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Visite de Le Drian à Alger: un petit tour et puis s’en va

© AP Photo / Eraldo PeresJean-Yves Le Drian, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères
Jean-Yves Le Drian, ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères - Sputnik France, 1920, 09.12.2021
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Le chef de la diplomatie française s’est rendu à Alger pour "une visite de travail et d’évaluation des relations bilatérales". Lors de ce déplacement, qui ressemble à une initiative d’apaisement, Le Drian s’est entretenu avec le Président Tebboune. Cette visite intervient une semaine avant celle du ministre russe des Affaires étrangères.
"Je ne serai pas celui qui fera le premier pas. Sinon, je perdrai tous les Algériens, il ne s'agit pas de moi, mais d'un problème national. Aucun Algérien n'accepterait mon contact avec ceux qui nous insultent". Le Président Tebboune avait averti son homologue français lors de l’interview accordée au magazine allemand Der Spiegel début octobre 2021. Ce premier vrai "premier pas" accepté par Alger a finalement eu lieu mercredi 8 décembre avec la visite de Jean-Yves Le Drian. Le chef de la diplomatie française est arrivé discrètement, sa venue n'ayant été annoncée dans des cercles restreints qu’aux premières lueurs du jour. Pour le ministère algérien des Affaires étrangères, Le Drian est en "visite de travail et d’évaluation des relations bilatérales". Côté français, aucune annonce sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ni même sur le compte Twitter du ministre, jusqu’en fin d’après-midi du mercredi. Par contre, ce premier pas a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Escalade

Durant cette courte visite, Jean-Yves Le Drian a été reçu par le Président Abdelmadjid Tebboune et s’est entretenu avec son homologue Ramtane Lamamra. Le ministre français a donc eu la lourde tâche de faire face aux plus hauts représentants du "système algérien" que le Président Emmanuel Macron avait critiqué, jeudi 30 septembre, lors d’un déjeuner au palais de l’Élysée avec 18 jeunes gens invités à débattre "de la question mémorielle liée à la guerre d’Algérie". Emmanuel Macron est allé jusqu’à s’interroger sur l’existence "d’une nation algérienne avant la colonisation française?". Une sortie organisée deux jours après les propos du porte-parole du gouvernement français annonçant une réduction drastique des visas aux ressortissants des trois pays du Maghreb, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. La réaction d’Alger a été cinglante: rappel de son ambassadeur et interdiction desurvol de son espace aérien aux avions militaires français. Une mesure qui a pénalisé les troupes françaises engagées au Sahel, notamment au Mali.
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Depuis, le Président Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères ont multiplié les appels à l’apaisement. Des tentatives balayées d’un revers de la main par le Président Tebboune. Interrogé par Sputnik, Ahmed Mizab, expert en stratégie et en sécurité, estime que Paris a été déstabilisé par la fermeté d’Alger.
"La visite intervient dans un contexte où les relations entre les deux pays ont connu des spasmes et une stagnation sans précédent. Cela a abouti à un ensemble d'étapes considérées comme critiques car la France n'était pas habituée à une telle fermeté de la part de l'Algérie, en plus des intérêts économiques menacés. Par conséquent, cette visite sera une tentative de restauration d’un contact mais pas des relations", précise Ahmed Mizab.

"Serrer des louches"

Une source diplomatique occidentale basée à Alger a confirmé le caractère "limité" de cette visite. "Le Drian est venu serrer des louches. Il est à Alger pour renouer le contact, sans plus. Il n’y a rien de particulier", indique notre interlocuteur qui a requis l’anonymat. Selon cette source, Paris aurait émis le souhait que cette visite soit programmée "très rapidement", soit dès le départ du Président de l’Autorité palestinienne qui a quitté Alger le 7 décembre. En fait, l’objectif pour le chef de la diplomatie française étant de passer avant Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères qui est attendu à Alger le 16 décembre.
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La France voit d’un mauvais œil l’engagement de la Russie en Afrique de l’Ouest et au Sahel, régions qu’elle considère être ses zones d’influence historiques. Mais Paris semble craindre plus que tout une alliance algéro-russe au Sahel, notamment au Mali.
"Aujourd'hui, la Russie est fermement présente dans la région. Surtout dans les zones d'influence française au Sahel. L'Algérie a des relations stratégiques avec la Russie, et la France ne peut pas changer le cours de ces relations stratégiques", note Ahmed Mizab.
Les prochaines semaines démontreront si l’Algérie est prête à tourner la page de la crise provoquée par la France avant la présidentielle d’avril 2022.
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