes se qualifiaient de «patriotes» et non de «partisans».

Les jeunes d’aujourd’hui doivent se considérer davantage comme des frères, a affirmé à l’occasion de la 76e commémoration du 8-Mai 1945 un membre de la Résistance italienne, Gilberto Malvestuto, qui a fêté son centième anniversaire en avril dernier.

«Je sens que j'ai accompli mon devoir envers le pays et les gens. J’ai eu dans la vie des joies et des douleurs mais aujourd’hui, je suis bien», a-t-il indiqué dans un entretien téléphonique avec Sputnik.

Le vétéran affirme s'être battu à la guerre pour la liberté que la société a la chance de vivre actuellement.

«Aujourd’hui, il y a plus de liberté, tant de la presse que de la pensée», a-t-il constaté.

Gilberto Malvestuto, qui réside actuellement dans un établissement de soins pour personnes âgées dans sa ville natale de Sulmona, est le dernier officier de la Brigade Maiella, la seule formation de la Résistance italienne décorée d'une médaille d'or de la valeur militaire. Il fut l'un des premiers officiers de la Brigade à entrer à Bologne après sa libération en avril 1945, plus précisément le 21 avril, jour de son anniversaire.

«Des soldats sur nos terres»

Gilberto Malvestuto a déclaré que ses compagnons d’armes au sein de la Brigade s’appelaient eux-mêmes «patriotes».

«Nous nous étions appelés patriotes, pas partisans, parce que les partisans se battent en territoire occupé par l'ennemi dans la Résistance, alors que nous, nous étions des volontaires, en fait des soldats sur nos terres», a-t-il expliqué.

Alors qu’il servait au sein de la Brigade Maiella, formée dans les Abruzzes, le vétéran a tenu un journal qui a servi plus tard à rédiger sa biographie.

«J’écrivais lors des moments de répit. Je me souviens qu’un jour, je me trouvais sur les rives du Senio, où nous avions une section de mitrailleuses. Il neigeait et j’ai aperçu de loin des personnes en camouflage blanc. C'étaient des Allemands qui avançaient dans ma direction. J'ai averti l'artillerie de l'unité polonaise et par ses tirs, elle les a chassés sur l'autre rive», a-t-il raconté.

Un autre épisode resté gravé dans sa mémoire est celui de faux enterrements organisés par les troupes allemandes pour détourner l'attention.

«Ils ont duré pendant deux ou trois soirées, c’était des processions avec des croix. Le lendemain, nous sommes devenus la cible de l'artillerie. C’est là que nous avons réalisé la tromperie. Quand ils ont décidé de répéter leur manège, j'ai donné l'ordre d'ouvrir le feu. Ils ont battu en retraite en abandonnant un chariot chargé d’obus. Il y a eu des morts et c'est à ce moment-là que j'ai réalisé ce qu'était la guerre», a-t-il poursuivi.

La famille

Malgré les conditions difficiles, le jeune Gilberto trouvait du temps pour écrire à sa fiancée qu'il avait rencontrée avant la guerre lors d'examens.

«Nous nous sommes mariés après la guerre. Je suis revenu travailler à la gare, elle est devenue institutrice de primaire. J'ai partagé avec elle le bonheur d'avoir trois enfants.»

Gilberto Malvestuto a déclaré qu'il ressentait en lui un lien avec la Russie et a appelé les jeunes à suivre les principes du respect mutuel, à se «considérer comme des frères».

Son petit-fils Marco a raconté pour sa part à Sputnik que son grand-père était pour lui un modèle de courage et un exemple de préservation des valeurs.

«Avoir la chance d'être le petit-fils d'un homme comme mon grand-père, c'est comme avoir à la maison un morceau d'histoire de chair et de sang», a confié Marco, qui est lui-même journaliste.

«Depuis mon enfance, il a été pour moi une source précieuse de connaissances, un exemple de courage et d'attachement aux valeurs de la liberté et de la famille, un modèle à suivre considérant ce qu'il a fait dans sa vie, longue et bien remplie. Gilberto est pour moi à la fois un vaillant combattant et un grand-père bien-aimé», a-t-il fait conclu.

«Sans mémoire, il n'y a pas d'avenir»

L'importance de la formation des nouvelles générations et le rôle des écoles dans celle-ci avait été déjà relevée par le vétéran dans l’interview qu’il avait accordée à l’occasion de ses 100 ans au média local Il Capoluogo.

«Sans mémoire, il n'y a pas d'avenir. La tâche revient aux écoles, aux enseignants: nous devons rendre conscients les enfants, les nouvelles générations qui montent, de l’histoire pour leur faire comprendre ce qui est bien et ce qui est mal. Le mal est une horrible bête», a-t-il insisté.

Il a déploré une période où «un certain manque d’intérêt avait pris le dessus».

«Les gens ne pensent plus aux valeurs, ils ont tendance à oublier. La mémoire s’écrit, il y a des encyclopédies, il y a nos témoignages. Les jeunes doivent connaître l'histoire et ne pas l'oublier.»

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Seconde Guerre mondiale, vétéran, Italie
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