Ecoutez Radio Sputnik
    Dans la Ghouta orientale

    Ce que cachent de possibles provocations en Syrie

    © Sputnik . Andrei Stenin
    Analyse
    URL courte
    Maria Tonkova
    121629

    Les États-Unis qui se sont déclarés prêts à frapper Damas, tireraient avantage d’une possible provocation en Syrie. Sputnik a recueilli l’avis de l’ancien ambassadeur russe en Syrie et d’un membre du Conseil public au ministère russe de la Défense sur ces dernières déclarations américaines.

    La responsabilité d'une possible provocation dans la Ghouta orientale incomberait aux États-Unis, a déclaré Igor Korotchenko, membre du Conseil public auprès du ministère de la Défense russe et rédacteur en chef de la revue «La défense nationale», lors d'une conférence consacrée aux sept ans de la crise syrienne. Selon lui, cette provocation qui serait effectuée par les radicaux servirait de prétexte pour des mesures américaines de riposte.

    «Les mesures américaines de riposte liées à cette provocation consisteront à tenter d'éliminer physiquement le Président syrien actuel Bachar el-Assad», a précisé M. Korotchenko.

    L'expert russe explique les motifs des États-Unis par leur volonté de saper les tentatives de règlement politique entrepris par la Russie et le gouvernement syrien. Il a également indiqué que le succès de l'opération militaire russe en Syrie a permis de prévenir «le déroulement négatif des évènements en Syrie».

    «Le succès que nous voyons en Syrie ne plaît pas à de nombreux acteurs… D'après les données dont dispose le ministère de la Défense [russe] une provocation d'envergure avec utilisation d'armes chimiques est en train d'être préparée dans la Ghouta orientale», a déclaré l'expert russe.

    Alexandre Zotov, ancien ambassadeur russe en Syrie, interrogé par Sputnik, estime que la Russie a beaucoup contribué au règlement politique dans ce pays arabe. En évoquant le Congrès du dialogue national syrien organisé fin janvier à Sotchi, dont la mission consistait à lancer des travaux d'élaboration d'une nouvelle Constitution syrienne, il a souligné que cette initiative russe a fait face à l'opposition de nombreux acteurs impliqués dans la crise syrienne.

    «C'était un évènement puissant. Mais il s'est déroulé dans des conditions très difficiles. Nombreux étaient ceux qui mettaient «les bûches sous les sabots»… De Mistura [envoyé spécial de l'Onu sur la crise syrienne, ndlr] n'était pas enthousiaste à propos de cette réunion. Mais c'était un congrès très intéressant», estime le diplomate russe.

    La représentante permanente des États-Unis Nikki Haley a déclaré lundi que les États-Unis étaient prêts à effectuer une frappe sur la Syrie, si l'Onu s'avère incapable d'obtenir l'arrêt des offensives dans la Ghouta orientale.

    L'état-major général russe a fait savoir mardi qu'il était au courant des préparatifs d'une provocation dans la Ghouta orientale par des radicaux qui peut être utilisée par les États-Unis comme casus belli, afin d'effectuer des frappes sur Damas. Le chef de l'état-major Valeri Guerassimov a déclaré qu'en cas de menace contre les militaires russes, les Forces armées russes prendraient «des mesures de riposte contre les missiles ainsi que contre les porteurs de ceux-ci».

    Lire aussi:

    La Russie prête à riposter en cas d’une éventuelle frappe US contre Damas
    Frapper avant d’attendre les conclusions de l’OIAC. Les USA et leurs alliés ont-ils peur?
    L’Occident et les prétendues attaques chimiques en Syrie
    Tags:
    crise syrienne, négociations, frappe de missile, provocation, ministère russe de la Défense, Bachar el-Assad, Valéri Guérassimov, Russie, Ghouta orientale, États-Unis
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik