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Jeûner ou ne pas jeûner le mois de ramadan? Telle est la question en Algérie en pleine épidémie du Covid-19

© AFP 2021 ABBAS MOMANIDeux femmes musulmanes. Image d'illustration
Deux femmes musulmanes. Image d'illustration - Sputnik France
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Le jeûne du mois de ramadan peut-il être néfaste pour la santé des gens en temps d’épidémie du coronavirus? Faut-il observer cette obligation? Ces deux questions nourrissent une vive polémique en Algérie qui ne cesse d’enfler.

À une dizaine de jour du début du mois de ramadan, le vendredi 24 avril, une polémique a éclaté en Algérie quant à la question de l’observance, ou non, du jeûne de ce mois sacré, et ce en raison de la situation sanitaire critique liée à la propagation de l’épidémie du coronavirus. Le détonateur? Un article publié par l’ex-ministre des PME puis du Commerce Nour-Eddine Boukrouh, intellectuel connu pour sa quête de rénovation de l’islam, qui suppose que «le vieux savoir religieux invariable en tout temps et tout lieu sera confronté à un sérieux embarras» si l’épidémie du Covid-19 venait à se compliquer et à durer dans le temps. Une publication qui a fait réagir le Haut conseil islamique (HCI) algérien mardi 14 avril.

L’avis religieux du HCI

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Selon le site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA), le Haut conseil islamique s’est exprimé sur cette polémique, rappelant que la commission des fatwas (avis jurisprudentiels) au sein du ministère des Affaires religieuses et des Waqfs est la seule institution habilitée à rendre un avis sur la question.

Par ailleurs, le conseil invite les docteurs en théologie à soumettre leurs avis à la commission des fatwas qui les examinera avant de se prononcer définitivement.

Enfin, le HCI appelle «à ne pas parasiter l’esprit des citoyens et à ne pas bouleverser leur quiétude en cette conjoncture où l’heure est à l’unité», rapporte TSA.

L’avis d’un théologien

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Dans une déclaration à TSA, l’islamologue et membre de la Ligue des oulémas (docteurs en théologie) du Sahel, Kamel Chekkat, affirme que «rien ne s’opposerait au jeûne dans cette séquence de coronavirus».

Et d’expliquer qu’«il y a au moins 13 publications [scientifiques, ndlr] sérieuses et officielles qui indiquent que le jeûne ne peut en aucun cas favoriser la maladie. […] Le jeûne réactive le système immunitaire».

Invité à s’exprimer sur la question, M. Chekkat affirme que «jusqu’à présent, il y a eu une première fatwa sortie d’Al Azhar [la plus grande université de théologie dans le monde musulman se trouvant au Caire, ndlr] et son équipe de scientifiques et tout indique que rien ne s’opposerait au jeûne dans cette séquence de coronavirus».

Une tempête dans un verre d’eau?

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Suite à la publication le 8 avril de son article «Coronavirus et les civilisations», M.Boukrouh affirme avoir reçu «un déluge de critiques, d’insultes et de menaces de mort provenant de mon pays et de l’étranger». Selon lui, suite à une déformation et une très mauvaise compréhension de ses propos, particulièrement par deux médias, il a été accusé de commettre «le sacrilège d’appeler à une suspension de l’obligation religieuse de jeûner à cause du Covid-19, une idée aussi farfelue que sans précédent dans l’histoire millénaire de l’islam».

En réalité, Nour-Eddine Boukrouh estime dans son texte que si aucun remède n’est trouvé au «Covid-19 d’ici le ramadan, […] le vieux savoir religieux invariable en tout temps et tout lieu sera confronté à un sérieux embarras: consentir à la suspension du jeûne cette année car un gosier sec favorise l’implantation du virus, ou la refuser et braver le risque d’une plus large contamination des musulmans et des non-musulmans qui vivent ensemble presque partout». «Qu’est-ce qui doit primer? La vie d’un nombre indéterminé d’êtres humains ou une prescription religieuse?», s’interroge-t-il?

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Par ailleurs, il rappelle que même Al Azhar, après consultation de ses spécialistes en médecine, avait affirmé qu’en ce moment «il n’y avait pas lieu de préconiser l’empêchement du jeûne». «Ce qui veut dire que si les choses venaient à empirer elle pourrait le faire car l’esprit coranique, l’esprit des lois comme dirait Montesquieu, l’y autorise», poursuit-il.

Pour conclure son texte, Nour-Eddine Boukrouh écrit: «Où a-t-on vu un appel de ma part, mufti malgré lui, à ne pas jeûner cette année? On ne le saura jamais».

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