Amérique du Nord
URL courte
Par
245140
S'abonner

Joe Biden a informé dans un entretien à ABC News qu’il ne prendra aucune sanction contre Mohammed ben Salmane suite à son implication dans la mort de Jamal Khashoggi, car il est dirigeant d’un pays «allié». En revanche, il estime que Vladimir Poutine est «un tueur» et qu’il «va payer le prix». Deux poids deux mesures?

Dans une même interview donnée mercredi 17 mars à la chaîne ABC News, le Président des États-Unis a brillé par le grand écart effectué en répondant à deux questions concernant Vladimir Poutine et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS).

Le journaliste George Stephanopoulos le questionne sur l’assassinat du journaliste saoudien dissident Jamal Khashoggi, dont un rapport du renseignement national déclassifié fin février accable directement MBS de ce crime. Puis, il lui demande s’il pense que le Président russe est «un tueur» en référence, selon certains médias, à l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny en août.

Les réponses données par Joe Biden aux deux questions – sachant que dans le premier cas il y a eu un assassinat documenté par les renseignements américains, et dans le second aucun mort, malgré l’empoisonnement, et dont aucune preuve incriminant le Président Poutine n’a été établie – laissent entrevoir l’habituel deux poids deux mesures des dirigeants américains en politique étrangère.

Les USA ne punissent jamais un dirigeant «d’un pays allié»

«Je suis celui qui a publié le rapport [sur l’assassinat de Jamal Khashoggi, ndlr]» que l’administration Trump a refusé de rendre public, affirme le 46e Président américain, soulignant qu’il a «clairement fait savoir au roi Salmane d'Arabie saoudite que les choses allaient changer» dans les relations entre les deux pays.

Néanmoins, alors que le renseignement américain accable MBS, Joe Biden affirme, en réponse à la question de savoir ce qu’il envisageait de faire, que «nous avons tenu pour responsables tous les membres de cette organisation, mais pas le prince héritier, car nous ne nous sommes jamais adressé, à ma connaissance, quand nous avons une alliance avec un pays, à son chef de l’État par intérim pour le punir».

Par ailleurs, il ajoute qu’il «a dressé une liste d’exigences qui seront adressées aux Saoudiens», notamment celle «de mettre fin à la guerre et à la famine au Yémen».

Poutine est «un tueur» et il va «payer le prix»

Concernant le Président russe, le journaliste vedette d’ABC News lance à Biden: «Pensez-vous que c'est un tueur?», qui répond «Oui», ajoutant «vous verrez bientôt le prix qu'il va payer».

Il n'a cependant pas précisé s'il pensait à l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny en août, imputé par les États-Unis à la Russie. L'opposant a été incarcéré à son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, et Washington exige depuis sa libération.

Pour autant, le chef de la Maison-Blanche estime possible de «travailler» avec la Russie lorsqu’il s’agissait d’un «intérêt commun», rappelant qu’en janvier ils ont prolongé l’accord New Start.

Le département américain du Commerce a imposé ce mercredi 17 mars de nouvelles restrictions à la Russie dans le cadre de l’affaire Alexeï Navalny. Elles entreront en vigueur le 18 mars. Ainsi, les États-Unis restreindront les exportations et les réexportations vers la Russie d’équipements, de technologies et de logiciels liés à la sécurité nationale.

Joe Biden est l’un des premiers, au milieu des années 1990, à avoir demandé la levée de l'embargo sur les armes à destination des musulmans de Bosnie lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine. Il fut le coauteur en 1999, avec le républicain John McCain, d'une résolution du Congrès autorisant le Président Bill Clinton à bombarder le Kosovo. En octobre 2002, il a voté en faveur de la résolution autorisant George Bush à mener des opérations militaires à l'encontre de l'Irak qui a fait à ce jour des centaines de milliers de morts.

Lire aussi:

L'ancien ministre Éric Raoult est mort
Expulsion de diplomates, interdiction d'entrée: Moscou riposte aux sanctions US
Sans assimilation, le risque «d’une guerre de tous contre tous»? – vidéo
Tags:
Alexeï Navalny, affaire Khashoggi, Jamal Khashoggi, Mohammed ben Salmane Al-Saoud, Vladimir Poutine, Joe Biden
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook