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L’État libanais dénonce «un complot» contre Tripoli et fustige «la passivité» de l’armée

© AP Photo / Alex BrandonLebanese Prime Minister Saad Hariri speaks during a joint news conference with President Donald Trump in the Rose Garden of the White House, Tuesday, July 25, 2017, in Washington
Lebanese Prime Minister Saad Hariri speaks during a joint news conference with President Donald Trump in the Rose Garden of the White House, Tuesday, July 25, 2017, in Washington - Sputnik France
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«Ce qui s’est passé à Tripoli […] est un crime caractérisé et organisé dont la responsabilité est portée par tous ceux qui ont comploté pour frapper la stabilité de la ville», écrit sur Twitter Saad Hariri. Il dénonce le comportement de l’armée et met en garde contre des «complots».

Sur Twitter, le Premier ministre libanais Saad Hariri estime que les émeutes nocturnes qui ont eu lieu ces derniers jours à Tripoli (nord du pays) sont «un complot» qui vise à déstabiliser la ville. Il pointe «la passivité» de l’armée libanaise face aux actes de violence et de vandalisme contre des édifices publics.

Alors que le bilan du jeudi 28 janvier fait état d’un mort et de 220 blessés dans les heurts qui opposent les forces de l’ordre aux manifestants en colère face aux nouvelles mesures de confinement et leurs conditions de vie difficiles, M.Hariri affirme qu’il «est absolument inacceptable, quel que soit le prétexte — social, politique ou autre — de porter atteinte à la sécurité et la stabilité de la ville de Tripoli, quelle que soit l’identité ou l’affiliation politique de ceux qui sont à l’origine de ces événements».

«Pourquoi l’armée libanaise est-elle restée passive?»

Pour le Premier ministre libanais qui peine à former son gouvernement, et ce depuis le mois d’octobre 2019, le calendrier des émeutes qui se déroulent la nuit et le comportement des unités de l’armée libanaise soulèvent des questions sur ce qui se passe derrière ces événements tragiques.

«Pourquoi l’armée libanaise est-elle restée passive face à ceux qui ont commis des actes de violence et de vandalisme et mis le feu à la mairie, au sérail [le siège du gouvernorat du Nord, ndlr] et à d’autres infrastructures? Qui protégera Tripoli si l’armée n’assume pas son devoir de protection de la ville?», s’interroge-t-il.

Et d’ajouter: «Si un complot vise à introduire l’extrémisme dans la ville de Tripoli, qui lui ouvre les portes? Comment l’État peut-il permettre cela dans un de ces moments les pires et les plus dangereux de l’histoire du Liban?».

Qui veut «envoyer des messages politiques»?

Saad Hariri, qui avait auparavant déclaré que le plan proposé par Emmanuel Macron aux autorités et aux forces politiques libanaises était la seule feuille de route sérieuse et réaliste pour sortir le pays de sa crise politique, notamment concernant la formation d’un nouveau gouvernement, avait averti contre «le risque de guerre civile» qui guettait le Liban si le blocage politique venait à s’éterniser.

Ainsi, le responsable prévient que «ce qui s’est passé dans la ville de Tripoli […] est un crime caractérisé et organisé dont la responsabilité est portée par tous ceux qui ont comploté pour frapper la stabilité de la ville».

«Derrière les émeutes de Tripoli, il peut y avoir des parties qui veulent envoyer des messages politiques et d’autres qui tentent de profiter de la détresse sociale de certains habitants de la ville», conclut-il.

Outre le Covid-19 et la détresse sociale, le contexte géostratégique?

Après l’explosion qui a dévasté le 4 août 2020 le port de Beyrouth, le plus important du Liban, à travers lequel transitaient environ 80% des importations du pays, celui de Tripoli est devenu l’unique point de transit pour les marchandises libanaises, attirant des géants de la logistique portuaire, comme le français CMA GGM qui veut faire de ce terminal sa plus importante plateforme logistique en Méditerranée orientale.

Avant l’explosion, le port de Beyrouth et celui du Pirée, en Grèce, se trouvaient sur la Route de la soie, projet chinois, qui fait partie intégrante d’une stratégie commerciale qui vise le marché européen. Désormais, Pékin lorgne celui de Tripoli. Dans ce contexte, le Hezbollah, qui voit le partenariat Chine-Russie-Iran-Syrie se fortifier au fur et à mesure que les États-Unis se retirent du Moyen-Orient, a apporté son soutien à une politique économique tournée essentiellement vers cet axe, donc vers la Chine.

Quid du rôle de la Turquie et de l’Otan?

La ville de Tripoli est à majorité sunnite. En juillet 2019, alors ministre libanais de l’Intérieur, Mohammed Fahmi avait annoncé l’arrestation de deux Syriens et deux Turcs alors qu’ils «tentaient de faire entrer clandestinement depuis la Turquie quatre millions de dollars destinés, selon lui, à financer des “émeutes urbaines”», rapporte L’Orient-Le Jour.

Au vu des problèmes qui l’opposent à la Grèce, Chypre, Israël, au Liban, à la France et à l’Égypte en Méditerranée orientale, le port de Tripoli pourrait constituer une issue stratégique pour la Turquie dans cette région et donc à l’Otan, qui verrait bien l’installation d’une base navale à quelques dizaines de kilomètres de celle de la Russie dans la ville syrienne de Tartous.

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