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Les sociétés françaises en Algérie seraient les victimes collatérales de la crise Paris-Alger

© AP Photo / Anis BelghoulAlger
Alger - Sputnik France, 1920, 03.12.2021
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Le climat des affaires français pourrait subir de plein fouet les retombées de la crise politique qui envenime actuellement les relations entre la France et l’Algérie. Pourtant, une tendance se dessinait avant même la dernière aggravation.
Le nouveau coup de froid qui souffle sur les relations entre Paris et Alger pourrait se répercuter sur les affaires entre les deux pays, alors que quelque 400 entreprises françaises sont présentes sur le marché algérien. Ainsi, selon Slate, 500 fournisseurs français auraient été boycottés sur fond de "climat globalement défavorable aux investisseurs français".
Un économiste algérien avait déclaré dans ce contexte au média que les tensions bilatérales pourraient avoir un impact négatif "sur l'activité des entreprises françaises établies en Algérie ou celles qui ont des relations de partenariat avec des entreprises algériennes".
Pourtant, la plupart des sociétés françaises en Algérie se portent bien, constate le média, même si la situation actuelle laisse présager un plus grand durcissement contre les entreprises encore présentes.
Ainsi, seules deux importantes entreprises françaises –Suez et la RATP– n’ont pas pu renouveler leurs contrats et ce, avant la montée des tensions entre les deux pays. L'entreprise algérienne de gestion de l'eau Seal avait fait savoir dès la fin septembre qu’elle ne reconduirait pas son accord avec Suez, lequel expirait fin octobre. C’est également à ce moment-là que l'entreprise de gestion et de maintenance du métro d'Alger, alors dirigée par la RATP, a pris une décision similaire. De surcroît, l’Algérie avait modifié le cahier des charges relatif à l'importation de blé en vue d'élargir la liste des fournisseurs du pays en blé tendre. Ce marché était dominé par la France mais, depuis le début de l’année, les importations de blé français se sont réduites de 56% à 24%.
En outre, certaines sociétés connaissaient des difficultés avant même les dernières tensions. Ainsi, l’usine de Renault à Tiaret ne fonctionnait toujours pas à la suite de l’arrêt des importations de pièces de rechange et différents composants.
Toutefois, Slate a appris que le géant pétrolier Total, qui s’était vu mettre un veto par la compagnie algérienne Sonatrach, et l'entreprise agroalimentaire Danone ne semblaient pas perturbés par ces événements. Le média ajoute avoir tenté d'approcher d'autres sociétés mais aucune n'a voulu s'exprimer sur la question.

Coup de froid

Les relations entre la France et l’Algérie se sont détériorées notamment à la suite des déclarations d’Emmanuel Macron qui, début octobre, avait mis en cause l’existence de la nation algérienne avant la colonisation française.
Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait jugé "très graves" cette déclaration dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Par la suite, une source de l’Élysée avait affirmé à L’Opinion qu’Emmanuel Macron "regrett[ait] les propos qui ont été rapportés dans la presse".
L’Algérie avait même rappelé son ambassadeur à Paris et fermé son espace aérien aux avions militaires français.
Cependant, la tension était montée d’un cran bien avant, dès fin septembre. Paris avait alors annoncé qu’il délivrerait deux fois moins de visas aux ressortissants marocains et algériens, diminuant également le quota pour les Tunisiens. Une mesure de rétorsion contre ces trois pays qui, selon Paris, refusent de reprendre sur leur sol des personnes immigrées en France en situation irrégulière ou impliquées dans des processus de radicalisation et sous le coup de procédures d’expulsion pour cela. L’Algérie a réagi sur-le-champ, convoquant l'ambassadeur de France qui s'était fait notifier une "protestation formelle".

Échanges bilatéraux

D'après le ministère français de l’Économie, des finances et de la relance, les échanges commerciaux entre la France et l’Algérie se sont élevés à 6,9 milliards d’euros en 2020 selon les Douanes françaises. Dans le contexte du ralentissement économique provoqué par la crise sanitaire et de la mise en place de barrières tarifaires et non tarifaires, le chiffre a marqué une décélération avec -24%, dont -15% pour les exportations françaises, une tendance confirmée au 1er semestre 2021.
Les principales marchandises françaises vendues à l’Algérie étaient en 2020 des produits agricoles, pharmaceutiques ainsi que des véhicules et accessoires automobiles. Les importations se composaient essentiellement d’hydrocarbures (91% du total des biens importés en 2020).
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